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Un bateau au large de Beyrouth le 6 mai 2018 (image d'illustration)

SHAFAQNA – RT : La chaîne d’information israélienne Channel 10 a révélé le 22 novembre que l’armée israélienne avait reconnu, 36 ans après les faits, avoir «accidentellement» tué 25 personnes en juin 1982 pendant son invasion du Liban, en coulant un bateau civil qui transportait des réfugiés libanais et des travailleurs étrangers au large de la ville de Tripoli.

«Un sous-marin [israélien] a tiré sur un bateau transportant des réfugiés libanais. Il y avait une atmosphère de tir à tout prix», écrit Channel 10 sur son site web, qualifiant l’opération baptisée «Dreyfus» comme «l’un des secrets les mieux gardés» de la marine israélienne.

Comme le rappelle le site libanais L’Orient le jour, en juin 1982, Israël était déterminé à anéantir l’Organisation de libération de Palestine (OLP), dirigée à l’époque depuis le Liban par Yasser Arafat. L’Etat hébreu a envahi le pays du Cèdre lors de l’opération baptisée «Paix en Galilée». Dans le cadre de cette invasion, la marine israélienne avait imposé un blocus naval au Liban, rappelle Channel 10.

Le sous-marin israélien, responsable de la destruction du navire libanais, faisait partie de cette opération qui avait pour but officiel d’empêcher la marine syrienne d’intervenir dans le conflit au Liban, explique par ailleurs le Times of Israel sur son site web.

Le commandant du sous-marin, «major A.», aurait ordonné à son équipage de suivre le navire civil en pensant à tort qu’il transportait des «terroristes», comme il qualifiait les combattants de l’OLP. «Touché par deux torpilles, le bateau a explosé et a commencé à couler.

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L’enquête de l’armée israélienne avait conclu à l’absence d’«inconduite»

Il a été interdit à l’équipage du sous-marin de sauver les passagers et 25 personnes ont été tuées», relate Channel 10, rapporté par l’Orient le jour.

C’est seulement dix ans après cette attaque qu’une enquête militaire israélienne est menée. Interrogé par les enquêteurs militaires, le major A. avait indiqué avoir agi conformément aux règles de tirs à vue, affirmant avoir vu à bord du navire une quarantaine d’hommes, tous vêtus du même uniforme.

Il ne s’agit pas d’un crime de guerre et il n’y a pas eu d’inconduite

Mais c’était sans compter sur le témoignage de l’adjoint du commandant du sous-marin, «le capitaine B.», qui a contredit les déclarations de son supérieur. «L’atmosphère dans le sous-marin était empreinte d’une forte volonté d’attaquer et de tirer à tout prix. Je pensais qu’il était interdit de tirer car l’identité n’était pas certaine», a raconté l’adjoint, selon Channel 10.

Le capitaine du bateau civil libanais, qui tentait de gagner Chypre, ainsi que 24 autres personnes, dont les identités n’ont pas été dévoilées par la chaîne israélienne, ont tous péri dans cette attaque.

Alors que la guerre faisait rage, ni les Libanais ni les Palestiniens n’ont su que l’embarcation en question avait été coulée par un sous-marin israélien, selon le Times of Israel. L’enquête de l’armée israélienne avait conclu : «Il ne s’agit pas d’un crime de guerre et il n’y a pas eu d’inconduite.» Il n’y aurait donc pas eu de place pour une action en justice, selon cette même enquête.

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