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Selon le franco-israélien Ofer Bronchtein l’élection d’un maire palestinien à Jérusalem n’a rien d’utopique. « C’est possible », dit-il.

SHAFAQNA – Le Parisien | par Philippe Martinat : Alors que les États-Unis déplaçaient officiellement leur ambassade à Jérusalem, des affrontements entre Palestiniens et forces de l’ordre israéliennes ont fait plusieurs dizaines de morts et des centaines de blessés, au niveau de la frontière israélo-palestinienne. Ancien collaborateur du Premier ministre israélien Yitzhak Rabin, assassiné en 1995, Ofer Bronchtein fut aussi un très proche du Palestinien Yasser Arafat.

Comment expliquez-vous ce qui s’est passé à Gaza ?

OFER BRONCHTEIN: On assiste hélas de manière cyclique à un regain de violence à Gaza. Mais cela a pris cette fois des proportions vraiment inadmissibles, d’autant plus que c’était évitable. En tant que militant pour la paix, je suis évidemment triste et affligé par ce qui vient de se passer. Il faut s’attaquer à la racine du problème : le blocus de Gaza est invivable pour la population gazaouie dont les habitants ont un revenu moyen de moins de 4 euros par jour et subissent quotidiennement des coupures d’eau et d’électricité.

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Que pensez-vous de la réaction des pays arabes ?

Il y a beaucoup d’hypocrisie : de nombreux pays arabes et musulmans font en douce du business avec Israël et utilisent la cause palestinienne pour faire diversion de leurs problèmes intérieurs. Certains États instrumentalisent aussi la Palestine pour pousser leur avantage sur la scène diplomatique internationale. Je n’hésite pas à dire que l’obstacle le plus grand pour les Palestiniens c’est l’attitude du monde musulman.

Peut-on néanmoins entrevoir une sortie de crise positive ?

Oui, toute crise porte en elle des opportunités. J’espère que les multiples acteurs de ce conflit vont les saisir pour que tout le monde revienne à la raison afin de trouver un accord politique et soulager la détresse des Gazaouis. Il faudrait plus de coopération entre Israël et l’Autorité palestinienne pour permettre à cette dernière de reprendre le contrôle de ce territoire.

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La France peut-elle encore jouer un rôle en faveur de la paix ?

À condition qu’elle sorte de son éternelle posture. J’ai suivi toutes les visites en Israël des présidents français depuis 1982. On dirait que leur discours est toujours le même copier-coller pour célébrer la paix et l’amitié franco-israélienne, insister sur le droit à la sécurité de l’État hébreux et rappeler celui des Palestiniens à avoir un État indépendant. Mais concrètement il ne se passe rien. Or la France, qui est un des plus grands contributeurs, aurait les moyens de parler plus fort et d’agir.

Maintenant que proposez-vous ?

J’aimerais qu’un Palestinien devienne maire de Jérusalem en octobre. C’est possible car les Palestiniens de Jérusalem ont un statut de résident qui leur permet de voter aux élections locales, mais pas nationales. Ils refusent pour l’instant d’exercer ce droit pour protester contre l’annexion de Jérusalem Est. Si on parvenait à les convaincre de voter, on pourrait avoir un maire arabe puisque 45 % de la population est palestinienne et que les partis israéliens sont très morcelés. Et il y a des personnalités palestiniennes très respectées pour lesquelles une partie de l’électorat juif pourrait voter. Ce serait un grand pas.

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