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SHAFAQNA – Ce qui suit fait partie du livre Analyse stylistique des Sermons de Fatima al Zahrâ’ (p), Compilé et traduit, annoté et édité par: Abbas Ahmad al-Bostani, sélectionné par SHAFAQNA.

Le sermon de Fatima al-Zahra (p) est un chef-d’œuvre littéraire porteur d’un message universel aussi bien pour les Musulmans de son époque que pour la umma tout au long de son futur. De même qu’il est inconcevable de parler du mérite du noble Coran sans évoquer son aspect littéraire, de même il est difficile de saisir la valeur du sermon de la fille du Prophète (P) sans jeter un regard scrutateur sur le rôle primordial de l’art littéraire qui le sous-tend.
Malheureusement, si d’innombrable auteurs et savants ont expliqué et commenté le contenu sémantique et conceptuel de ce sermon, rares sont ceux qui en ont abordé l’aspect littéraire, car pour pouvoir procéder à l’analyse et à l’étude de cet aspect il faut avoir une formation poussée dans ce domaine.
L’auteur du présent essai possède pleinement cette qualification en plus de sa haute compétence dans les différentes sciences islamiques, ce qui lui a permis de nous révéler des significations et des subtilités aussi bien rhétoriques et esthétiques que conceptuel les et sémantiques qu’on ne trouve pas ailleurs.
Le sermon de Fatima al – Zahrâ’ (p)ressemble à une structure architecturale montante, dont les parties sont organiquement liées et convergent en montant vers le thème principal.

Fatimah al-Zahra a exploité même ce préambule afin de rappeler à ses auditeurs–le pouvoir califalet leurs soutiens, composés d’Emigrants (1) et de Partisans (2)-l’immensité des bienfaits qu’Allah leur avait prodigués, pour mieux leur reprocher vers la fin de son discours leur manque de reconnaissance envers leur Bienfaiteur, en ne respectant pas la volonté et le testament de Son Prophète (P).

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Notons que le sermon de Fatima plane autour de deux sujets principaux, ou plus exactement un thème principal et un secondaire : l’usurpation de la propriété de Fadak, cadeau (3) et legs du Prophète (P) laissée en héritage à sa fille chérie, Fatima (p), et l’usurpation du droit exclusif des Ahl-ul-Bayt (p), à commencer par l’Imam Ali (p) au califat ou à la succession du Prophète (P). Le sermon s’adresse donc à ceux – le pouvoir califal et ses tenants-qui ont usurpé ces deux droits et ont privé ainsi Fatimah (p) et l’imam Ali (p) d’en jouir conformément à la Volonté d’Allah, exprimée par son Prophète (P).
Alors que pour un lecteur non averti, le sujet central du sermon est l’usurpation de Fadak, et celui de l’usurpation du califat est accessoire, l’auteur du présent essaie nous apprend que c’est le contraire qui est vrai, à savoir que le souci principal et la préoccupation centrale de la fille du Prophète (P) est la privation de l’Imam Ali (P) de son droit inaliénable à succéder immédiatement au Messager d’Allah (P) après sa disparition. Il nous explique, en effet, que si pour le pouvoir califal, priver les successeurs légitimes du Prophète (P),
de la propriété de Fadak, c’est priver un adversaire et un concurrent en puissance, d’une source financière et économique importante, donc d’une arme redoutable et redoutée, pour Fatima al- Zahra (p) et les Ahl-ul-Bayt(P), investis de la mission divine de poursuivre l’œuvre du Prophète (P) et de préserver l’intégrité du Message de l’Islam, les biens matériels et tous les attraits de ce monde ne valent pas un sou. Et comme beaucoup de textes scripturaires le soulignent, les Ahl-ul-Bayt (p) n’ont pas été créés pour ce bas-monde, mais c’est ce bas-monde qui a été créé pour eux et à cause d’eux.
La sainte Fatimah met donc en avant, l’usurpation de Fadak, sujet personnel, concret et affectif pour tout le monde, et facile à en démontrer l’injustice, par le recours massif au témoignage du noble Coran, et ce afin de l’utiliser comme tremplin vers sa préoccupation principale qui touche de très près le présent et l’avenir du Message de l’Islam, à savoir l’usurpation du califat ou la tentative de supprimer l’Imamat, prolongement naturel de la
Prophétie. Là encore, le passage de l’usurpation de Fadak à l’usurpation du califat s’inscrit dans l’art du recours à la progression dans la présentation du message de la noble Fatimah.
Il incarne la pureté sur tous ses plans, sous tous ses aspects, à tous ses niveaux et dans toutes ses sortes.
Un autre trait saillant du sermon de la fille chérie du Prophète (P) est la présence massive du noble Coran et l’art d’intégrer les concepts, les mots, les expressions, les termes et les citations coraniques dans son discours. A tel point qu’il serait mal comprendre ou saisir ce sermon que de ne pas remarquer cette présence imposante pour un esprit éveillé ou un oeil scrutateur. On pourrait même parler de l’art d’utilisation du Coran par Fatimah-al-Zahra dans son sermon. Cette utilisation prend plusieurs formes. Tout d’abord on peut dire qu’un mot coranique ou dérivé d’un terme coranique n’est presque jamais absent dans ses phrases. Et ce à tel point que les interprètes et commentateurs du sermon de Fatimah se réfèrent souvent au Coran pour trouver la signification possible ou exacte
d’un tel ou tel autre mot équivoque, d’un tel ou tel autre énoncé polysémique (4).
Notes :
1- Émigrants, Muhâjirîne
2- Partisans : Ançâr
3- Fâtimah al-Zahrâ’ (p) avait affirmé que Fadak était un cadeau que le Prophète (P) lui avait fait de son vivant, mais Abû Bakr ayant refusé le témoignage de l’Imam Ali et d’autres Compagnons avec lui à cet égard, la fille du Messager d’Allah (P), s’est abstenue dans ce sermon de soulever cet aspect de Fadak, se contentant de le réclamer en tant qu’héritage, ce droit étant une des évidences de la Religion.
4-A titre d’exemple, j’ai pris un passage de quatre lignes (30 mots) du sermon, expliqué par le savant al-Ançârî al-Tabrîzî, un des principaux interprètes de ce sermon, et j’a i noté que ce dernier s’est référé 40 fois au Coran pour expliquer les significations, les mots et les concepts que renferme ce passage. Cela nous donne une idée de la densité de la présence du Coran dans ce sermon.

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