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France, musulmans

SHAFAQNA- Iqna : L’affaire des foulards de Creil en 1989, où le débat sur le port du voile et plus largement la place des musulmans en France fut abordé, a sociologiquement acté l’existence de l’islam en France. Dans cette enquête de l’Ifop pour Le Point, on découvre que l’orthopraxie (le fait de se fixer des règles comportementales pour sa religion) s’est renforcée depuis la fin des années 1980. Ils sont aujourd’hui 38% à se rendre à la mosquée chaque vendredi comparaît à 16% en 1989. Le respect du jeûne pendant le ramadan est aussi en progression, passant de 60 % à 66 %. Concernant leur consommation quotidienne, 57% des musulmans achètent uniquement des confiseries halal, 47% mangent des plats cuisinés halal et 48% déclarent vérifier systématiquement la composition des produits pour être sûr qu’il n’y a pas de gélatine animale ou de porc. Quant aux boissons, on peut observer une chute des personnes de religion ou de culture musulmane déclarant boire de l’alcool : de 35 % en 1989 à seulement 21 % aujourd’hui.

L’enquête aborde ensuite le sujet de la laïcité en France. 41% des sondés estime que la pratique de l’islam doit être adaptée et aménagée pour se conformer à la laïcité à la française, contre 37 % qui estiment que c’est au contraire la laïcité française qui doit s’adapter. 19% ne se positionne pas sur le sujet. La loi de 2010 bannissant le port du voile dans les lieux publics, est fortement controversé. 59% des personnes interrogées estime que cette loi est une mauvaise chose contre 33% en 2011.
L’étude va même plus loin dans ses recherches en publiant que 82% des sondés pensent qu’on devrait avoir la possibilité de manger halal dans les cantines scolaires. De plus, 68 % estiment qu’une jeune fille devrait avoir la possibilité de porter le voile à l’école. L’idée s’accroit selon les professions : 55% des employés et ouvriers pensent qu’il faudrait affirmer son identité religieuse, contre 38% pour les professions intermédiaires et 26% pour les cadres.
Le résultat suivant se conforme avec celui de l’Institut Montaigne. 27% des sondés sont d’accord avec l’idée que la charia devrait s’imposer par rapport aux lois de la République. Parmi ceux qui sont français de naissance, 18% pense que la charia doit s’imposer. Contre 26% pour les français d’acquisition ou encore 46% pour les étrangers.

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Le port du voile s’est légèrement renforcé depuis une dizaine d’années. Presque 30% de femmes affirment porter le voile contre 24% en 2003. 19% d’entre elles le portent toujours. En revanche, 68 % des sondées disent ne jamais porter le voile.
Si l’on observe une sorte d’évolution de l’islam en France depuis l’affaire des foulards à Creil, c’est parce que cette religion s’est diversifiée. En 1989, l’islam de France était un islam majoritairement maghrébin. Aujourd’hui, la population musulmane est aussi issue d’Afrique subsaharienne (Sénégal, Mauritanie, Mali…). Par exemple, 55 % des femmes dont le père est né en Afrique subsaharienne portent le voile, contre 32 % des femmes dont le père est né en France et 31 % pour celles dont le père est né au Maghreb.  L’enquête apprend alors que 63% des femmes, dont le père est issu d’Afrique subsaharienne, fréquente les mosquées contre 32% pour ceux du Maghreb et 18% si le père est né en France.
Même si beaucoup de sondages ont affirmé que les personnes diplômées sont en général moins religieuses, c’est l’inverse dans la récente étude de l’Ifop : 41% des femmes ayant un bac +5 portent le voile contre 16% des femmes non diplômées. Cela s’explique par les variations d’âge des femmes diplômées : les générations les plus âgées ne disposaient que d’un faible bagage éducatif, à l’inverse des générations les plus jeunes ont été à l’école de la République et y ont obtenu des diplômes.

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