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SHAFAQNA – Le Muslim Post :« En 2010, en équipe de France, ils mangeaient tous halal. Ils avaient imposé le halal. Et c’est Laurent Blanc qui l’a interdit, puis Didier Deschamps. » Si Eric Zemmour est parfois défini comme un intellectuel, force est de constater que son statut relève parfois plus du pilier de comptoir que de l’intello. Le polémiste enchaîne les fausses informations à la vitesse de l’éclair. Joint par Libé, l’ancien attaché de presse de l’équipe de France explique que, à Knysna en 2010, « il y avait deux buffets, et aucune nourriture n’était imposée. » Visiblement, Eric Zemmour ne connaît pas vraiment son sujet, notamment lorsqu’il parle de « Benzema et Anelka en 2010 » en Afrique du Sud… alors que Benzema n’était pas présent à Knysna.

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La semaine qui vient de s’écouler a été l’occasion pour le polémiste d’enchaîner les « fake news », comme lorsqu’il a évoqué Maurice Audin, une affaire dans laquelle le président de la République a décidé d’ouvrir les archives. Le militant communiste avait « pris les armes contre la France » et « méritait douze balles dans la peau », a indiqué Eric Zemmour lors d’une interview par L’Opinion. Là encore, c’est faux indique l’AFP qui a interrogé des historiens qui sont unanimes : Maurice Audin n’a eu « aucun lien avec un quelconque attentat. »

Eric Zemmour ne semble pas à une contre-vérité près. Tout a d’ailleurs commencé il y a une semaine avec la fameuse polémique dans « Les Terriens du dimanche » avec Hapsatou Sy. Le journaliste y déclare qu’« un prénom français, c’est un prénom chrétien, cela vient d’une loi établie par Bonaparte » et abrogée en 1993. Si cette loi existe bien — elle date du 11 Germinal an XI —, elle ne parle en aucun cas de prénoms chrétiens mais bien de noms « en usage dans les différents calendriers, et ceux des personnages connus de l’histoire ancienne, (qui) pourront seuls être reçus, comme prénoms sur les registres de l’état civil destinés à constater la naissance des enfants. » Là encore, Eric Zemmour s’arrange avec les faits historiques pour faire passer son message.

A ceux qui mettent en avant la liberté d’expression pour justifier les invitations d’Eric Zemmour sur les plateaux de télévision, Hapsatou Sy a décidé de répondre en lançant une pétition déjà signée par près de 80 000 personnes. Suite aux insultes qu’elle a reçues de la part du polémiste, la chroniqueuse des « Terriens du dimanche » explique qu’elle « ne peut absolument pas tolérer que la libre expression d’une opinion soit une excuse pour se permettre de formuler impunément des messages de haine. »

Si la liberté d’expression est un droit sacré, le racisme est, lui, interdit par la loi. Eric Zemmour l’appris à ses dépens, notamment lorsqu’il a été condamné pour des propos qui « visaient les musulmans dans leur globalité et constituaient une exhortation implicite à la discrimination », comme l’expliquait la cour d’appel de Paris en mai dernier.

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Hapsatou Sy a demandé à Eric Zemmour des excuses, qu’il a refusé de formuler. « Ce que je demande à M. Zemmour, c’est de s’excuser. De s’excuser de m’avoir injuriée, de s’excuser d’avoir injurié mes parents, de s’excuser d’avoir injurié les enfants de la République », a-t-elle expliqué à la télévision, alors qu’elle estime qu’il exsite un « ras-le-bol de centaines de milliers de Français face à la banalisation des messages d’incitation à la haine que M. Zemmour est invité à exprimer sur tous les médias sans jamais être condamné. »

Condamné, Zemmour l’a pourtant été. Et à plusieurs reprises. Les médias ont une responsabilité lorsqu’ils continuent à l’inviter sur les plateaux de télévision en espérant que le polémiste dérape. Ne pas dénoncer ses invitations ou un éventuel départ d’Hapsatou Sy de l’émission de C8 serait encore plus grave. La chroniqueuse de Thierry Ardisson espère réunir rapidement 100 000 signatures à sa pétition.

Du halal à Maurice Audin, en passant par la loi de Bonaparte… Eric Zemmour a réussi à passer sur tous les plateaux de télévision sans être repris sur le fond des fausses informations qu’il a délivrées. Alors, lorsque le polémiste assure qu’« on vit à l’heure de la charia », nul besoin de « fact-checking » : Zemmour raconte, comme à son habitude, n’importe quoi. Mais du moment que le buzz est là…

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