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discours islamophobe, François Hollande
SHAFAQNA – Oumma : A l’heure où la France rend un dernier hommage à cette grande figure politique restée très populaire, qui sut dire « Non » à une guerre en Irak foncièrement injuste, orchestrée sur la foi d’un mensonge d’Etat éhonté, et aux compromissions avec le Front National, force est de constater que bien des digues se sont fissurées depuis la fin de l’ère Chirac.
Adoubé politiquement à Sarran, en 2011, par le « Corrézien de cœur » qui ne pardonna jamais à Sarkozy sa trahison, François Hollande s’est ému sur les ondes de France Inter d’une « banalisation du pire » dans les médias, sous les traits du maléfique Eric Zemmour.
Bien que récemment condamné par la cour de Cassation pour « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence envers une  personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée », le nostalgique fiévreux du parisianisme pourrait se voir offrir une nouvelle tribune pour déverser son fiel sur CNews.
Interrogé sur la “Convention de la droite” organisée par Marion Maréchal ce week-end, et notamment sur la diatribe anti-musulmans de Zemmour, l’ancien président de la République a dénoncé « l’outrance introduite dans le système médiatique ».
« Vous me parlez d’Éric Zemmour : il travaille dans des organes de presse, et pas n’importe lesquels ! Si l’on pense qu’il tient des propos qui dépassent toutes les limites et qui franchissent toutes les digues, il y a un moment où il faut prendre des responsabilités », a-t-il martelé, avant d’enfoncer le clou : « Pour des organes de presse, il faut se poser ces questions. Ce n’est pas n’importe quel propos qui ont été prononcés, des propos qui parfois même ont été condamnés, pas simplement moralement mais sur le plan judiciaire. »
Mais museler le sinistre polémiste des beaux quartiers ne reviendrait-il pas à bâillonner la liberté d’expression si chère au pays de Voltaire, ou plutôt la liberté de vouer aux gémonies l’islam et les musulmans ?  A cette question très prévisible, François Hollande a répondu avec un brin de nostalgie : « Il y a 20 ou 30 ans, il y avait des personnes qu’on n’invitait même pas à la radio ou à la télévision. Aujourd’hui, c’est elles qui sont les plus nombreuses à y venir ».
« Il y a même des émissions à la télévision qui sont organisées pour qu’il y ait ce type de polémiques. L’outrance a été introduite dans le système médiatique, pas dans le système politique. L’outrance, elle fait partie du jeu », a-t-il vivement déploré.
On sait qu’une grande page d’histoire se tourne avec le décès de Jacques Chirac. Et c’est avec inquiétude que l’on réalise qu’il ne reste rien, ou si peu, des digues précieuses qu’il s’était employé à dresser, tout au long de ses deux mandats successifs, dans une France plurielle.

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