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SHAFAQNA – TSA | par  : Une interview accordée à la chaîne télévisée française M6 par la représentante de l’Union nationale des étudiants de France (Unef), principal syndicat étudiant de France, a provoqué la polémique sur les réseaux sociaux, car celle-ci porte un voile islamique recouvrant son visage, rapportent plusieurs médias français ce lundi.

Maryam Pougetoux, présidente du syndicat étudiant de gauche Unef à l’université Paris-IV (la Sorbonne), s’est exprimée ce samedi au sujet du blocage des facultés françaises durant le journal “19:45” de M6. L’interview aurait pu passer inaperçue si une polémique n’avait pas émergé du fait que Mme Pougetoux porte le voile, relançant le débat sur la laïcité.

Céline Pina, fondatrice du mouvement laïque controversé « Viv(r)e la République » a condamné le soir même l’intervention publique de la représentante de l’Unef, représentant à ses yeux « l’infiltration et le noyautage du syndicalisme étudiant » en France par le mouvement les Frères musulmans.

« Si vous lisez ceux qui ont travaillé sur les frères musulmans, vous verrez que leur premier objectif est la jeunesse et que le pouvoir au sein des universités les intéresse car ce sont souvent des ventres mous où la lâcheté de la gouvernance est vue comme de la coolitude », a affirmé sur Facebook Mme Pina dans un message aimé et partagé plus de 1500 fois.

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Julien Dray, fondateur de SOS Racisme et de l’Unef, a également fait part de sa désapprobation. « En tant que membre fondateur de l’Unef… la direction du syndicat qui accepte cette jeune dame comme dirigeante souille tout notre combat mené dans les universités… bien des membres de l’Unef doivent être effarés… », a déclaré l’ex-député et actuel conseiller régional d’Ile-de-France.

Aux messages de ces personnalités publiques s’ajoutent des centaines de messages de haineux de la part d’anonymes sur les réseaux sociaux, mais aussi des messages dénonçant « le racisme » et « l’islamophobie ».

« Après Mennel, Yassine Belattar, Mohamed Saou ou moi, la chasse aux musulman.e.s (présumé.e.s) qui ont l’outrecuidance de se rendre visibles se poursuit. Le but : nous expulser de la sphère publique. Mais on est là, chez nous », s’est insurgée la militante antiraciste française Rokhaya Diallo. L’Unef-Sorbonne a également réagi à la polémique, condamnant fermement dans un communiqué les « appels à la haine sur les réseaux sociaux » de la part de « personnalités politiques et publiques » et « la déferlante de haine raciste, sexiste et islamophobe dont Myriam est victime ».

« Si Myriam se fait attaquer c’est parce qu’elle, une femme musulmane portant le voile, mais également étudiante avec des responsabilités syndicales », estime l’Unef, qui réaffirme « être la maison commune de l’ensemble de la jeunesse. Notre syndicat défend les principes de laïcité et de féminisme, et c’est au nom de ceux-ci que nous défendons le droit des étudiantes de faire leurs propres choix, dont porter le voile au sein du service public de l’enseignement supérieur », soutient l’Unef.

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