France: La plus grande mosquée d’Aquitaine inaugurée

by Pey Bahman Z
France, mosquée d’Aquitaine i

SHAFAQNA – Le bel ouvrage mauresque avec ses entrelacs de stuc, a été inauguré officiellement samedi. Un projet qui avait été repoussé par la crise sanitaire.

Cérémonie officielle d’inauguration samedi avec coupure de ruban en présence des membres de l’association des Musulmans de l’Agenais, le président Messaoud Settati en tête, de la sous-préfète, du maire d’Agen, d’élus, des maires du Passage et de Bon-Encontre et des représentants religieux des différents cultes.

Une visite d’adieu

Paul Chollet aurait bien aimé que cette mosquée, la plus grande d’Aquitaine, pour laquelle il s’est battu, soit inaugurée de son vivant, mais le Covid a contrarié ses plans. Jusqu’au bout, il a espéré et il était venu rendre visite à ses dirigeants et à ce lieu de culte quelques semaines avant sa mort. “Une visite magnifique, pleine d’émotion et de joie, fruit de son engagement humain, mais qui sonnait, sans le savoir, comme un adieu”, a regretté l’Imam Mohamed Nayma rendant un vibrant hommage à l’ancien maire “qui a tant œuvré pour que ce lieu de prière soit digne de notre communauté. Je salue la présence de son fils Pierre Chollet”. Le guide spirituel a voulu aussi témoigner sa gratitude aux fondateurs du lieu, aux hajj présents et aux bienfaiteurs qui, de par leur générosité, ont financé cette mosquée indépendante. “Un lieu de rassemblement contre la tentation de nous diviser. Nous les héritiers, nous ne céderons jamais aux obscurantistes”.

La mosquée a été construite en 1996 en lieu et place d’une friche industrielle, jadis un entrepôt d’engrais, et ouverte aux fidèles un an plus tard. “Cette mosquée a vu le jour sous feu l’ancien maire Paul Chollet qui nous a permis d’acquérir cet emplacement et a soutenu ce lieu de culte”, a souligné Ahmed Laajami, porte-parole de l’association, invoquant un lieu résolument ouvert sur la cité.

En 1982, un premier lieu de culte musulman avait été créé rue Saint-Fiary en face de la gare où se pressaient 200 croyants les vendredis, mais la capacité de ce local exigu était insuffisante pour les prêches du vendredi et le ramadan, si bien qu’une réflexion s’est imposée. En 1997, la mosquée était érigée rue du Jourdain fréquentée les premiers temps par 300 à 500 fidèles, puis accueillant entre 800 et 1 200 personnes à partir de 2009, pour atteindre aujourd’hui les 3 000 pratiquants hommes et femmes aux temps forts, et à la faveur de phases d’agrandissement.

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Travaux de conformité

La mosquée qui a une emprise de 4 000 m2 parkings compris, va connaître au printemps de nouveaux travaux de mise en conformité en multipliant les issues de secours et les évacuations en façade.

“Ce samedi restera une date cruciale. L’épilogue d’une longue marche de la communauté musulmane qui est passée de la quasi-clandestinité de la rue Saint-Fiary à la visibilité entière aujourd’hui. Une mosquée, une église ou une synagogue sont des corps vivants entre fêtes célébrées, œuvre de mémoire et de spiritualité. Elle sera toujours en travaux et vous continuerez de la faire évoluer”, a déclaré Jean Dionis du Séjour qui fut un témoin privilégié de son avènement sur le site actuel. Il a loué aussi les bonnes relations entretenues avec Mohamed Raïq, l’ancien président du culte musulman, le président actuel et rendu grâce aux femmes actives dans la communauté.

“Ce fut la dernière sortie publique du Dr Chollet ici. En son temps, cette décision fut difficile à prendre, mais avec son cœur de croyant chrétien, il souhaitait que le futur lieu soit décent, lui qui avait rencontré l’islam en tant que médecin militaire en Algérie“.

Le maire a insisté sur l’importance du dialogue interreligieux qui est très ancré entre les différentes communautés, en rempart contre le racisme et l’islamophobie.

Carrés musulmans

La question des inhumations dans des emplacements réservés aux personnes de confession musulmane, a également été soulevée par l’Imam en conclusion de son discours. Accueillir les fidèles lors des cinq prières quotidiennes et les jours de fête, est important, mais enterrer dignement ses morts l’est tout autant. D’autant que selon le rite musulman, l’inhumation doit avoir lieu rapidement. Dans les pays musulmans, les obsèques se déroulent dans les 24 heures qui suivent le décès de l’individu. Toutefois, en France, le délai d’inhumation est un peu plus long, mais sans excéder dans les faits plus de 48 heures.

Un problème de places disponibles est en train de faire jour sur Agen. Le premier carré musulman a été inauguré en 1973 au cimetière de Gaillard qui a réuni 73 sépultures, mais devant une communauté qui a été appelée à grandir, un deuxième carré musulman a été octroyé en 2006 par la ville d’Agen mais qui à son tour, arrive aussi à saturation puisqu’il rassemble 180 tombes. Des carrés ont également fleuri au Passage d’Agen et à Bon-Encontre, communes qui ont mis à disposition des terrains. “Une extension est aujourd’hui nécessaire”, a indiqué l’Imam de la mosquée manifestement à la recherche de solutions.

Source: Le Petit Bleu

www.shafaqna.com

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