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SHAFAQNA – via Imane Magazine : Nous parlons aujourd’hui de Fatima al-Fihriya, fondatrice de la mosquée al-Qarawiyyîn, à Fès au Maroc, qui deviendra par la suite une université considérée comme l’un des principaux centres spirituels et éducatifs du monde musulman. Cette institution figure aujourd’hui dans le Guiness Book des records, pour être la plus ancienne université du monde encore en activité. Plongeons dans l’histoire de sa fondatrice bienfaitrice du 9e siècle.

Fatima, ou Oum al-Banîn, est originaire de Kairouan en Tunisie. Elle émigra très jeune avec sa famille à Fès, au nord du Maroc, durant le règne d’Idris II. Son père était un riche commerçant dont elle hérita la fortune avec sa sœur Maryam. Elles s’engagèrent à dépenser l’ensemble de leur héritage au service de leur communauté, et ainsi honorer la mémoire de leur père défunt.

Ainsi, en 245 de l’Hégire (859 de notre ère), Maryam dirigea la construction d’une mosquée dans le quartier Al-Andalous, tandis que Fatima entreprit de rénover et d’agrandir une mosquée du quartier d’al-Qarawiyyîn[1]. Elle fit d’abord l’acquisition des terres voisines pour permettre l’extension de la mosquée qui sera la plus grande d’Afrique du nord.

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Fatima avait reçu une éducation religieuse, soucieuse des bonnes valeurs et de vertus exemplaires. Afin de s’assurer que chaque pierre de la mosquée ait une origine sûre et licite, elle acheta un terrain adjacent à celui de la mosquée et demanda aux ouvriers de n’utiliser que des matériaux issus de ce terrain. Ils creusèrent donc la terre afin d’en extraire des pierres, du sable, du plâtre etc.

Et pour entourer ce projet de toutes les bénédictions divines possibles, elle fit le vœu de jeûner tous les jours, jusqu’à la fin des travaux. Fatima avait fait don de son héritage à la communauté, mais elle avait également le souci que son œuvre soit acceptée par le Tout-Puissant. Elle mit donc toutes les chances de son côté. Lorsque la mosquée fut achevée, Fatima s’y prosterna par reconnaissance envers Son Seigneur pour lui avoir permis de mener ce projet à terme.

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Elle était certainement une femme clairvoyante  quant au choix de l’emplacement de la mosquée. En effet, Fès faisant partie des villes les plus influentes du monde musulman, cette ville a été reconnue pendant des siècles comme un pôle religieux et culturel. La mosquée Qarawiyyîn, qui deviendra la première université de l’histoire, produisit de grands penseurs tels qu’Abou Al-Abbas al-Zwawi, Abou Madhab al-Fâsi, un grand théoricien de l’école malékite, ainsi que Léon l’Africain, le célèbre voyageur et écrivain. Des sources historiques parlent également de sommités telles que le philosophe Ibn al-‘Arabi, l’historien Ibn al-Khaldoun, ou l’astronome andalous Alpetragius (Al-Bitruji) qui enseignèrent aux étudiants d’al-Qarawiyyîn.

L’université joua un rôle de premier plan dans les relations culturelles et universitaires entre le monde islamique et l’Europe. Un célèbre philosophe et théologien juif, Ibn Maimoun (Maimonide) étudia dans cette institution. Gerbert d’Aurillac, qui n’est autre que le pape Sylvestre II et celui qui aurait introduit le chiffre zéro en Europe, fut également un élève assidu.

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En effet, l’université ne dispensait pas seulement un savoir religieux mais également profane et scientifique, comme la grammaire, la médecine, les mathématiques, l’astronomie, la chimie, l’histoire, la géographie, et même la musique ! Peu à peu, un large éventail de matières furent introduites telles que les sciences naturelles, la physique, et les langues étrangères. Cette polyvalence en fit une institution de savoir à part entière, et attira ainsi des érudits et des étudiants du monde entier, et de toutes confessions. Une Sorbonne maghrébine…

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La générosité et l’intelligence de cette femme pieuse permirent l’émergence d’un joyau architectural et intellectuel de rayonnement international. Elle préféra dépenser ses biens pour Allah et Ses serviteurs plutôt que d’en jouir et s’offrir toutes les richesses de ce monde. Œuvrer dans ce bas-monde pour satisfaire Dieu et construire son au-delà, telle était la devise de Fatima, et telle devrait être la nôtre. Nous devons laisser une empreinte de notre passage sur Terre et profiter ainsi d’une aumône constante (sadaqa jâriya) même après notre mort. En effet, le Prophète salaLlahu ‘alayhi wa alih wa salam a dit : « Lorsque le fils d’Adam meurt, toutes ses œuvres s’arrêtent hormis trois : une aumône courante (perpétuelle), un savoir utile et un enfant pieux qui invoque Allah en sa faveur » [Rapporté par Muslim].

Si vous êtes de passage à Fès, n’hésitez pas à aller contempler cette merveille de la civilisation islamique, héritage d’une de nos sœurs… Et faites nous part de votre ressenti, avec des photos of course !

 

[1] Ou des Kairouanais (Qayrawâniyyîn), en référence à la forte présence d’émigrés tunisiens de Kairouan dans ce quartier.

 

 

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