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SHAFAQNA – Oumma : Dans le monde merveilleux de Trump, exaltant un nationalisme revanchard, prêtant allégeance au lobby pro-israélien et se trouvant enlisé dans un « shutdown » inextricable, lourd de conséquences pour plus de 800 000 fonctionnaires américains, c’est un restaurateur syrien, réfugié aux Etats-Unis et se prosternant devant Allah, qui fait poindre une éclaircie dans un horizon assombri par une politique ravageuse.

Une bien cruelle ironie du sort pour l’incendiaire de la Maison Blanche, dont le rêve de bâtir un mur de la honte à la frontière du Mexique a été anéanti par le veto opposé par les Démocrates, majoritaires à la Chambre des représentants, qui sont fermement opposés à son financement.

Englué dans une impasse peu reluisante, il y a fort à parier que Donald Trump ne décernera aucune médaille à Yassin Terou, le propriétaire au grand coeur de l’établissement « Yassin Falafel House » situé à Knoxville, dans le Tennessee, pour sa bonne action envers des employés du gouvernement abandonnés à leur triste sort, sans travail et sans salaire.

Ce Syrien jovial et pétri de gratitude qui, chaque jour que Dieu fait, remercie le Très-Haut de lui avoir permis de fuir les affres de la guerre, il y a sept ans de cela, pour « réaliser son rêve américain sur le sol américain », comme il le souligne avec une profonde émotion, est devenu une célébrité locale depuis que le Reader’s Digest lui a donné un formidable coup de projecteur.

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Séduit par le personnage, sa grandeur d’âme et l’atmosphère chaleureuse qui règne dans son restaurant, le comité de rédaction du célèbre magazine généraliste américain, l’un des plus vendus aux Etats-Unis, a unanimement désigné son établissement comme « l’endroit le plus agréable d’ Amérique ».

« Il était important pour moi de leur venir en aide, car ces gars sont nos frères et sœurs. Ils travaillent pour l’Etat et ils ne sont plus payés. Je ne pouvais pas rester sans agir », a-t-il déclaré, visiblement touché par l’extrême précarité de leur situation.

Une précarité qui n’émeut guère le locataire de la Maison Blanche, mais affecte considérablement l’heureux propriétaire de « l’endroit le plus agréable d’Amérique ». Un endroit où il fait indéniablement bon s’attabler, manger et converser, en abolissant les murs qui se dressent et éloignent les uns des autres, y compris celui qui n’est pas encore sorti de terre, à la frontière du Mexique…

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