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SHAFAQNA – Le Muslim Post : Ouvrir « une nouvelle page ». C’est ce qu’à annoncé le président turc au grand quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung, à propos de son séjour en Allemagne du 27 au 29 septembre. 

En effet, depuis plusieurs années, les relations entre Ankara et Berlin sont tendues.

En 2016, Erdogan a reproché à l’Allemagne son manque de soutien lors du putsch manqué. En 2017, celui-ci a également dénoncé les « pratiques nazies » du gouvernement allemand pour avoir refusé la tenue de meetings électoraux de ministres turcs, tout en autorisant une manifestation kurde. 

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Du côté de Berlin, Angela Merkel condamne les arrestations pour des « raisons politiques » de ressortissants allemands, dont des journalistes. Cinq d’entre eux seraient toujours emprisonnés. 

Récemment le joueur d’origine turque Mesut Özil a aussi envenimé les relations entre les deux pays en se retirant de la sélection allemande, accusant la Fédération de football de racisme.

« La déclaration de Mezut Özil: ‘allemand quand je gagne, turc quand je perds’ résume très bien la discrimination de joueurs en Allemagne », a souligné le président turc juste avant sa visite. 

Dans le journal FAZ, il parle même d’un « racisme institutionnel » qui serait selon lui à l’oeuvre en Europe et viserait en particulier les musulmans. Il a ainsi appelé l’Allemagne à engager une « confrontation » contre « l’islamophobie ».

Dans le cadre de cette visite, Recep Tayyip Erdogan sera reçu à deux reprises par Angela Merkel et par le président Frank-Walter Steinmeier. Les discussions devraient porter notamment sur la crise syrienne et la gestion des réfugiés dans les deux pays et devraient aussi être d’ordre économique. 

La Turquie rencontre en effet des difficultés depuis plusieurs mois. Sa monnaie (la livre) a connu en août 2018 une chute historique et perdu plus de 45 % de sa valeur depuis le début de l’année. Avec environ 7.500 entreprises allemandes présentes en Turquie, Berlin est donc un partenaire incontournable. 

De plus, Erdogan espère bien que l’Allemagne, où vivent environ 3 millions de personnes d’origine ou de nationalité turque, puisse aussi jouer un « rôle constructif » dans le processus d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne. 

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Mais la venue du chef d’Etat turc, n’est pas sans provoquer quelques crispations en Allemagne. « Après avoir traité les Allemands de « fascistes » pour avoir refusé la tenue de meetings électoraux turcs en 2017, il veut être « à nouveau notre ami » maintenant que plonge l’économie turque », ironise le quotidien populaire Bild.

Des opposants, en particulier kurdes, doivent défiler vendredi à Berlin. Les organisateurs attendent 10.000 personnes. Un autre rassemblement est prévu samedi 29 septembre à Cologne. 

Le même jour, Recep Tayyip Erdogan doit quant à lui inaugurer la mosquée de Cologne, « l’une des plus grandes mosquées d’Europe », édifiée par l’Union turco-islamique pour les affaires religieuses, selon l’agence turque Anadolu.

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