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La photo de Saber al-Ashkar, prise par Mahmoud Hams le 11 mai 2018, a valu au photographe de l’AFP le Prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre (AFP)

SHAFAQNA – Middle East Eye : Déjà récompensé en 2007 à Bayeux du prix photo et du prix du public, le photographe de l’AFP, Mahmoud Hams, 38 ans, se voit à nouveau attribuer le Prix Bayeux-Calvados photo pour « Clashes on Gaza’s border » (affrontements à la frontière avec Gaza), réalisé dans une zone « d’accès très difficile et très dangereux ».

Gaza fait partie de ces « lieux à couvrir sans endroit pour se protéger », a souligné Thomas Coex, chef de la couverture photo pour Israël et les territoires occupés palestiniens à l’AFP.

Au moins 205 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens depuis le 30 mars, la plupart lors de protestations le long de la frontière.

Traduction : « Je remercie beaucoup tous les frères, amis et collègues qui m’ont envoyé leurs félicitations à l’occasion de ce prix, et je souhaite la réussite à tous », écrit Mahmoud Hams

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La photo primée montre Saber al-Ashqar, 29 ans, lançant des pierres sur les soldats de l’armée israélienne le 11 mai 2018, lors des manifestations de la Grande marche du retour.

Amputé des deux jambes, ce jeune Gazaoui devient vite un symbole. Il a perdu ses jambes suite au bombardement par Israël d’un atelier de ferronnerie en 2009 dans le quartier d’Az-Zaytoun à Gaza.

Saber al-Ashqar, un symbole

Son image rappelle celle d’Ibrahim Abou Thoraya, amputé des deux jambes, lui aussi suite à un tir d’un hélicoptère israélien en avril 2008, qui a ciblé le camp gazaoui de Bureij. Abou Thoraya sera tué par un sniper de l’armée israélienne à l’est de la bande de Gaza le 15 décembre 2017, « jour de colère », lors des manifestations dénonçant la décision de Donald Trump d’instituer Jérusalem comme capitale d’Israël.

Sur son compte Facebook, Saber al-Ashqar a annoncé qu’il poursuivait sa lutte en manifestant contre l’occupation israélienne.

Traduction : « Que Dieu m’honore par le martyr pour la patrie. Vendredi prochain, attendez-nous avec des surprises à Malekah [à l’est de Gaza] »

Vendredi 12 octobre, sept Palestiniens ont été tués par des soldats israéliens lors de manifestations, a affirmé le ministère gazaoui de la Santé. Quatre des victimes ont perdu la vie à l’est du camp de réfugiés de Bureij, et trois autres à l’est de la ville de Gaza et près de Rafah (sud), selon le ministère. Les sept hommes étaient âgés de 17 à 29 ans.

« Cette sélection est un appel aux armes » journalistiques, à un moment « très sensible » pour la profession « en danger », y compris en Occident, a souligné Christiane Amanpour, journaliste vedette de CNN et présidente du jury du Prix Bayeux-Calvados.

La profession « en danger »

Lors des manifestations de la Grande marche du retour ce printemps, au moins deux journalistes palestiniens ont été tués par des tirs israéliens : Ahmed Abou Hussein et Yasser Murtaja. Plusieurs journalistes, photographes ou caméramans ont été aussi blessés. Notamment un collègue de l’AFP du lauréat du Prix Bayeux-Calvados, Mohamed Abed al-Baba, touché à la jambe par une balle alors qu’il se trouvait à environ 200 mètres de la frontière à l’est de Jabaliya (nord), revêtu d’un gilet « PRESSE ».

Témoignage brut du conflit et des tensions entre l’enclave palestinienne et Israël, les photographies du Gazaoui Mahmoud Hams n’oublient pas de restituer le quotidien de sa société.

Entre désespoir et énergie de survivre, ces clichés nous plongent dans une situation exceptionnelle, celle d’une grande prison à ciel ouvert où chacun tente de donner un sens à sa vie.

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Des Palestiniens handicapés participent à un championnat local de basketball en fauteuil roulant parrainé par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à Gaza, le 17 décembre 2015 (AFP)
Un prêtre palestinien porte une icône lors de la messe de Noël à l’église orthodoxe Saint-Porfirios de la ville de Gaza, le 7 janvier 2014 (AFP)
Chez le barbier, Gaza, le 7 avril 2013 (AFP)
Jour de rentrée scolaire à Gaza, le 2 septembre 2012. Cette année, les Gazaouis ont fait leur rentrée sans être sûrs de terminer l’année en raison des coupes dans l’aide américaine. Les États-Unis, historiquement le principal pays donateur de l’agence onusienne pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), ont drastiquement réduit leurs versements, tombés à 60 millions de dollars en 2018 alors qu’ils étaient de 350 millions en 2017 (AFP)

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