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SHAFAQNA- Ce qui suit fait partie du livre Philosophie de l’Islam, Compilé, écrit par Sayyid Muhammad Husayni Beheshti et Muhammad Jawad Bahonar, sélectionné par SHAFAQNA.

Les obligations du mari et de la femme

Après avoir expliqué le concept du mariage du point de vue islamique, ainsi que les rites le concernant, nous étudions maintenant les obligations qui sont imposées à chacun des deux époux. Ces obligations incluent des responsabilités financières et humaines.

La responsabilité financière

Nafaqah” (ou la pension) est une responsabilité légale dans le système familial islamique. Elle est généralement de deux sortes:

1. La pension dépendante de la condition pécuniaire d’une personne qui y a droit. Par exemple les enfants ont sur leur père (ou mère) un droit de pension, et les parents âgés et incapables de pourvoir à leurs dépenses ont un droit sur leurs enfants.

2. La pension non dépendante de la condition pécuniaire d’une personne y ayant droit, telle l’épouse qui a un droit de pension sur son mari. La pension inclut les dépenses nécessaires et conventionnelles. Dans le cas de la femme, le mari est tenu de lui fournir nourriture, vêtements, etc. ainsi que tout ce qui est nécessaire à son confort et à l’entretien de la maison conjugale. Bien sûr, la capacité financière du mari doit être prise en considération dans l’exécution de ces responsabilités.

La pension de la femme a les traits distinctifs suivants: la pension de la femme est techniquement une dette de première échéance et son règlement doit être fait prioritairement. Son droit à la pension a un aspect de droit à exiger, et il n’est pas comme la pension de la première catégorie mentionnée plus haut en faveur des enfants ou des parents âgés pour qu’il puisse avoir seulement un aspect de devoir qui, s’il n’est pas accompli pendant un certain temps, se périme.

La pension de la femme est obligatoire pour le mari même si elle est dans l’aisance, alors que dans le cas des enfants et des parents elle est conditionnée par leur pauvreté et leur incapacité financière à subvenir à leurs besoins personnels.

Au cas où un mari ne subvient pas aux besoins de vie de sa femme, malgré sa capacité financière à le faire, il est du devoir des autorités gouvernementales de lui ordonner de s’acquitter de son obligation, et de prononcer, si nécessaire un jugement de séparation.1

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L’entretien des enfants et la responsabilité de la garde

Avec la naissance d’un enfant dans une famille, de nouveaux devoirs et responsabilités incombent au père et à la mère. Etant donné que l’enfant appartient à tous les deux, chacun d’eux doit supporter une responsabilité proportionnelle à ses conditions naturelles, sentimentales et sociales.

Etant donné que les femmes sont dotées naturellement d’organes leur permettant de porter et d’allaiter les enfants, elles doivent supporter pendant environ trois ans les rigueurs de la grossesse, l’accouchement et l’entretien du nouveau-né. Durant la grossesse et l’allaitement, elles ont une responsabilité spéciale de veiller sur l’enfant. Il est évident que même après cette période, un enfant a besoin de soins constants pour un développement physique et moral correct. Dans la plupart des cas, il ne peut pas atteindre la croissance spirituelle et physique et le développement mental nécessaires que grâce aux soins attentifs de la mère. C’est l’amour profond et la tendre affection de la mère, ainsi que son sacrifice, qui répondent aux besoins de l’enfant et nourrissent ses facultés et ses talents naturels. Le giron de la mère est la première institution dans laquelle un enfant reçoit son éducation. Les quelques premières années de la vie de l’enfant constituent l’âge le plus sensible durant lequel les fondements de sa personnalité sont posés par les soins de la mère. Toutes les réalisations spirituelles, scientifiques, littéraires et sociales sont le plus souvent les fruits des premières graines semées par les mères dans l’esprit sensible des enfants. Si la mère doit supporter cette grande responsabilité de prendre soin et d’assurer la formation fondamentale de l’enfant, il n’est pas raisonnable d’attendre d’elle qu’elle entreprenne, en plus, une activité lucrative et un travail extérieur sur un pied d’égalité avec l’homme, et qu’elle lutte pour pourvoir aux besoins économiques de la famille. N’est-ce pas commettre une injustice envers elle que d’attendre d’elle une telle surcharge? Ou bien serait-il convenable de décharger de ses épaules les responsabilités d’élever les enfants pour lui demander de gagner ses moyens de subsistance même du vivant de son mari?

Ne vaudrait-il pas mieux qu’on lui fournisse d’une façon respectable ses moyens de subsistance et qu’on lui donne la possibilité de consacrer tout son temps aux soins parfaits de son enfant?

Cette équitable division du travail entre le mari et la femme, faite d’une façon proportionnée à leurs potentialités physiques et spirituelles, n’est-elle pas une méthode plus respectable de subvenir aux besoins de la famille?

En tout cas, il est aussi à rappeler que la question de l’entretien ne signifie pas, dans le contexte du système familial en Islam, que la femme est une parasite, ni que la nourriture, les vêtements, les produits de base et les autres moyens d’existence lui sont fournis à titre de compensation des services qu’elle rend à son mari. C’est tout simplement une question de division équitable du travail et des devoirs, fondée sur les efforts conjoints. C’est pourquoi, dans le cas où le mari n’a pas la capacité de gagner suffisamment ses moyens de subsistance, les sentiments familiaux et l’esprit de coopération veulent que la femme n’épargne aucun effort légal pour coopérer avec lui dans l’administration des affaires de leur vie commune. Beaucoup d’exemples d’une telle coopération sont courants dans la société islamique, notamment parmi les gens de bas salaire. De même il ne suffit pas pour le mari de fournir seulement les moyens de vie matériels à sa femme. En l’absence d’un esprit de bienveillance sympathique, d’un effort conjoint de coopération, la vie conjugale serait lourde et sèche.

On peut noter ici que la prise en charge par le mari des affaires familiales implique une grave responsabilité qui, à l’instar d’autres responsabilités similaires, exige une sorte de sacrifice.2 Par exemple, dans le cas de l’administration d’un pays, la fonction présidentielle ne signifie pas “pourvoir aux besoins personnels du président”; elle est faite pour assurer l’administration homogène des affaires nationales. Il est nécessaire d’obéir au président principalement parce qu’il fait attention aussi bien à ses responsabilités personnelles qu’aux devoirs et responsabilités de ses collaborateurs. C’est pourquoi, s’il dépassait les limites et qu’il veuille abuser de sa position, il n’aurait pas le droit d’attendre des autres qu’ils aient des égards pour lui. Dans le cas des affaires familiales aussi, on a accordé au mari certains droits, tels le droit de garde des enfants jusqu’à ce qu’ils atteignent la puberté, le droit d’accorder ou non son consentement au mariage de sa fille vierge, ainsi que d’autres droits relatifs à la direction des affaires domestiques. Mais on ne lui a confié toutes ces responsabilités que pour assurer le déroulement normal des affaires familiales et prévenir la dissolution de la structure de la famille. C’est pourquoi, si le mari enfreint ses limites sur n’importe quel point, ses pouvoirs seront réduits, et il n’aura plus l’influence qu’il doit avoir lorsqu’il assume son rôle correctement.

En tout cas, le principe selon lequel les choses nécessaires à la vie doivent être fournies par le mari est un facteur important qui contribue à assurer à la femme un certain confort et à la dispenser de gagner sa vie. Il lui donne l’occasion d’avoir sa part dans l’administration des affaires domestiques plus efficacement et avec plus de compréhension. Ce principe ne doit pas être interprété de façon à justifier que l’homme domine sans restrictions sa femme et ses enfants.

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Les responsabilités morales et humaines des époux

Outre ce genre d’engagements normaux, tels que la responsabilité financière des époux, et leurs efforts conjoints en vue de satisfaire d’une façon légale les besoins sexuels de l’un et de l’autre, il y a certains autres principes fondamentaux et importants qui affectent profondément la vie matrimoniale. En fait, leur succès dépend de leur observation. Ils confèrent un charme spécial et un caractère enchanteur aux relations conjugales qui, faute de quoi, revêtiraient une forme matérielle et sèche. Dans les enseignements islamiques, ils ont été résumés en deux maximes:

1. Confiance réciproque dont la manifestation pratique est la coopération entre le mari et la femme en vue de rendre leur vie commune facile et paisible.

2. S’abstenir de tout ce qui peut perturber cette confiance réciproque.

Selon la tradition islamique, la meilleure femme est celle qui est sincèrement affectueuse, et en termes islamiques, “wadoud“, c’est-à-dire celle qui coopère avec son mari à travers toutes les épreuves de la vie et qui l’aide dans toutes les affaires matérielles et spirituelles. Elle ne doit en aucun cas ajouter à ses ennuis.

  • 1. Si une personne ne nourrit ni n’habille sa femme, il est du devoir du chef de la Communauté musulmane d’annuler son mariage (Man Lâ Yahdhuruhu-l-Faqîh).
  • 2. Allusion au verset coranique: «Les hommes sont des directeurs pour les femmes». (4: 34)

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