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SHAFAQNA – Ce qui suit fait partie du livre Philosophie de l’Islam, Behechti & BâhonarÉdité et traduit par Abbas Ahmad al-Bostani, sélectionné par SHAFAQNA.

Pour faire une étude sur les sources de la création et la cause première du développement de l’univers, il est nécessaire de prendre soigneusement en considération les points suivants.

1. Le monde est une réalité

Le monde est une réalité qu’on peut sentir, observer et percevoir. Il n’est ni quelque chose d’imaginaire ni une vue de l’esprit de personne. C’est une réalité absolue et incontestable, indépendamment de ce que nous en pensons et indépendamment du fait que ses phénomènes soient connus ou non de l’homme et que leur existence réponde ou non à un usage quelconque.

Du point de vue de la connaissance expérimentale aussi, l’existence de l’univers est incontestable, car ses phénomènes sont soumis à l’investigation scientifique et à la recherche. Si sa réalité avait été douteuse, tous les efforts et les recherches scientifiques auraient été inutiles et vains.

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2. Le monde est bien organisé

L’homme a réalisé, par l’observation, l’expérimentation et le calcul, que le monde est bien organisé. Il y a des relations définies entre ses éléments et ses phénomènes, et il est gouverné par des lois rigoureuses. Normalement, l’objet de toute recherche scientifique est la découverte de ces mêmes lois et de leurs relations. L’existence de cette organisation scientifique est d’autant plus déterminée qu’aucun événement naturel n’est considéré comme fortuit et sans relation avec d’autres phénomènes.

Si on trouve que la cause d’un phénomène est inconnue, on procède à de nouvelles investigations pendant des années et ce jusqu’à ce qu’on découvre cette cause. D’autre part, si une loi est découverte, sa généralité et sa solidité sont considérées comme si sûres que sur sa base on établit de grands outillages industriels et on fabrique des milliers d’instruments et d’appareils.

Ainsi, le monde et toutes ses dimensions ont des relations systématiques à tous les niveaux, corrélations si précises et si complexes qu’elles sont à l’évidence bien calculées. Le progrès de la science a révélé l’existence de lois définies régissant les phénomènes naturels. «Le Soleil et la Lune se meuvent d’après un calcul. Les plantes et les arbres se soumettent à Son Commandement. IL a élevé le Ciel et IL a établi la balance». (Sourate al-Rahmân, 55: 5-7)

3. Le “devenir” et sa cause

Nous constatons un changement et un développement continuels dans tous les phénomènes naturels. Ce changement est plus évident et plus frappant chez les êtres vivants. Un arbre grandit. Il porte des fleurs qui s’ouvrent progressivement, puis elles se fanent. Les fleurs mûrissent lentement pour devenir fruits et graines.

Les cellules du germe humain se développent lentement et se transforment en un embryon. Celui-ci se développe continuellement et sans cesse jusqu’à ce qu’il soit libéré. Puis le nouveau-né continue à grandir jusqu’à ce qu’il vieillisse et devienne une personne âgée.

Le “devenir” peut être défini comme le fait de se continuer et exister graduellement. A chaque stade un être est différent de ce qu’il a été et de ce qu’il sera. Mais en tout cas, il y a un lien entre “ces êtres” (les différents stades d’un même être) qui constituent somme toute un seul “être se continuant”.

Mais il reste à savoir ce qui cause ce “devenir”. Quelle est la source de ce “faire”, “mélanger” et “trouver”? Pourquoi ce développement fondé sur un calcul précis et systématique se produit-il ?

4. La cause du développement et des changements systématiques

L’harmonie et la composition méthodique qu’on trouve dans des millions de phénomènes naturels exigent un facteur approprié. Pour son développement, une plante a besoin, selon certaines proportions, d’un mélange de sol, d’eau, d’énergie solaire et de composants de l’air, afin de pouvoir fleurir et s’épanouir. Quel est donc le pouvoir qui arrange ce travail d’ensemble, cette attraction mutuelle et cette influence mutuelle? Pourquoi des éléments divers en quantité précise et dans des conditions spécifiques viennent ensemble pour produire l’effet recherché?

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5. Ce n’est pas un accident

Si vous prenez une poignée de caractères d’imprimerie, que vous les mettez dans une boule et que vous les mélangez bien pour les jeter ensuite sur une surface propre, quelle est la probabilité pour que ces caractères se disposent de manière à constituer ensemble tout un poème d’un célèbre poète? Naturellement une telle probabilité est pratiquement nulle.

Ou bien encore, placez une machine à écrire devant un enfant de deux ans et laissez-la appuyer sur les touches avec ses petite doigts. Après qu’il aura joué pendant une demi-heure avec le clavier, vérifiez s’il a tapé un extrait d’un traité philosophique d’Avicenne en arabe. Qu’une telle proposition est extravagante! Est-ce là une conception rationnelle que d’envisager même une telle possibilité?

Il a été dit que la probabilité de la combinaison accidentelle de la matière première et des conditions qui précèdent la venue à l’existence d’une cellule vivante est égale à 10-16.

Selon un scientifique, la probabilité de l’existence accidentelle de la chaîne matérielle nécessaire à la venue à l’existence d’une simple particule de protoplasme est égale à 10-48.

Donc, il est évident que tous ces changements et le développement du “devenir” sont gouvernés par des lois scientifiques précises et bien calculées et résultent de la combinaison d’éléments divers et de conditions précises. La science a rendu un grand service en découvrant que rien n’est accidentel ni fortuit.

6. La cause du “devenir” est-elle une contradiction?

Selon la théorie du matérialisme dialectique, toute chose matérielle porte en elle le germe de sa mort ou un germe de contradiction interne qui conduit à sa destruction. En tout cas, du coeur même de la mort naît une nouvelle vie.

En d’autres mots, dès qu’une idée, un incident ou toute thèse vient à l’existence, elle suscite une opposition à elle-même de l’intérieur d’elle-même. Cette opposition est appelée anti-thèse. Plus tard, à la suite d’une lutte entre les deux (la thèse et l’anti-thèse) une synthèse ayant une forme plus développée, naît d’elle.

Ainsi, la cause fondamentale du développement de toute chose réside en elle-même et non pas en dehors. Cette cause est la nature contradictoire de toute chose et de tout phénomène, et c’est elle qui produit tout mouvement et toutes les contradictions. Dans les règnes végétal et animal, tous les développements naturels sont produits essentiellement par des contradictions internes. La même cause s’applique à tous les autres développements du monde.

Ainsi, chaque chose sort d’une matière, et le facteur causant son développement réside en elle-même. Toute chose est accompagnée de contradiction et de conflit qui tendent toujours à l’évolution.

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Maintenant, voyons si la matière peut réellement avoir tout ce pouvoir? A quel point cette théorie est-elle scientifique et jusqu’à quel point est-elle corroborée par des expériences très approfondies? Ce principe est-il réellement universel? Chaque changement et chaque développement tendent-ils réellement à l’évolution, ou bien y a-t-il des cas dans lesquels ce principe n’est pas applicable? La contradiction est-elle toujours le facteur principal qui explique ce mouvement, ou bien les forces d’attraction et de cohésion jouent-elles aussi un rôle dans beaucoup de cas?

Nous allons répondre à ces questions au cours de nos prochaines explications.

Lorsque la science moderne discute de différents systèmes organiques et inorganiques composés de groupes qui comportent des éléments matériels homogènes, elle les place dans dix classes ou niveaux ascendants et les divise en systèmes ouverts et fermés. Elle constate que:

Seuls les systèmes ouverts peuvent, dans certaines circonstances spécifiques, maintenir leur capacité d’auto-préservation, de propagation et d’évolution. Un système ouvert est un groupe de choses qui comportent un chaînon de conversion en d’autres choses. Par exemple, il assimile la nourriture et l’énergie et évacue ce qui est superflu ou nuisible.

Mais les systèmes fermés à petite capacité de conversion et de propagation ne peuvent rien faire à part eux-mêmes. Il est important de noter que les systèmes fermés ne produisent normalement aucun changement automatique, et même s’ils ont une vie et un mouvement, le changement qui se produit en eux est accompagné de leur décadence et ils percent leur énergie effective et leur efficacité.

Accessoirement, seuls les systèmes comprenant des éléments vivants et ayant une finalité peuvent avoir un changement évolutif tendant à accroître leur disposition à la formation et leur efficacité tendant à leur expansion.

Aucune matière simple ou composée, ni aucun système fermé, ne peuvent se former sans aide extérieure. D’une façon similaire, aucune collection de diverges sorts de matière, ni aucun groupe de systèmes, n’ont le pouvoir de créer et de diriger une automaticité méthodique bien ordonnée et un arrangement ou un système évolutif. Pour cette raison, toute sorte de matière exige individuellement et collectivement quelque contact ou aide extérieurs.

Comme il est évident maintenant qu’un tel arrangement ne peut émerger automatiquement de l’intérieur de la matière, nous devons chercher un facteur extérieur pour expliquer son existence, et comme nous savons que l’arrangement existent est bien calculé et méthodique, ce facteur-là doit avoir une conscience et une volonté de le créer.

 

À Suivre …

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