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SHAFAQNA – Ce qui suit fait partie du livre Philosophie de l’Islam, Behechti & BâhonarÉdité et traduit par Abbas Ahmad al-Bostani, sélectionné par SHAFAQNA.

Il est vrai que dans beaucoup de cas de changements sociaux, la série dialectique de thèse, anti-thèse et synthèse est clairement observable, et qu’un ordre nouveau émerge conséquemment à la contradiction. En d’autres termes, dans de tels cas, le changement et l’évolution du système social sont dus à la contradiction. Nous traiterons de ce sujet d’une façon plus poussée lorsque nous aborderons la philosophie de l’histoire. En tout cas, cette relation entre la société et la contradiction n’est pas applicable à tous les autres cas dans le cosmos et elle n’est ni universelle ni constante dans le cas de la société.

Si nous considérons attentivement les phénomènes du monde et les étudions scientifiquement au lieu de nous adonner à des fantaisies poétiques, nous trouverons qu’il y a de nombreux cas où prévalent une tendance toute autre, et une loi totalement différente. Considérons par exemple les cas suivants:

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Les phénomènes physiques et mécaniques, tels que l’échauffement et l’expansion des corps, la fonte, l’évaporation, le passage du courant électrique, la communication des sons, le mouvement des corps, le changement réactif des formes, etc… tous sont dus à l’action de certains types d’énergie et ne sont pas le résultat de l’établissement de la chaîne dialectique.

Dans le cas des actions et réactions chimiques, nous trouvons souvent que deux éléments ou plus s’unissent par l’action de l’énergie, mais qu’aucun d’eux ne surgit de l’autre.

Dans certains autres cas ce qui se produit c’est l’éclatement qui est le contraire de la synthèse. Accessoirement quelques corps en action et réaction tendent à se combiner et n’ont pas de contradiction. Dans le domaine de la vie, nous trouvons, bien sûr, trois stades consécutifs: la naissance, la maturité et la mort, mais là aussi nous trouvons une différence fondamentale. Tout d’abord, la reproduction ou la naissance (antithèse) à partir (de l’intérieur) de la thèse n’est pas possible sans l’intervention d’une autre thèse (le mâle). En d’autres termes, la création d’une chaîne monophasée intérieure n’est pas possible. Deuxièmement, la combinaison de deux thèses se produit à travers l’attraction et l’affection et non pas à la suite de la contradiction et de la lutte. Troisièmement, entre mère et enfant, ou thèse et antithèse, il existe une relation d’octroi de vie et de sacrifice au lieu d’opposition et de destruction.

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Lorsque nous approfondissons la matière qui forme le cosmos, nous trouvons une grande bousculade et un remue-ménage d’électrons et de noyaux mais nous ne trouvons pas de trace du mouvement à trois phases de thèse, antithèse et synthèse. Par contre nous trouvons des atomes ou des particules tournant les uns autour des autres. Seulement, lorsqu’ils sont bombardés par d’autres atomes de l’extérieur, ils éclatent parfois et se convertissent en nouveaux atomes.

Par conséquent, la règle de la lutte entre la thèse et l’antithèse et leur synthèse subséquente n’est pas universelle ni applicable à tous les cas. La face dynamique du monde est en fait façonnée aussi bien par l’impact mutuel des éléments ou des molécules que par d’autres facteurs en communication réciproque. Leur impact est à l’origine d’événements tels que la mise en mouvement des choses, leur combinaison, leur éclatement, leur échange et même leur désintégration, dans de circonstances exceptionnelles.

Au lieu de la loi générale de la naissance, de la lutte et de la combinaison, il y a une chose plus générale qui est la venue ensemble, la combinaison et la naissance.

Notre monde est celui de l’union, où les choses viennent ensemble, soit pour se combiner, soit pour se dissoudre. Il n’est pas celui d’entités donnant naissance à des contradictions.

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En tout cas, l’idée n’est pas que nous devrions croire en Allah tout simplement parce que la loi dialectique n’est ni universelle ni à cent pour cent scientifique, ni que s’il n’y a pas d’objection scientifique qui puisse être émise à l’encontre des principes dialectiques, ceux-ci devraient prendre la place de Dieu. Ce n’est point comme cela qu’on doit raisonner, car:

Primo, nous savons que Hegel, le fondateur et l’inspirateur de la philosophie dialectique au siècle dernier, était un homme qui croyait lui-même en Dieu et qu’il est arrivé, par ses propres théories, à la conclusion que le monde n’a ni volonté absolue ni conscience.

Secundo, même si les principes dialectiques étaient présumés corrects et à l’abri de toute objection scientifique, cela signifierait seulement que nous aurions tout juste découvert une autre loi du développement et de l’évolution de la nature et de la société. La découverte des lois naturelles ne signifie pas que nous n’ayons plus besoin de législateur et de dessinateur de la nature. La force qui aurait produit à travers le pouvoir de contradiction, des milliards de galaxies et d’autres phénomènes merveilleux à partir de la matière, serait en elle-même, un signe de l’existence d’une guidance instruite et d’une conscience sage, qui aurait mis dans la matière le pouvoir de créer un tel arrangement méthodique, et qui aurait été à l’origine d’un monde si bien calculé.

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