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SHAFAQNA – Le Muslim Post : Un tribunal international pourrait bien juger des hauts gradés birmans pour « intention génocidaire. » Parmi eux, le commandant en chef de l’armée ainsi que cinq généraux. Ils sont accusés de massacres et de viols. Un rapport de l’ONU, relayé par Reuters, pointe aujourd’hui les responsabilités des différents dirigeants birmans dans les crimes perpétrés contre les Rohingyas. Première visée : Aung San Suu Kyi, dont le gouvernement a permis aux discours de haine de prospérer et n’a rien fait pour protéger les minorités dans les Etats de Rakhine, Kachin et Shan. Indirectement, le gouvernement a donc « contribué à la perpétration de crimes d’atrocité », écrivant les experts des Nations unies.

Pour l’ONU, l’action militaire engagée par la Birmanie a été « extrêmement disproportionnée par rapport aux menaces réelles sur la sécurité », un argument régulièrement évoqué par les autorités locales pour expliquer leur action. « Les crimes commis dans l’État de Rakhine et la manière dont ils ont été perpétrés sont de nature, de gravité et de portée similaires à ceux qui ont permis que l’intention génocidaire soit établie dans d’autres contextes », indique la mission internationale indépendante des Nations Unies au Myanmar. Selon elle, « il existe suffisamment d’informations pour justifier l’enquête et la poursuite de hauts responsables de la chaîne de commandement de l’armée et qu’un tribunal compétent puisse déterminer leur responsabilité en matière de génocide. »

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Le général en chef Min Aung Hlaing et cinq de ses généraux pourraient donc bientôt devoir répondre de leurs actes. La Birmanie avait, certes, condamné sept soldats à dix ans de prison avec travaux forcés pour avoir participé aux massacres. Mais il s’agit là d’une bien maigre prise de conscience. Car pour le haut responsable des droits de l’Homme Zeid Ra’ad al-Hussein, la répression contre les Rohingyas est bien « un exemple classique de nettoyage ethnique. » Reste désormais à savoir si les responsables comparaîtront devant la Cour pénale internationale (CPI) ou si un tribunal ad hoc sera créé. L’ONU demande en tout cas d’« adopter des sanctions individuelles ciblées, y compris des interdictions de voyager et des gels d’avoirs, à l’encontre de ceux qui semblent les plus responsables de crimes graves. » Elle propose également un embargo sur les armes au Myanmar.

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