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SHAFAQNA – Oumma : Ces propos islamophobes ignominieux qu’un conseiller de la Carsat, la caisse nationale d’assurance vieillesse, n’a pu se retenir de proférer au téléphone, croyant avoir raccroché, résonneront longtemps dans la tête de Fatima Martin, sous le choc depuis mercredi.

D’abord frappée de stupeur en prenant connaissance du message vocal prononcé sèchement par son interlocuteur de la Carsat – ce dernier lui annonçant sur un ton péremptoire que son dossier n’était pas recevable et qu’elle n’avait qu’à saisir le tribunal des affaires sociales si elle n’était pas contente – cette retraitée musulmane de la Creuse n’en a pas cru ses oreilles lorsqu’elle a entendu la suite de ses considérations odieuses, profondément blessantes.

Pris en flagrant délit de racisme décomplexé, ce fonctionnaire s’est mis à fanfaronner devant ses collègues, ignorant qu’il était enregistré : « T’as vu comme je l’ai calmée celle-là ! », a-t-il jubilé face à un auditoire très perceptiblement hilare, comme l’a déploré Fatima Martin, avant de lâcher : « J’en peux plus de ces gens-là. De toute façon, elle pue. C’est du Daech creusois. Elle est voilée de la tête aux pieds ».

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Au micro de France Bleu Creuse, Fatima Martin a fait part hier de son indignation, tandis que sa fille Fatiah, atterrée également, exprimait sa colère. « Je suis choquée des propos d’une personne qui travaille pour le service public, pour l’État. Apparemment, c’était la cour de récréation dans le bureau. Il a bien fait rire ses collègues », a déclaré sa mère consternée, avant qu’elle ne renchérisse, scandalisée : « Qu’on nous insulte comme cela, gratuitement, je trouve ça inadmissible ! ». « Je suis née en Creuse » et mes parents « sont Creusois », a-t-elle martelé, très affectée.

Du côté de la Carsat, l’embarras est palpable depuis ce mercredi 22 août peu reluisant pour son image de marque. « Ces propos-là n’auraient jamais dû être tenus. Ce sont des propos individuels qui n’engagent évidemment pas la Carsat et qui sont inacceptables », a condamné fermement Jean-Christophe Crulli, le directeur adjoint de l’organisme pour le Limousin, confiant : « J’avoue que je ne comprends pas du tout ».

L’histoire ne dit pas ce qu’il adviendra du fonctionnaire islamophobe et fier de l’être, qui prend manifestement un malin plaisir à ne pas être au service de tous ses concitoyens. Toujours est-il que la Carsat Centre-Ouest, consciente du préjudice moral subi par Fatima Martin et du tort occasionné à son organisme, s’est fendue d’une lettre d’excuses, se disant disposée à recevoir la plaignante ainsi que ses proches.

« La Direction fait part de sa totale désapprobation quant à ces propos (…) qui ne correspondent pas aux valeurs de service public que notre organisme défend », a insisté l’organisme. « La Direction s’engage à ce que la lumière soit faite en interne sur les faits qui se sont produits et à prendre les mesures nécessaires pour prévenir tout nouvel agissement de ce type ».

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