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SHAFAQNA – Le Muslim Post : Le vendredi 21 septembre, le CFCM était au Sénat pour un colloque. L’occasion pour le président de l’organisation musulmane de faire un bilan, mais surtout de parler des perspectives. On n’a, en effet, jamais autant parlé d’une éventuelle suppression du Conseil français du culte musulman depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron à la présidence. Ce dernier doit, dans les semaines à venir, dévoiler ses propositions sur le culte musulman. Et Ahmet Ogras semble vouloir anticiper les choses : après avoir pris de court Hakim El Karoui en lançant une association cultuelle, l’AFSCM.

De ce que l’on a pu comprendre, le président du CFCM veut se démarquer de l’Etat et insiste sur l’importance de travailler « sans injonction extérieure. » Dans son discours, retranscrit par SaphirNews, le président du Conseil rappelle que « la gestion du culte est reliée au ministère de l’Intérieur qui gère notamment les questions relatives à la sécurité nationale. » Or, ajoute-t-il, « nous définissons ou diagnostiquons mal notre problématique. (…) Nous faisons donc un raccourci facile, voire dangereux, en voulant traiter la question de l’Islam prioritairement sous l’angle de la sécurité. »

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Le CFCM sur la tangeante, cela a permis à Ahmet Ogras de dire les choses sans « tabou. » « Comment rassurer nos concitoyens musulmans eu égard à la croissance des actes islamophobes et, pire encore, au silence politique et médiatique autour de ce sujet ? », a ainsi demandé le patron du CFCM qui dénonce un « emballement politique et médiatique autour de l’Islam. »

Alors, que faire ? Ahmet Ogras veut avant tout se concentrer sur le financement du culte avec l’AFSCM, dont les bases seront posées très rapidement. Mais le président, qui s’étonnait récemment du manque de moyens alloués à son organisation, insiste sur la patience dont devront faire preuve les fidèles. « Nous allons entamer notre propre réforme à notre rythme », a-t-il affirmé. « D’ici à la fin de l’année, nous nous mettrons d’accord sur un projet qui se mettra en place au premier semestre 2019 et se déclinera dans les territoires. Puis cela permettra d’embrayer sur les élections qui seront le point de départ du CFCM réformé. »

Concernant les réforme du CFCM, là encore, c’est pour l’instant le flou. L’on entend actuellement les uns et les autres mettre en doute la présidence tournante de l’organisation. Certains verraient volontiers des femmes prendre part à la direction collégiale du Conseil. Reste à savoir si les statuts du CFCM pourront être revus avant le prochain scrutin qui s’annonce décisif.

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