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SHAFAQNA – Saphir News | par Lina Farelli : L’Islande deviendra-t-il le premier pays européen à interdire explicitement la circoncision à but non-médical ? Une proposition de loi contre la circoncision est actuellement à l’étude par les parlementaires du pays.

Si l’initiative législative vient à être adoptée, la loi stipulera alors que, sauf en cas de nécessité médicale, la circoncision sera interdite, peu importe les religions ou les croyances des parents, au nom du « droit à l’intégrité physique » des enfants. Tout contrevenant sera passible de six ans d’emprisonnement. Un garçon qui désire être circoncis devra attendre « un âge auquel il comprend ce que cet acte implique ».

Les organisations religieuses en Islande et en Europe, inquiètes des conséquences du vote de cette loi pour la liberté religieuse, haussent le ton depuis l’annonce de cette proposition de loi en février. Cette fois, c’est au tour du Conseil des conférences épiscopales d’Europe (CCEE) et de la Conférence des Églises européennes (CEC) de s’insurger publiquement contre la loi.

Ne pas condamner la pratique à la clandestinité

Dans un communiqué paru jeudi 15 mars, les deux organisations estiment que la proposition de loi est une atteinte au droit fondamental de la liberté de culte et serait aussi « perçue comme un signal pour les personnes à référence juive et musulmane qu’elles ne sont plus les bienvenues ».

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Rappelant que la circoncision n’est pas un rite optionnel mais une pratique fondamentale pour les juifs et les musulmans ainsi que dans certaines traditions chrétiennes comme celles des églises orthodoxes éthiopiennes et érythréennes, les organisations chrétiennes insistent sur l’importance de sa légalité. « Il est important que la circoncision soit pratiquée légalement, dans un cadre médical approprié et sûr, afin que la santé de l’enfant ne soit pas compromise », a indiqué l’évêque anglican Christopher Hill, président du CEC.

De son côté, le cardinal Angelo Bagnasco, président du CCEE, souligne que « l’Église catholique est particulièrement engagée à défendre le droit des enfants, ce qui inclut, le droit et le devoir de la famille d’éduquer leurs enfants selon leurs propres convictions religieuses ».

La circoncision n’a rien à voir avec « la pratique cruelle des mutilations génitales féminines »

Pour Albert Guigui, Grand Rabbin de Bruxelles et représentant de la Conférence des rabbins européens, l’interdiction de la circoncision signifie tout simplement qu’« aucune communauté juive n’est désormais plus la bienvenue » en Islande. Même son de cloche pour Sayed Razawi, un leader religieux musulman en Ecosse, qui est d’avis pour dire qu’« interdire un rite religieux de cette manière reviendrait à interdire aux musulmans de pratiquer leur foi ».

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Si les communautés juives et musulmanes sont très limitées en Islande, la crainte est qu’une telle initiative en Islande, si adoptée par le Parlement, puisse être reproduite dans d’autres pays européens.

Les communautés religieuses mettent l’accent sur le fait que la circoncision appliquée aux très jeunes garçons n’a rien à voir avec « la pratique cruelle des mutilations génitales féminines qui constitue une atteinte à l’intégrité physique des femmes, en violation de leurs droits humains fondamentaux et de leur dignité ».

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