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SHAFAQNA – Le Muslim Post : Au Xinjiang, où vivent 10 millions de Ouïghours, la sécurité prônée par l’Etat a un prix. Selon une étude du gouvernement, datant d’avril 2017, « la valeur totale des investissements en matière de sécurité atteindra au moins 40 à 50 milliards de yuans », soit entre 5 et 6 milliards d’euros. Si bien que le Xinjiang est devenu le laboratoire de la répression high-tech en Chine. La ville d’Urumqi est, par exemples « probablement l’un des endroits les plus surveillés sur terre », ont estimé des journalistes qui ont enquêté dans cette région. Sous couvert de lutte contre le terrorisme, le gouvernement chinois disposerait de fiches très détaillées sur chaque Ouïghour, les membres de la communauté musulmane du Xinjiang.

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Une surveillance qui fait des heureux : les entreprises qui proposent des systèmes de vidéosurveillance et des équipements pour créer des centres de rééducation empochent plusieurs millions grâce au gouvernement local qui veut éviter le nationalisme et l’islamisme. Selon le média suisse Romandie, des caméras sont ainsi « pointées vers les imams prêchant dans les mosquées, les clients des restaurants ou encore les vendeurs dans les bazars. » Quitte à surveiller les Ouïghours dans leur vie privée. Pour Adrian Zenz, expert de la sécurité en Chine à l’European School of Culture and Theology, « en 2017, le Xinjiang a dépensé autant en matière de sécurité qu’en l’espace de six ans entre 2007 et 2012. »

Au grand dam des Ouïghours. Car ce sont eux les principales victimes de cette politique sécuritaire. L’Etat s’appuie sur des attaques commises à l’arme blanche ou à l’explosif par certains d’entre eux pour augmenter sa surveillance. Alors, les caméras fleurissent un peu partout dans les rues, les policiers patrouillent, notamment à proximité des mosquées, et des centres de rééducation sont actuellement en cours de construction. Ainsi, l’AFP fait état de l’envoi de personnes « suspectes » envoyées dans des centres pour « des exercices de type militaire et des cours de marxisme. »

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