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Parti démocrate USA, racisme israélien

SHAFAQNA- Oumma| par Nada Elia: La frontière qui sépare les progressistes et les partisans de l’apartheid devient de plus en plus claire, et elle ne correspond pas à celle qui sépare le Parti démocrate et le Parti républicain.

Avec la déclaration du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu affirmant qu’il empêchera les représentantes US Rashida Tlaib et Ilhan Omar de se rendre en Palestine occupée – une visite qui suivrait de peu le voyage parrainé par l’AIPAC d’environ 70 nouveaux membres du Congrès -,  on pouvait s’attendre à un soutien fort et spontané en faveur de Tlaib et Omar de la part de leurs collègues démocrates. Mais au lieu de cela, ce sont des militants de base qui se sont mobilisés pour demander aux collègues de Tlaib et Omar de condamner l’interdiction de Netanyahu, et le soutien de Trump à cette interdiction.

La pression semble fonctionner car certains démocrates publient des déclarations fortes, comme Alexandria Ocasio-Cortez, membre de la « Squad », qui a sauté le voyage de l’AIPAC, et qui tweete : « les élus sont fréquemment invités à venir visiter Israël pour ‘voir les choses par eux-mêmes’. Mais en choisissant d’interdire l’entrée aux deux seules femmes musulmanes du Congrès, Netanyahu informe les USA que seuls *certains* Américains sont les bienvenus en Israël, pas tous ». Ocasio-Cortez conclut son tweet avec l’accusation que « Trump exporte son sectarisme et ne fait qu’aggraver les choses », mais la réalité, c’est que Netanyahu, et Israël en général, n’ont pas attendu le sectarisme de Trump pour se livrer à la discrimination.

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De la même façon, la représentante Judy Chu semble également suggérer que c’est Trump, plutôt que Netanyahu, le responsable de ce dernier acte de discrimination. Chu tweete : « interdire à des musulmans de voyager est l’une des positions politiques les plus constantes de Trump ».

Dans une mise au point optimiste, la quatrième membre de la « Squad », la représentante Ayanna Pressley, qui elle aussi a sauté le voyage sponsorisé par l’AIPAC, a publié une déclaration forte sur le refus par Netanyahu de laisser entrer ses « chères amies ». Pressley écrit : « Quand vous vous attaquez à l’une d’entre nous, c’est à nous toutes que vous vous attaquez. Netanyahu alimente la division et punit la contestation, tout comme le fait l’occupant de la Maison-Blanche. Ces femmes du Congrès, Omar et Tlaib, sont mes chères amies, mes sœurs dans le service et des Américaines travailleuses qui ont été la cible d’agressions parmi les plus ignobles et les plus malfaisantes simplement parce qu’elles sont ce qu’elles sont. Elles sont dûment élues membres du Congrès et nous ne pouvons pas permettre qu’elles soient marginalisées, discriminées, ni prises pour cibles à cause de leur sexe, de leurs croyances religieuses, ou de leurs origines ethniques. Ce n’est pas ce que nous sommes en tant que pays, et nous devrions réévaluer nos relations avec tout pays qui cherche à interdire les Américains et à menacer la sécurité de quiconque, y compris des représentants du gouvernement ».

Plaidant aussi pour une réévaluation – et suggérant presque un boycott d’Israël -, le représentant Mark Pocan a twitté : « Le Premier ministre Netanyahu doit annuler cette décision et aucun membre du Congrès ne doit se rendre en Israël tant que tous les membres du Congrès n’y seront pas les bienvenus ».

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Quarante et un nouveaux élus du Parti démocrate viennent juste de se rendre en Israël, cependant, et alors qu’ils ne s’en vantent peut-être pas parce qu’ils réalisent que beaucoup de leurs électeurs désapprouvent leur voyage, ils ne sont manifestement pas près de faire pression sur Israël pour qu’il autorise Tlaib et Omar à y entrer. Et si le Parti démocrate, et non des membres démocrates du Congrès, n’insiste pas pour que les deux femmes du Congrès soient autorisées à se rendre en Palestine occupée, et s’il n’agit pas pour qu’il en soit ainsi (et publier une déclaration bourrée de platitudes ne compte pas comme une « action »), alors le Parti démocrate se sera rangé du côté des Républicains, avec Trump, avec Netanyahu, sur une question de racisme, d’islamophobie, de liberté d’expression politique, et plus généralement, de droits de l’homme.

Quoi que disent les sondages au sujet du peuple, c’est-à-dire des électeurs, étant de plus en plus critiques d’Israël, la division n’est pas aujourd’hui, et ne l’a jamais été, entre politiciens démocrates et politiciens républicains. Elle se trouve entre les progressistes et les partisans et catalyseurs d’un État qui adopte ouvertement l’apartheid. Ces partisans et catalyseurs sont dans les deux partis.

Les enjeux sont extrêmement élevés. La division entre les progressistes et les catalyseurs de l’apartheid est une division qui déchire le Parti démocrate, et menace d’assurer à Trump un deuxième mandat présidentiel, car elle éloigne davantage les progressistes du Parti démocrate. C’est ce que nous devons transmettre à nos représentants, et aussi que les femmes congressistes américaines Tlaib et Omar soient autorisées à se rendre en Israël.

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