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Un palestinien s'est fait piéger par une émission de télé-réalité qui accompagnait des policiers (image d'illustration).

SHAFAQNA – Français RT: Samer Suleiman est un père de famille palestinien sans histoire de Jérusalem-Est. En novembre 2018, alors qu’il est à son domicile, la police fait irruption chez lui autour de 3h30 du matin. Surpris, l’homme voit les forces de police fouiller sa résidence accompagnées… d’une équipe de tournage.

Samer Suleiman interroge les policiers sur la présence de caméras, qui lui répondent qu’il s’agit d’«éviter des réclamations ultérieures sur les dommages causés par la fouille», comme il l’a confié au journal Haaretz, qui a révélé l’histoire. Quelques heures plus tard, il se voit remettre un document officiel attestant que sa maison était conforme, à savoir sans armes.

Rassuré, Samer Suleiman poursuit sa vie jusqu’à ce que la chaîne publique israélienne diffuse le neuvième épisode de sa série policière La Brigade de Jérusalem, une émission de télé-réalité policière aux audiences record dans le pays. Lors de cet épisode, les téléspectateurs aperçoivent les héros de la série se féliciter d’avoir trouvé un fusil d’assaut dans une maison palestinienne.

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Mais quand les voisins de Samer Suleiman reconnaissent la demeure de ce dernier, c’est le début des ennuis pour cet habitant du secteur d’Issawiya, où il n’est pas rare de voir des affrontements entre Palestiniens et police israélienne. Conséquence directe de la diffusion de l’émission, Samer Suleiman est depuis la cible d’un véritable harcèlement. Il est accusé par certains d’être un terroriste, quand d’autres le soupçonnent de coopérer avec Israël. «La police a commis une grave erreur pour Samer et sa famille», a commenté son avocat.

Depuis que le journal Haaretz a révélé l’affaire, la police israélienne s’est «excusée» pour les «torts causés» dans un communiqué en arabe, et la chaîne Kan a retiré l’épisode de son site web et de sa chaîne YouTube. La société de production de l’émission a reconnu que, dans des cas spécifiques, elle pouvait utiliser des images d’illustration afin de protéger les méthodes de travail des policiers. Par la voie de son avocat, Samer Suleiman a néanmoins décidé de porter plainte auprès de l’unité des enquêtes de la police israélienne contre les policiers ayant fait irruption chez lui.

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