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Australie, islamophobie, musulmans, femmes voilées

SHAFAQNA – Iqna: Selon un article sur l’islamophobie en Australie en 2019, les attaques contre les musulmans ont augmenté d’environ 60% pendant ces deux années d’après les témoignages de victimes, d’avocats et de témoins oculaires.

Le rapport définit “l’islamophobie” comme toute attaque verbale ou physique contre les musulmans et l’identité islamique. L’ampleur du phénomène est si grande en Australie, que le secrétaire à l’immigration, David Colman, surpris par le rapport, a déclaré que le gouvernement australien ne tolérait pas les préjugés raciaux et culturels, affirmant que la discrimination contre les musulmans présentée dans ce rapport, était inacceptable.

Le rapport, produit par le centre pour les études islamiques de l’université Charles Sturt en collaboration avec l’Académie australienne des sciences et des recherches islamiques, montre que 70% des victimes de l’islamophobie sont des femmes et des filles. Selon ce rapport, les femmes et les filles voilées sont la cible de la plupart des actes islamophobes et des violences sociales. L’analyse de 350 cas signalés au centre d’action contre l’islamophobie, au cours des années 2016 et 2017, montre une augmentation de 30% de ces attaques dans des endroits fréquentés par les forces de police. Étant donné la relative simplicité du discours de haine sur Internet et l’influence toujours croissante des médias sociaux, la croissance de ce phénomène dans le cyberespace est aussi importante. Selon l’analyse de 147 délits signalés à la police, le taux d’actes islamophobes le plus élevé a été signalé sur Facebook, avec 63% des messages. La page Facebook du centre australien de l’islamophobie a signalé que 82% des cas d’islamophobie en ligne, concernaient Facebook.
Sur les 147 cas de criminalité en ligne signalés, 82% étaient des témoins oculaires et 65% des musulmans. Selon les statistiques, les femmes représentent 61% des victimes d’islamophobie en ligne, et 72% de ceux qui commettent ces actes islamophobes sont des hommes. Les jeunes représentent également 53% des victimes.

80% de ces cas sont des discours anti-islamiques et 20% visent directement des individus. Contrairement à ce qui se passe dans le monde réel, les réactions à l’islamophobie sont plus répandues sous forme d’émoticônes, de commentaires et de partages.

L’islamophobie en ligne se manifeste de diverses manières. En plus de la propagande anti-islamique quotidienne qui représente 48% des cas, 147 cas signalés de campagne extrémiste de droite sur les réseaux sociaux, ont joué un rôle majeur dans le développement de l’islamophobie. Les campagnes de boycott des musulmans sur Facebook, l’encouragement à la violence à leur égard, les attaques des page d’enregistrement d’actes islamophobes et la collecte de signatures et de pétitions contre les musulmans, sont également utilisés dans le cyberespace.

Le contenu des insultes en ligne, n’a pas changé au cours de cette période, et cible la présence des musulmans et des étrangers, et leur apparence islamique.

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Ce rapport qui fait suite à un rapport publié en 2017 en Australie, a été l’objet d’une large réflexion. L’annonce de ces statistiques a conduit à un consensus général sur le fait que l’islamophobie en Australie, est un phénomène réel et évident. Sur les 551 cas d’islamophobie signalés en Australie entre 2016 et 2017, 349 ont été confirmés et inclus dans le rapport.

Dans le rapport de 2017, 243 cas ont été enregistrés dans les 24 mois, tandis que dans le deuxième rapport publié en 2019, 349 cas d’islamophobie ont été enregistrés en Australie en 2016-2017. L’absence de lois pour la prévention de ces crimes est la principale cause de leur persistance et de leur croissance au fil des ans. Il convient de noter que le nombre de cas cités dans ces deux rapports, n’est que la pointe de l’iceberg car de nombreux crimes de haine et préjugés raciaux ne sont jamais signalés dans le monde.

Par rapport au premier rapport, le nombre de crimes physiques est passé de 42% à 58%, avec une hausse de 16%. Le nombre de femmes signalant ces crimes est passé de 65% dans le premier rapport à 54%, et les Australiens non musulmans dans les deux rapports, ont signalé un quart des crimes islamophobes. Ce nouveau rapport montre que l’islamophobie est toujours présente et en croissance en Australie. Le rapport suggère également que si le phénomène n’est pas bien compris et évité, cela pourrait conduire à des catastrophes comme l’attaque de la mosquée de Christchurch en Nouvelle-Zélande. Le rapport suggère que les Australiens doivent prendre au sérieux les risques des discriminations et de la haine causée par les préjugés religieux.

Il est nécessaire que les autorités reconnaissent l’existence de l’islamophobie en Australie, et créent un environnement dans lequel les communautés victimes de discriminations, puissent facilement signaler leurs expériences aux autorités et institutions compétentes. Ces sujets peuvent également être abordés dans l’éducation et devraient être une des priorités de l’éducation nationale.

Comme les 150 organisations islamiques du pays l’ont récemment demandé dans le projet de loi sur les discriminations religieuses, la communauté australienne a besoin d’une confrontation active et d’une coopération pour s’attaquer au problème de l’islamophobie. La communauté musulmane australienne ainsi que les autres communautés religieuses australiennes et les organisations civiles devraient considérer l’islamophobie comme un problème national et soutenir les recherches sur l’islamophobie qui sont longues et coûteuses, et les recherches sur la situation des musulmans qui selon le recensement de l’année 2016, représentent 4,3% de la population

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