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SHAFAQNA – Mediapart | par Abdourahmane : Beaucoup de choses à dire sur cette séquence télévisuelle du débat entre Yassine Belattar et Natacha Polony, qui en dit long sur l’hystérie médiatique qui règne en France autour de l’islam et des musulmans, nourrie par une islamophobie délirante qui constitue une véritable menace pour la place du corps social musulman au sein de la nation française et pour la cohésion nationale.

Pour commencer, on est dans le déni complet du début à la fin de ce dialogue de sourds, et ceci de la part de tous les acteurs, ce que confirme le titre même du débat : “La France est-elle raciste ?”.

En effet, en introduisant le débat entre les deux intervenants à partir de cette interrogation alors que bât son plein la campagne bashing islam et musulmans dont est actuellement victime collatéralement Yassine Belattar, notamment depuis sa nomination au Conseil Présidentiel des Villes par le chef de l’Etat Emmanuel Macron, conduit de fait à le mettre dans la position de celui qui doit se justifier et apporter la preuve du racisme dont il se dit victime.

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Quant à Natacha Polony, fidèle à elle-même, elle a réussi l’exploit de discuter d’un sujet dont elle nie l’existence, l’islamophobie, terme qu’elle récuse car servant à interdire toute critique de l’islam selon elle, et qu’elle n’a pas prononcé une seule fois au cours de la discussion, démontrant ainsi sa cohérence en la matière.

Elle a néanmoins réussi à mettre Yassine Belattar sur la défensive, par une habilité dont elle a le secret pour mener les débats, elle a réussi à le cantonner dans le rôle de la victime qui doit apporter la preuve de ce dont elle se dit victime, et à réussi à inverser la charge de l’accusation : “non il n’y a pas d’islamophobie en France, et si islamophobie il y a, il est moins important et moins dangereux que l’antisémitisme qui est plus grave, et surtout il est dû aux attaques contre la laïcité, à la radicalisation des jeunes dans les banlieues et au terrorisme et non à autre chose.”

Enfin, Yassine Belattar malgré un sang froid remarquable et une combativité pugnace, a passé un moment difficile dans le boxe des accusés, tentant vainement d’adoucir la hargne de Natacha Polony par des “Natacha” amicaux et sollicitant parfois le soutien de Roselyne Bachelot par des “Roselyne” complices, il n’a pas malgré tout réussi à éviter la sentence du procès qui lui était intenté : ” il est un musulman extrémiste” en raison de ses proximités supposées avec les frères musulmans de l’UOIF ou avec le CCIF et pour avoir dit dans un sketch : ” il n’y a pas de musulman modéré, on est un musulman ou on ne l’est pas”.

Pourtant, il a tout essayé pour convaincre le jury, “il n’est pas membre des frères musulmans, il n’est pas adhérent du CCIF qui ne représente pas grand chose dans la communauté musulmane, il n’appartient pas à la communauté musulmane qui n’existe pas d’ailleurs, il regrette Nicolas Sarkozy qui a mis en place le CFCM et qui a nommé pour le diriger des blédards nés hors de France, lui est né en France, a eu des enfants avec des françaises de souche, fête noël, réclame sa part de communion dans le deuil national quant il y a des attentats en France, clame son amour de la France et son désir ardent d’être reconnu en tant que français.”

Mais cela n’a pas suffit à infléchir la position du jury qui le trouve extrémiste et coupable d’entretenir avec son discours victimaire la révolte des jeunes des banlieues dont les revendications sociales ne sont que des remises en cause déguisées de la laïcité, des valeurs de la France auxquelles ils opposent un islam radical source du terrorisme qui menace la République.

A la surprise générale de l’accusé, qui esquisse un sourire gêné, la sentence est tombée, elle est impitoyable et ne lui reconnaît aucune circonstance atténuante, le tribunal le reconnaît coupable, il est coupable d’extrémisme islamique, il est coupable d’être musulman, un crime dont le tribunal politique, intellectuel et médiatique ne rigole pas en France, même quand l’accusé est un humoriste !

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L’image du procès que vient de subir Yassine Belattar n’est pas une caricature, elle est le reflet du rejet et de l’ostracisation dont l’islam et les musulmans sont victimes dans la patrie des droits de l’homme, le pays du siècle des lumières, le pays de la déclaration universelle des droits de l’homme.

La situation serait moins dramatique si ce pays ne sert pas à travers son renoncement à sa tradition humaniste de modèle pour les autres pays européens et occidentaux en général, lesquels lui emboîtent le pas dans la voie de la discrimination de l’islam et des musulmans comme en témoignent les différents exemples relatés souvent dans l’actualité, laissant craindre pour les musulmans avec la banalisation de l’islamophobie, la reproduction de ce qu’ont subit les juifs à travers la banalisation de l’antisémitisme.

Au camp des alliés de la paix parmi les citoyens de se mobiliser pour faire barrage à cette tragédie annoncée.

Avec affection, espoir et détermination.

AbdouRahmane

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