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SHAFAQNA – Le Muslim Post : Depuis plusieurs mois au Nigeria, un conflit oppose des éleveurs principalement musulmans et des agriculteurs chrétiens ou issus d’autres groupes ethniques. 

Se disputant les terres arabes et les ressources naturelles de l’Etat du Plateau dans le centre du pays, les violences  entre les deux groupes ont fait plus de 200 mort au cours du dernier week-end de juin. 

Jeudi 28 juin, armés de machettes et de fusils, plus de 300 peuls, pour la plupart musulmans, s’en sont pris à la population d’un petit village, Nghar Yekwah, incendiant les voitures, pillant les maisons…

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Pris de panique, les villageois chrétiens se sont enfuis… Et c’est chez l’imam de la mosquée voisine qu’ils ont trouvé refuge. Ce dernier, alerté par les cris, a proposé de les cacher dans sa maison et à l’intérieur de la mosquée locale. 

J’ai d’abord caché les femmes et les plus vulnérables dans ma maison. Ensuite, j’ai donné refuge aux hommes dans la mosquée », a expliqué le responsable religieux à une journaliste de la BBC. 

Les Peuls, apprenant son geste, se sont alors dirigés vers le lieu de culte pour s’en prendre à l’imam et aux personnes y ayant trouvé refuge. Accompagné par d’autres fidèles de sa communauté, l’imam a tenter de s’interposer pour arrêter les assaillants. Prostré au sol, ils les a imploré de laisser la vie sauve aux éleveurs chrétiens. Les Peuls ont finalement décidé de battre en retraite. 

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Interrogé par la journaliste de la BBC sur les raisons de ce son geste héroïque, l’imam a  raconté avoir voulu exprimer « sa gratitude » envers la communauté chrétienne, qui lui avait gracieusement cédé il y a une quarantaine d’années le terrain sur lequel fut érigée sa mosquée. Les villageois sauvés sont restés pendant cinq jours dans le village de l’imam, avant de migrer dans un camps de personnes déplacées.

Le 29 juin, dans un communiqué, des évêques nigérians ont enjoint le président Muhammadu Buhari à démissionner, face à cette insécurité grandissante et à son incapacité à trouver des solutions aux violences communautaires. 

« Si le président ne parvient pas à garantir la sécurité du pays, il a perdu la confiance des citoyens, il ne peut plus gouverner le camp d’extermination et le cimetière de masse qu’est devenu notre pays. »

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