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SHAFAQNA – Lemonde: Pour un petit groupe terroriste qui, il y a peu, était dans l’impossibilité de procurer des armes à feu à tous ses combattants, c’est un coup d’éclat. Lundi 29 mars au matin, la ville de Palma, dans l’extrême nord du Mozambique, près de la frontière tanzanienne, était toujours plongée dans la violence d’une attaque des militants du groupe terroriste Ahlu Sunna wal Jamaa, appelés « Al-Chabab » (« les jeunes »).

Au soir du sixième jour de cette attaque, dimanche, le bilan devait déjà se monter à « plusieurs dizaines de victimes », selon un porte-parole de l’armée mozambicaine. Un bilan partiel, qui ne dit pas la violence d’une opération ayant entraîné la fuite éperdue de dizaines de milliers de personnes et des pertes qui s’annoncent lourdes, incluant des étrangers, dont un Britannique, plusieurs Sud-Africains et d’autres nationalités, vraisemblablement. La présence de ces étrangers tient à une raison, et à une proximité : celle du site de construction d’un projet gazier géant, opéré par le groupe Total, aux portes de Palma.

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L’attaque contre cette ville du bord de l’océan Indien, ex-trésor du tourisme loin des masses, avait débuté mercredi. La veille, Total, qui est l’opérateur du consortium opérant sur le site de la péninsule d’Afungi – où devront être construits les trains de liquéfaction du gaz naturel extrait offshore, et dont l’ensemble constitue à la fois le plus gros projet dans les hydrocarbures du continent africain et un enjeu majeur pour la compagnie française –, avait annoncé la reprise des travaux.

Ce n’est pas une coïncidence, encore moins une relation de cause à effet, mais l’illustration que l’appréciation de la situation laissait à désirer. L’activité dans l’enceinte en partie fortifiée d’Afungi, placée sous la protection d’un contingent des forces de sécurité mozambicaines qui aurait dû, selon les termes d’un accord récent, instaurer une zone de protection de 25 km autour du site, s’était déjà interrompue fin 2020 en raison d’attaques des Chabab qui s’étaient rapprochés.

Afungi, cependant, n’a pas fait l’objet d’une attaque directe. Seule Palma, si proche, était l’objectif. Des milices d’autodéfense y avaient été organisées par les autorités locales. Elles n’ont pas plus pesé dans la défense que l’action des services de sécurité mozambicains, armée et police. Leur fuite a révélé l’ampleur du piège. Car depuis plusieurs mois, toutes les routes menant à la ville avaient été coupées par les combattants chabab. Dans cette nasse, les prix avaient explosé, rendant la vie impossible à plus de 30 000 déplacés d’autres attaques. Dans la province de Cabo Delgado où ils opèrent, les terroristes ne cherchent pas d’alliés dans les communautés rurales, mais pratiquent une forme de violence spectaculaire destinée à frapper les esprits, notamment en procédant à des décapitations.

 

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