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SHAFAQNA – Le Muslim Post : Le costume était trop grand. Annoncé comme un réformateur, Mohammed ben Salmane a finalement failli et déçu ses soutiens à l’international. Le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi aura précipité le jeune prince héritier vers la chute. La liquidation d’un journaliste importe généralement peu la communauté internationale, mais ce que devait révéler Khashoggi, à savoir l’utilisation d’armes chimiques au Yémen, était une bombe à retardement pour le royaume saoudien et pour la communauté internationale.

D’où proviennent les armes chimiques utilisées au Yémen ?

En coulisse, la succession se redessine donc avec le retour d’Ahmed ben Abdelaziz, la famille royale étant à la manœuvre. Le frère cadet du roi et oncle de MBS était parti à Londres après des désaccords avec son neveu. Soutenu par les Etats-Unis et le Royaume-Uni, Ahmed ben Abdelaziz est de retour, affirme le New York Times, et pourrait bien prendre la place du prince héritier et devenir le nouvel homme fort du royaume. Ce que confirme une source diplomatique proche du pouvoir saoudien au MuslimPost.

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Cette source nous indique que la première prérogative d’Ahmed ben Abdelaziz sera de mettre fin à l’interminable guerre qui se déroule actuellement au Yémen. Car les révélations que s’apprêtait à faire Khashoggi auraient pu gêner l’Arabie saoudite mais surtout ses fournisseurs en armes, parmi lesquels la France, le Royaume-Uni ou encore les Etats-Unis, qui n’avaient jusqu’à aujourd’hui rien trouvé à redire sur la guerre au Yémen. Khashoggi attendait simplement d’« obtenir des preuves documentaires », avait-il affirmé à ses proches. Jusqu’à l’origine de ces armes chimiques.

Un intérim avant un retour programmé de MBS ?

Qu’adviendra-t-il maintenant de MBS ? A 33 ans, il est pour le moment hors-jeu. Ahmed ben Abdelaziz pourrait n’être qu’une transition. Âgé de 70 ans, il laissera le temps à son neveu de se faire oublier pour, peut-être, revenir dans quelques années moins toxique et plus stable qu’aujourd’hui. Mohammed ben Salmane a d’ailleurs accueilli, sur le tarmac de l’aéroport mardi, son oncle. Preuve qu’a été dealé, en coulisse, un accord d’intérim entre les deux hommes. Une fois la guerre au Yémen terminée, le jeune prince pourra alors reprendre les prétendues réformes attendues par l’Occident.

 

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