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SHAFAQNA – Le Muslim Post : Le prince héritier Mohammed ben Salman s’était érigé en progressiste et en fervent défenseur des droits des femmes, en autorisant les femmes à conduire dans le royaume, en juin dernier. 

Mais derrière la levée de cette interdiction attribuée au régime, se cache surtout dans l’ombre, le combat acharné de militantes des droits des femmes comme Samar Badawi et Nassima al-Sadah. 

Human Rights Watch (HRW) et Amnesty International annoncent qu’elles viennent d’être arrêtées par les autorités.

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Ces Saoudiennes sont des féministes de premier plan dans le royaume. Samar Badawi a reçu le Prix International Women of Courage des États-Unis en 2012 pour avoir contesté le système de tutelle (qui exige que les femmes obtiennent le consentement d’un parent masculin pour toute décision importante) et a été parmi les premières femmes à signer une pétition demandant au gouvernement de permettre aux femmes de conduire, voter et participer aux élections locales. 

Nassima al-Sadah, a également fait campagne pour abolir le système de tutelle et le droit de conduire et était candidate aux élections locales de 2015. 

« Les arrestations de Samar Badawi et de Nassima al-Sadah indiquent que les autorités saoudiennes considèrent toute dissidence pacifique, passée ou présente, comme une menace à leur régime autocratique », a déclaré Sarah Leah Whitson, directrice du Moyen-Orient à Human Rights Watch.

De nombreuses autres militantes des droits des femmes ont été ciblées depuis le mois de mai, la plupart ayant fait campagne pour le droit de conduire. Peu de temps avant l’entrée en vigueur de la loi, au début du Ramadan, une dizaine de femmes ont été arrêtées dans un coup de filet. 

« Il y a une incohérence à emprisonner des femmes qui ont milité pour ce droit. Au moins huit femmes sont actuellement en prison, dont Loujain al-Hathloul, Eman al-Nafjan ou encore Aziza al-Yousef, des figures très importantes du mouvement des droits des femmes. Elles sont vues comme des traîtres à la nation. On les accuse de faire partie d’une cellule qui déstabiliserait la sécurité intérieure du pays. Elles risquent de comparaître devant un tribunal antiterroriste et pourraient encourir jusqu’à vingt ans de prison », témoignait il y a quelques mois pour Libération Aurélie Perrier, coordinatrice pour l’Arabie Saoudite à Amnesty International France. 

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Si le régime saoudien prétend réformer la société, il montre à travers ces nouvelles arrestations qu’il refuse de se faire voler la vedette par les activistes et de les impliquer dans ce processus de modernisation. 

Les craintes d’une instrumentalisation de la question des droits des femmes, utilisée comme un coup de projecteur pour redorer l’image de Mohammed Ben Salman auprès des occidentaux, ne font que se confirmer.

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