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sermon de Fatima al-Zahra, Imam Ali (p), Ahl-ul-Bayt (p), Fadak

SHAFAQNA – Ce qui suit fait partie du livre Analyse stylistique des Sermons de Fatima al Zahrâ’ (p), Compilé et traduit, annoté et édité par: Abbas Ahmad al-Bostani, sélectionné par SHAFAQNA.

Le sermon commence par l’entrée directe dans le sujet visé (contrairement au précédent sermon qui était soumis à des nouvelles traditions artistiques, à savoir l’exorde qui présente les louanges à Allah, la Prière sur le Messager d’Allah et l’éloge de l’Islam).

Sans doute c’est le contexte dans lequel le sermon était prononcé qui a imposé l’entrée directe dans le sujet, c’est-à-dire la question que lui (Fatima) ont posée les femmes concernant sa maladie lorsqu’elles sont venues lui rendre visite à cet effet. Donc dès le début de son discours Fatima s’est mise à honnir ce bas-monde (sans doute ceci est lié au climat de la situation puisque les personnes venues la voir sont des femmes et que leur attachement à ce monde et ses attraits est évidente)…

Dès le début, le sermon est chargé de l’élément imagé, et particulièrement de métaphores, alors que le précédent sermon oscillait entre le style simple, direct et la métaphore, pour des raisons que nous avons expliquées déjà.

Il est notable que la première phrase qui ouvre le sermon est un «serment», ce qui constitue un trait artistique dénotant sa sincérité dans l’énonciation des vérités lorsqu’elle leur dit: «délaissantvotre monde, détestant vos hommes»(1). Dans cet énoncé elle attribue ce bas-monde aux femmes (alors qu’elle, elle l’a délaissé), et exprime sa haine pour leurs hommes, ce qui a une signification particulière tout en pouvant susciter l’interrogation à laquelle il y a une réponse évidente : l’attachement des femmes au bas-monde, s’intéressant aux hommes et aux parures, demeure une certitude, ce qui fait que ce cheminement artistique incarne une des formes de la structure solide du fait qu’il constitue une introduction ou préparation artistique à l’entrée dans un sujet qui traite des hommes qui, ayant été à leur tour séduits par la parure de ce bas-monde, avaient ourdi le complot qui a éloigné l’Imam Ali (p) de la position (le khilafat) qu’Allah et Son Messager (P), lui avaient choisie. Ainsi, le récepteur (l’auditeur ou le lecteur) déduit de cette introduction la soumission des gens aux attraits de ce monde (les hommes pour la gloire et le prestige, et les femmes pour les hommes).

À lire aussi: L’analyse stylistique du 1er sermon de Fâtimah al-Zahrâ (S.A) (Partie 9)

Toujours est-il que l’entrée dans le sujet par les femmes et leur monde que Fatima (p) a délaissé, et sa haine pour leurs hommes forment une prémisse d’un sujet visé. Ainsi elle annoncé d’abord sa haine pour les hommes, puis après avoir exercé l’élément de l’observation sociale, elle “les crachés après les avoir mâchouillés, et les a détestés et s’en était lassée après les avoir sondés (éprouvés) ou les a haïs dans le cœur à cause de leurs mauvaises conduites”(2)

Ici, il ne faudrait pas ignorer cette subtilité dans l’ordre de l’emploi des termes “mâchouiller” et “sonder”. Si l’on considère cet ordre sur un plan de méthodologie de la recherche scientifique, on constate que Fatima avait bien assimilé la méthode aboutissant à la conclusion scientifique, car “mâchouiller” est une observation individuelle, alors que “sonder” est une pratique statistique.

Mais laissons à présent cette entrée ou prémisse pour aborder directement le sujet visé, tout ensoulignant au passage un point important, à savoir que la différence entre le présent sermon et le précédent est que dans celui-ci (le précédent) a abordé deux sujets : “le khilâfat” et “Fadak“, tout en notant que ce dernier formait une introduction ou un simple prétexte, un moyen pour arriver au second (khilâfat), ou plus clairement au sujet cultuel pour lequel Allah a créé l’Homme. Tandis que dans le présent sermon Fatima abordé le sujet de khilafat sans passer par ledit moyen. Cette remarque revêt une importance idéologique et esthétique non négligeable, car, nous le répétons encore, Fadak était pour Fatima quelque chose de trop négligeable pour mériter de former même un simple moyen pour aborder le sujet de khilafat. En effet pour Fatima (p), tout comme pour son illustre mari, l’Imam Ali (p), le monde entier avec tout ce qu’il renferme est plus insignifiant qu’une “feuille tailladée dans la bouche d’une sauterelle” ! Que dire alors de Fadak qui représente une simple richesse économique qui ni aucune valeur spirituelle pour les Infaillibles.

Ainsi, le khilafat demeure le seul sujet visé non en tant que droit personnel de l’Imam Ali (p), mais en tant que prolongement de la prophétie, que représente l’Imamat tout au long de la vie du Message de l’Islam, c’est-à-dire depuis l’Imamat de l’Imam Ali jusqu’à celui de l’Imam contemporain, l’Imam al-Mahdi (aj). Ce concept qui incarne les principes qu’Allah a fixés pour l’humanité et la soumission de ces principes (à l’instar de toutes les expériences que l’humanité vit dans le califat (la lieutenance) de la terre) à l’expérience est donc le sujet que vise le sermon et sur lequel il tient à attirer l’attention, en montrant comment cette expérience a débouché malheureusement à écarter les Ahl-ul-Bayt (p) totalement de la scène sociale officielle avec tout ce que cela a entrainé de propagation des déviations doctrinales et cultuelles en général.

À Suivre …

Notes:

1- أصبحتُ -واﷲ -عائفةً لدنیاكنّ قالیةً لرجالكم açbahtuwallah ‘â’ifatan li-dunyâkum, qâliyatan li-rijâlikum

2- لَفِظْتُھُمْ بَعْدَ أنْ عجمتُھُمْ وشَنِئْتُھُم بَعدَ أنْ سبرتُھُم

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