PARTAGER
sermon de Fâtimah al-Zahrâ (S.A), Prophétie, Imamat

SHAFAQNA – Ce qui suit fait partie du livre Analyse stylistique des Sermons de Fatima al Zahrâ’ (p), Compilé et traduit, annoté et édité par: Abbas Ahmad al-Bostani, sélectionné par SHAFAQNA.

La section suivante adopte un autre style de présentation fondé sur l’interrogation et l’exclamation et d’autres procédés littéraires qui visent à stimuler l’intérêt du récepteur:

Quels misérables ! Comment l’ont-ils (le califat) écarté des évidences ancrées du Message

! وَیْحَھُم أنَّ ى زَحْزَحُوھَا عَن رَواسِي الرَّسَالَة

wayhahum! Annâ zahzauhâ ‘an rawâsih-r-risâlah !

Et des fondations de la Prophétie et dalâlah

وقَوَاعِد النبُوَّ ةِ (والدلالة)

wa qawâ ‘id-in-nubuwwah wa-d-dalâlah

Et du lieu de la descente de l’archange Gabriel (Jibrâ’îl)

ومَھْبِطَ الوَحْيِ الأمِینِ

wa mahbat-il-wayh-il-amîn

Et du perspicace versé dans les affaires mondaines et religieuses: «Voilà la perte évidente» (Coran: s 39/v15)

والطبین بأُمور الدنیا والدین:”إلا ذلك ھو الخسران المبین

“Il est clair que cette courbe artistique chargée de stimulation, à travers des outils esthétiques ornés par la variété des images, des rythmes et des sonorités incarne un langage artistique qui enchante quiconque a un goût esthétique. Langage caractérisé en outre par la clarté de l’expression, l’intelligibilité de l’image. Puisque la section traite de l’abandon de l’Imamat, cette péripétie requiert un langage clair, des images intelligibles et des outils stimulants. A tout ceci il faut ajouter la citation du texte coranique qui met en relief “la perte évidente” que ces hommes ont subie subséquemment à leur attitude, sans oublier l’expression ou l’interjection “wayhahum / quels misérable ” qui commence la section et qui a été choisie habilement parce qu’elle recèle plus d’un trait artistique : elle n’est ni “du’â’ “, ni tout à fait exclamation, ni réprimande, elle est plutôt un mélange d’exclamation, d’interrogation et de réprobation, trois traits qui combinent leurs nuances pour rendre le texte plus stimulant. Quant à l’image, sa clarté soutenue par l’exclamation et l’interrogation “Comment l’ont (le califat)-ils écarté des évidences ancrées du Message !!”, elle est vraiment exaltant. Elle a sémantiquement lié l’Imamat à la Prophétie et s’est renforcée par une autre métaphore “les fondations” et “le Message prophétique”, pour signifier que l’Imamat est le prolongement de la Prophétie. Mais pour ce faire elle a utilisé trois formules qui diffèrent par leur signification : la première comprend “les évidences ancrées” et “le Message”, la seconde “les fondations” et “la Prophétie”, la troisième “le lieu de descente” et “Gabriel”. Cela signifie que le sermon a choisi les deux termes de la métaphore dans deux cadres particuliers : le premier terme “Gabriel”, “la Prophétie”, le “Message”, le second “les évidences ancrées”. “les fondations”, “le lieu de descente”. On peut expliquer ce choix comme suit : le fait de choisir tout d’abord “le Message”, se justifie par le fait qu’il est le prolongement des messages précédents (qui représentent les principes généraux fixés pour toute l’Humanité). Quant à la Prophétie, elle en constitue l’étape suivante car elle précise le type du message, et pour ce qui concerne la révélation, c’est une troisième étape de la particularisation (du Message) dans la mesure où elle se charge de communiquer directement les principes généraux du message.

Ce qui précède concerne l’ordre sémantique des principes divins et leur communication…. Quant au lien des (rawâsî/ les évidences ancrées ) avec le Message, les (qawâ’id / fondations) avec la prophétie, “wahy / révélation” avec l’Imamat en tant que prolongement de la prophétie, on peut dire le message en sa qualité de principes globaux et généraux correspond bien à ce qui est fixe, ancré (les choses fixes opposées aux choses mobiles), puisque les Messages divins restent inchangeables à toutes les époques, et par conséquent l’Imamat aussi en tant que prolongement de la prophétie doit être fixé, ancré. Pourquoi a-t-il été ébranlé, écarté, déplacé? C’est ce qui explique pourquoi le sermon a pris un mode interrogatoire, exclamatoire, “interpellatoirei”. En ce qui concerne la prophétie et son lien avec les”qawâ’id/ fondations”, c’est tellement évident, puisqu’elle est la dernière des prophéties et elle a besoin de bases solides pour la continuation de son efficacité et non la prophétie elle-même, celle-ci ayant pris fin avec la disparition du Prophète (P). Mais étant donné qu’il n’y a pas d’autre Prophète après lui, c’est l’imamat qui continue la prophétie et par conséquent la révélation lui est liée, ce qui confirme la légitimité et la continuité de l’Imamat.

Enfin, la section s’est terminée par une formule claire directe, à savoir que c’est l’Imam (p) qui est perspicace et habile dans les tâches du Message continuel (l’Imamat), ce qui constitue un couronnement clair de la légitimité de l’Imamat lui-même…. Notons que le sermon a souligné les affaires mondaines et religieuses en même temps pour mettre en évidence un concept particulier : la direction politique des sociétés requiert quelqu’un qui possède une réserve cognitive à la fois scientifique et sociale, car l’une sans l’autre ne suffit pas, et c’est ce que le sermon a avancé lorsqu’il a parlé du bas-monde et de la religion ensemble.

À lire aussi: Analyse stylistique du 2e sermon de Fâtimah al-Zahrâ (S.A) (Partie 3)

Puis le sermon avance pour expliquer pourquoi ces hommes se sont écartés de l’Imam Ali (p) et les conséquences et cette attitude en se demandant d’abord pourquoi se sont-ils vengés de lui :

Et pourquoi donc se sont-ils vengés d’Abû-l-Hassan (l’Imam Ali)!?

Et de répondre :

-Ils se sont vengés par Allah du fait que son épée ne faisait pas la différence entre les courageux les autres(1)

-Et parce qu’il se souciait peu de mourir(2)

-Et pour la puissance de sa prise(3)

-Sa colère pour la cause d’Allah le Très-Haut(4)

Le sermon a dessiné les traits de la personnalité de l’Imam Ali selon son héroïsme morale et physique. Il a fait passer le trait ou le courage physique avant le traitmoral, en le symbolisant par l’épée pour diverses raisons : il était le bras droit du Prophète dans toutes ses batailles contre les polythéistes. Il suffit de rappeler à cet égard que le Prophète (p) a loué ce courage lorsqu’il a dit que son héroïsme vaut l’adoration de tous les djinns et les humains (‘ibâdat al-thaqalayn).

Ces raisons dont les unes sont militaires, d’autres doctrinales font de la personnalité de l’Imam Ali (p) l’objet de jalousie chez ceux chez qui les racines de la foi n’ont pas pénétré. A cela s’ajoute sa proximité familiale et morale du noble Prophète (P), ses victoires militaires, le fait qu’il fût la porte de sa cité (La Cité du Savoir). Tous ces facteurs font suscitent la rancune chez les hypocrites ou chez ceux dont la foi est chancelante (comme les Omayyades par exemples). En tout état de cause l’ébauche du portrait de son courage dans le sermon est pleinement justifiée, surtout que d’autres traits de sa personnalité sont liés à ce trait de courage, tel que son insouciance face à la mort, trait qui décèle deux aspects : le courage et la solidité de la foi : le courage et son insouciance de mourir pour la cause d’Allah.

Il en va de même pour tous ses autres traits tels que “chiddata wat’atihi/la force de sa prise) et “nikâla wa’atihi / et son coup imparable)…. Ces traits ne sont pas de additionnels ni synonymes, chacun d’eux a une signification spécifique : “chiddat wat’atihi ” symbolise la puissance de sa prise, “nikâl waq’atihi” la puissance de la frappe, le premier est un trait psychologique, le second physique. Enfin l’image “tanammurihi fî thât-illâh/ son courroux pour la Face d’Allah” est le couronnement organique des traits précédents, car fureur dans les batailles est pour la Cause d’Allah, peut importe que ces batailles soient militaires ou argumentaires par exemples…

 

À Suivre …

Notes:

نقموا منه -واﷲ -نكیر سیفه-1

وقلَّة مبالاته بحتفه-2

وشدّة وطأته ونكال وقعته-3

وتنمّره في ذات اﷲ عز وجل-4

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here