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Jeux Olympiques, Allemagne, Zeina Nassar

SHAFAQNA – Oumma : De l’autre côté du Rhin, animée d’une détermination inébranlable, la championne de boxe Zeina Nassar, 21 ans, s’accroche à son rêve qui semble n’être plus qu’à une portée de gants : concourir aux Jeux Olympiques de Tokyo en 2020, vêtue de son hijab Nike, spécialement conçu pour le sport de haut niveau.

Depuis qu’elle est montée sur un ring à l’âge de 13 ans et a esquissé ses premiers crochets prometteurs, cette combattante acharnée, née à Berlin au sein d’un foyer libanais, n’a cessé de livrer bataille, sur et en dehors de son terrain de prédilection.

« C’est comme si je devais prouver deux fois plus de choses que les autres, car je suis non seulement une femme qui boxe, mais je porte aussi le foulard », a-t-elle confié à un journaliste sportif lors d’une pause entre deux séances d’entraînement intensives, pleinement consciente qu’on l’attend toujours au tournant, et peut-être même aujourd’hui encore plus qu’hier. « Au final, ça m’a rendue plus forte », a ajouté cette battante née, qui veille à ne jamais baisser sa garde.

Faisant mouche dans la catégorie poids plume, Zeina Nassar a déployé une extraordinaire énergie à la fois pour terrasser ses adversaires et envoyer au tapis les préjugés les plus tenaces, tout en montant sur un autre front, dans l’arène institutionnelle, où sa force de persuasion a fini par vaincre les plus grandes réticences au sujet du hijab. Grâce à elle, le port du voile, adapté à sa discipline, est désormais autorisé dans les compétitions en Allemagne.

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« Mon style de boxe est très peu conventionnel, mais je suis super rapide. C’est ma force », a-t-elle expliqué en toute simplicité, en joignant aussitôt le geste à la parole. Devant le journaliste allemand qui l’interviewait, elle a alors exécuté une série de crochets et d’uppercuts dans le vide, avant de lancer : « Pour mes adversaires, il est très désagréable de boxer contre moi. »

C’est à ce point « désagréable » de l’affronter que la jeune femme a battu un record de victoires, qui en fait dorénavant une véritable terreur des rings. Sur 24 combats officiels, elle en a remporté 18 d’affilée, dont un par KO, ce qui est suffisamment rare dans sa catégorie pour être salué.

Quand elle descend du ring, la première championne de boxe voilée d’Outre-Rhin s’illustre dans une autre enceinte, à l’université à Postdam, où elle se passionne pour la sociologie et les sciences de l’éducation. Pur produit de la méritocratie allemande, une bourse prestigieuse lui a été octroyée afin de tendre vers l’excellence, sur les bancs des amphithéâtres aussi.

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Plaçant la barre toujours plus haut, sur le ring et en dehors, Zeina Nassar, qui entretemps est devenue l’une des égéries musulmanes de Nike et une source d’inspiration pour ses jeunes coreligionnaires, a appris avec bonheur que l’Association internationale de boxe (AIBA) avait accepté d’assouplir son règlement. En effet, depuis le mois de février, dans les grandes compétitions internationales, il est désormais permis aux boxeuses de combattre voilées et dans une tenue couvrante, respectueuse de la pudeur musulmane.

Si les JO font rêver la fine fleur mondiale des athlètes, ils font briller d’émotion les yeux de Zeina Nassar, tant l’idéal olympique lui a paru longtemps inatteignable. Aussi, est-ce avec une ardeur décuplée qu’elle peaufine sa préparation, avec deux objectifs en tête : décrocher une médaille, mais aussi « montrer aux gens que tout est possible, si l’on se bat pour l’obtenir ».

Et l’on peut compter sur cette combattante infatigable, qui se bat avec courage et panache sur tous les terrains, pour en faire l’éclatante démonstration à Tokyo.

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