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Allemagne, prisonniers musulmans

SHAFAQNA – Iqna: L’attaché culturel iranien à Berlin a déclaré que des responsables du ministère fédéral allemand de la Justice avaient décidé de créer une section dans toutes les prisons allemandes, pour un soutien spirituel aux prisonniers musulmans. Cependant, les conditions propices à la prise en charge spirituelle des prisonniers musulmans ne semblent pas rassemblées. Le nombre des prisonniers musulmans en Allemagne, est en augmentation et les responsables des prisons allemandes craignent que les extrémistes influencent les autres détenus.

Selon le site Web du ministère de la Justice, les services spirituels aux prisonniers musulmans devront être faits en allemand, et seuls les ulémas parlant l’allemand pourront postuler à des emplois dans les prisons.

Le ministère a également publié un document de deux pages, destiné aux religieux musulmans, intitulé “Recommandations pour la prise en charge des prisonniers musulmans”, qui souligne que les ulémas musulmans devront se conformer aux lois et aux normes de la société démocratique allemande.

À cette fin, les religieux musulmans seront régulièrement contrôlés par la police et le Bureau de protection constitutionnelle dans les divers États, et devront répondre à toutes les questions des représentants de ces centres. Le manuel souligne que les religieux ne seront cependant pas considérés comme responsables des actes commis par des prisonniers extrémistes et fondamentalistes.

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Du point de vue des responsables du ministère de la Justice, ces services spirituels peuvent avoir un effet dissuasif mais ne sont en aucun cas, un moyen de prévenir la radicalisation ni de remplacer les programmes et les projets de lutte contre l’extrémisme.

Les responsables de la justice fédérale ont annoncé que le plan sera mis en œuvre prochainement mais la prise en charge spirituelle des prisonniers musulmans en Allemagne, pose encore de nombreux problèmes. L’un de ces problèmes est une seule réglementation destinée aux adeptes de religions différentes. Par exemple, le clergé musulman, contrairement aux prêtres chrétiens, ne peut être tenu au secret. En d’autres termes, si des prisonniers musulmans discutent avec des imams d’une question controversée ou suspecte, les imams sont obligés d’avertir les autorités pénitentiaires ou de témoigner devant les tribunaux.

Des responsables de la communauté islamique ont demandé au ministère de la Justice de modifier les règlements. Selon eux, le secret est un des principes de base de l’assistance spirituelle et son absence empêche les détenus de faire confiance au religieux. D’autre part, selon la réglementation en vigueur, toute communauté religieuse peut désigner un imam pour travailler en prison, mais la plupart des associations islamiques n’ont pas encore été reconnues comme des associations religieuses en Allemagne. En outre, les imams devront suivre des cours de théologie islamique dans des universités allemandes, pour pouvoir fréquenter les prisons, et présenter une maîtrise en théologie islamique ou un diplôme équivalent au ministère de la Justice, alors qu’il faut beaucoup de temps pour obtenir un diplôme.

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