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SHAFAQNA – Elmoudjahid : Au cours de la cérémonie d’inauguration, le ministre a estimé que ce lieu de culte constitue «une tribune pour l’enseignement de la religion islamique, puisée du Saint Coran et de la Siraa Nabaouia», attestant que la «mosquée pôle» de Tébessa contribuera à «diffuser l’islam modéré, loin de tout extrémisme, parmi les nouvelles générations», à travers, a-t-il soutenu, les valeurs de l’islam, «celles de l’altruisme, de l’amour d’autrui, de la justice, de l’égalité et de l’humilité». M. Aissa a ajouté que cet édifice religieux, civilisationnel et culturel, inauguré au cours du mois de la révolution libératrice et à la veille de la célébration du Mawlid Enabaoui renforce les acquis du secteur des affaires religieuses dans la wilaya de Tébessa. Il a, accompagné des autorités locales, à leur tête, le wali, Attallah Moulati, procédé à la pose de la première pierre du projet de 15 locaux commerciaux érigés sur un foncier classé «houbous», et dont les revenus de location seront consacrés à la gestion de la «mosquée pôle».

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Au cours de cette même cérémonie, des représentants de la société civile ont honoré le Président Abdelaziz Bouteflika pour ses efforts «déployés dans l’amélioration du cadre de vie des citoyens, notamment dans cette wilaya frontalière». En réponse aux questions des journalistes, M. Aissa a souligné qu’un établissement spécialisé sera créé pour la gestion de la «mosquée pôle» à l’instar de ce qui est applicable pour d’autres mosquées du pays. Le ministre, répondant à une question relative aux agressions dont ont été victimes des imams, a affirmé que son département, en coordination avec d’autres ministères, dont celui de la Justice, s’emploie à l’élaboration d’une disposition juridique pour la protection des imams et des établissements religieux contre les agressions, rappelant que trois morts parmi les imams sont à déplorer au cours de ces trois dernières années. Il a affirmé le gel du renouvellement des associations religieuses et la révision des lois régulant ces associations, soutenant que certaines sont un «moyen de diffusion de la pensée extrémiste».

M. Aissa a ajouté qu’en exécution des décisions du chef de l’Etat et du plan du travail du Premier ministère, un atelier a été mis en place pour la révision des sanctions, dans le cadre du code pénal, à l’encontre des agresseurs des imams. La «mosquée pôle» de Tébessa qui s’étend sur 18.256 m2 et peut accueillir jusqu’à 10.000 fidèles, est composée de deux grandes salles de prière, d’un centre d’étude consacré à la formation d’imams et des chercheurs et spécialistes dans la religion, comprenant 16 salles de classe, ainsi que de deux bibliothèques et un espace de rencontres. Construit dans un style architectural arabo-islamique, marqué par une ornementation riche reflétant l’art de la sculpture maghrébine, la réalisation a nécessité une enveloppe financière globale de 1,87 milliard DA, puisée du budget de l’Etat et des dons des bienfaiteurs.

Des programmes religieux pour les détenus impliqués dans des affaires de terrorisme 

Auparavant, le ministre avait annoncé, jeudi 16 novembre à partir de Tipasa, le parachèvement, par les services conjoints de son département et celui de la Justice, de programmes religieux destinés aux détenus impliqués dans des affaires de terrorisme. «Des programmes ont été élaborés dans le cadre d’une convention signée avec le ministère de la Justice en 2018 en vue d’orienter (sur le plan religieux) les détenus impliqués dans des affaires de terrorisme et les extraire de la pensée extrémiste qui a ancré en eux de fausses croyances et de faux principes, à l’origine des fautes qu’ils ont commises», a indiqué Mohamed Aissa en réponse à une question de l’APS.

Il a signalé la mise en application «prochaine» de ce programme, qui clôture une série de rencontres, ayant réuni les deux ministères, la Justice et les Affaires religieuses. Un programme basé essentiellement, a-t-il assuré, sur l’«islam du juste milieu» qui a toujours été prôné par l’Algérie de par le monde. Ce programme religieux, a précisé le ministre, prévoit notamment des rencontres avec les détenus afin de réviser avec eux leurs idées extrémistes et en dévoiler les erreurs, avec toutes les preuves nécessaires à l’appui. «Il s’agit-là d’un programme d’importance, dont la force réside dans la qualité et les compétences en la matière des hommes qui l’ont élaboré», soit des universitaires hautement qualifiés en affaires religieuses, Coran, Hadith et Sunna, a-t-il souligné.

Auparavant, le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs avait procédé au lancement officiel des festivités de célébration de la fête du Mawlid Ennabaoui Echarif (naissance du prophète Mohamed QSSSL).

Sa célébration prouve, a soulignéM. Aissa, l’attachement des Algériens à leur prophète (QSSSL), ce qui reflète, selon lui, leur «amour pour leur patrie et pour leur religion qui prône modération et sagesse».

Et d’ajouter : «Cette célébration ne peut faire l’objet ni d’un débat, ni d’une fetwa». Par ailleurs, le ministre a annoncé, lors de l’inspection, en compagnie du wali, Mohamed Bouchama, le lancement du chantier de réalisation de la «mosquée pôle» de Tipasa (10.000 places) qui accuse retard, l’inauguration du projet pour le 1er novembre 2019. Mohamed Aissa a rappelé, d’autre part, que le projet de révision du code pénal prévoit une «proposition d’une clause juridique qui garantit la protection des imams de mosquées».

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Garantir la protection des imams 

Le ministre a, par ailleurs, affirmé mercredi 14 novembre à Blida que le projet de révision du code pénal qui sera présenté au gouvernement par le ministre de la Justice, garde des sceaux, prévoyait la «proposition d’une clause juridique qui garantit la protection des imams de mosquées dont certains ont fait l’objet ces deux dernière années d’agressions ayant entrainé la mort pour certains cas».

M. Aissa a déclaré à la presse que les «agressions dont ont fait l’objet les imams ces deux dernières années ont contraint la tutelle à proposer une clause juridique qui garantit la protection aux imams dans le cadre du projet de révision du code pénal».

La clause prévoit une série d’amendements qui ont touché d’autres domaines, à l’instar de la protection des mosquées et des symboles religieux, a indiqué le ministre qui a ajouté que la commission en charge de l’élaboration de ce projet a approuvé cet amendement qui sera présenté au gouvernement par le ministre de la Justice puis au conseil des ministres en prévision de son adoption par les deux Chambres du parlement. Selon le premier responsable du secteur, près de 45 cas d’agression contre des imams ont été enregistrés par ses services en 2016 ayant entrainé la mort d’un imam-prêcheur dans la wilaya de Ain Defla, 93 cas en 2017 et un décès d’un muezzin dans la wilaya de Tizi Ouzou durant la même année. Un troisième décès d’un muezzin a été enregistré en 2018 dans la wilaya de Laghouat, a-t-il ajouté. Ce phénomène «est cependant en baisse après les mesures prises par les walis pour assurer la sécurité des imams», a-t-il ajouté.

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