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sermon de Fatima al-Zahra, Imam Ali (a), Prophète (P)

SHAFAQNA – Ce qui suit fait partie du livre Analyse stylistique des Sermons de Fatima al Zahrâ’ (p), Compilé et traduit, annoté et édité par: Abbas Ahmad al-Bostani, sélectionné par SHAFAQNA.

La section suivante est le prolongement du précédent, et elle commence par le serment. Cette répétition du serment forme l’une des lignes de la structure architecturale du sermon. Elle s’applique à dedessiner les traits de la personnalité de l’Imam Ali (p) à travers ses caractéristiques cultuelles générales, ayant déjà noté que la description de ses caractéristiques héroїques a été imposée par le contexte, а savoir l’envie et la rancune des déviationnistes.

En tout cas le premier signe dessiné est comme nous l’avons dit le serment, lequel se veut très significatif lorsqu’il est prononcé surtout par l’Infaillible, lequel hésite à recourir au serment sauf dans le cas d’extrême nécessité. Or ce serment s’est lié à un point auquel le sermon a réservé une place à part (sinon il y a beaucoup d’autres points qui mériteraient d’être mis en exergue), mais le fait d’insister sur ce point à l’exclusion des autres a sa signification esthétique et sémantique, à savoir que si les gens s’écartaient de la Vérité, l’Imam les aurait obligés à la suivre. Naturellement l’établissement de ce fait est une réponse artistique de la formule précédente qui disait que les gens s’étaient vengés de lui pour l’efficacité de son épée et son sacrifice pour la Cause d’Allah, c’est-à-dire que l’une des incarnations de son sacrifice pour la cause d’Allah est sa résolution à obliger les gens à suivre la Vérité lorsqu’ils s’en écartent.

Ceci concernait l’aspect architectural du texte.

Quant à l’aspect de la formulation métaphorique le sermon a choisi deux unités expressives pour symboliser la Vérité en question: «al-hujjat-il-lâ’ihah/ » et «al-hujjat-il-wâdhihah / » lorsqu’il a énoncé que: «s’ils s’écartaient d’al-hujjat-il-lâ’ihah / ou cessaient d’accepter «al-hujjat-il-wâdhihah /….. il les y aurait ramenés et illes aurait obligés à l’accepter….

À lire aussi: Analyse stylistique du 2e sermon de Fâtimah al-Zahrâ (S.A) (Partie 4)

Examinons de près ces traits artistiques de ces deux images.. La première chose qui attire notre attention est la répétition du mot «hajjat» une fois pour signaler l’écart de ce hajjat et une fois pour la cessation de sonacceptation c’est-à-dire une fois pour souligner qu’il est (hajjat) clair et une fois qu’il est visible, ce qui amène les gens à s’y soumettre d’une façon ou d’une autre puisqu’il dit dans le premier «il l’y ramène», dans le second «il les y oblige». Donc il y a une certaine esthétique dans la formulation de la cadence à travers ladite répétition, cadence de deux types: sémantique et rythmique:

«al-hujjat-il-wâdhihah»

«al-hujjat-il-lâ’ihah»

Et:

«law mâlû ‘anhâ»

«law zâlû ‘anhâ»

Ainsi, la structure rythmique s’établit comme suit :

al-hujjat -al-mahajjat

al-wâdhihah -al-lâ’ihah

mâlû -zâlû

ilayhâ -‘alayhâ

Symétriquement à cette harmonie rythmique il y a une signification géométriquement harmonieuse:

-l’hypothèse de l’écart de «hujjat-il-lâ’ihah» et l’hypothèse de la disparition de l’acceptation d’«al-hujjat-il-wâdhihah». Que signifie donc cette répétition de ces expression «hajjat / », «mayl / », «zawâl / », «rad / », «haml / » ?

A notre avis, la première image «al-hajjat» c’est-à-dire le milieu de la route, a été choisie par le texte pour symboliser la Vérité à-dire le milieu de la route, a été choisie par le texte pour symboliser la Vérité, et adopter le milieu de la route à l’exclusion de toute autre chose, signifie adopter cette voie, et ceci s’harmonise parfaitement avec la voie de la vérité dans laquelle les uns s’égarent, d’autres trouvent la bonne voie. C’est pourquoi le sermon dit «s’ils s’écartent de la voie» c’est-à-dire de la voie de la vérité. En ce qui concerne le qualificatif de «lâ’ihah/ visible» son utilisation se justifie par sa visibilité pour le voyant, tut comme la vérité visible ou perceptible… Donc «mayl/ écart» s’accorde avec «le changement d’avis / ‘udûl» c’est-à-dire dévier d’une voie, et «hajjat/ voie»s’accorde avec la Vérité, et «lawh/ visibilité» avec la vision.

Quant à l’unité linguistique «wa zâlû ‘an qubûl-il-hajjat-il-wâdhihah/ ont cessé d’accepter l’argument clair», il est évident que hajjat est le symbole de l’«argument pour être établie. C’est pourquoi le texte a dit que c’est «hajjat wâdhih» c’est-à-drie les preuves évidentes. Quant au «zawâl / la cessation» de l’acceptation de la vérité, elle s’explique par le fait qu’une preuve puisse acceptée ou refusée. Il nous reste à expliquer enfin les deux images «raddahum ilayha/ les y amener» et «hamalahum ‘alayha/ les y obliger». La première métaphore signifie que l’Imam (p) les convainc à accepter la vérité par des arguments, et la seconde indique qu’il applique la vérité sans hésitations et par tous les moyens légaux, et ce même si son action cause de l’embarras selon les critères sociaux.

Puis nous arrivons à une nouvelle section qui commence elle aussi par un serment «tallâh» pour continuer la symétrie des emplacements de cet élément dans l’architecture du sermon et s’harmoniser sémantiquement avec le concept de vérité mais dans un contexte différent:

-par Allah, s’ils s’étaient empêchés de tenir la rêne (de la succession), il s’en serait chargé

وتاﷲ لو تكافّوا عن زمام نَبَذَه رسول اﷲ إلیه لاعتلقه

«Wa tallâh law takâffû ‘an zimâmin nabathuhu rasûl-ullâhi ilayhi la-‘talaqahu»

-et ils les (les Musulmans) aurait conduits avec aisance et flexibilité

ولَسارَ بھم سیراً سُجُحاً

Wa la-sâra bihim sayran sujuhan

-ne leur aurait pas causé de dégâts

لا یكلم خشاشُه

Wa lâ yukallimu khachâchatan

-n’aurait pas éreinté les uns (les marcheurs)

لا یكل سائره

«lâ yakillu sâ’iruhu»

-ni ennuyé les autres (ceux qui sont sur les montures)

ولایكلم (یتعتع )راكبه

Wa la yukallimu (yuta‘ti‘u) râkibuhu

À lire aussi: Analyse stylistique du 2e sermon de Fâtimah al-Zahrâ (S.A) (Partie 3)

Cette section et les suivantes constituent un développement organique de la section précédente, laquelle parlait de la fermeté ou de la constance de la personnalité de l’Imam Ali (p), alors que dorénavant il s’agit des données de cette constance ou fermeté. Car en réalité «zimâm/ rêne» s’accorde parfaitement avec les contenus de cette section: wa lâ yukallimu khachâchatan, lâ yukillu sâ’iruhu, lâ yumillu râkibuhu. Ainsi «khachâch» est ce qu’on met dans le nez du chameau pour attacher la rêne en vue de rendre la guidance plus rapide, et «yukillu» est le fait d’être récalcitrant. Donc sémantiquement l’image se présente comme suit:

1-«zimâm / rêne» symbolise le fait de confier l’affaire à quelqu’un, et l’image vise à dénoter que si les autres, à cause de la faiblesse de leur foi et de leur personnalité, s’abstiennent de tenir la rêne, l’Imam Ali (p) est qualifié pour le faire.

2-“sâra bihim sayran sujuhan”, c’est-à-dire l’Imam les aurait conduits d’une façon facile et flexible, ce qui lié à la rêne et la guidance, car celui qui tient la rêne, étant au courant de la manière de guider, rend la guidance facile car le chameau se laisse guider sans difficulté.

3-«lâ yukallimu khachâchatan» c’est-à-dire qu’il ne blesse pas l’endroit dans le nez où l’on attache la corde ou la guide de la rêne, car il connaît avec précision comment tenir la rêne doucement de sorte à ne causer aucune blessure à l’animal. Car un mauvais conducteur pourrait fatiguer le chameau et tire trop fort sur la corde, ce qui pourrait causer une blessure dans son nez.

4-«lâ yakillu sâ’iruhu wa lâ yamillu râkibuhu»: étant donné que la conduite (du chameau) implique qu’il y ait une caravane dans laquelle les gens sont soit en marche soit sur une monture, l’image nous fait savoir que celui qui marche ne sera pas fatigué dans cette caravane et celui qui est en monture ne se lasse pas d’être assis sur le dos du chameau.

Maintenant il faut examiner plus minutieusement cette image étonnante sémantiquement et artistiquement. Il s’agit d’une structure sémantique très évocatriceet significative, car elle symbolise par la métaphore de «zimâm/ rêne»la direction politiquede la société après la disparition du Prophète (P) et signifie que cette disparition a laissé un vide incontestable puisqu’il n’y a pas un autre Prophète qui pourrait le remplacer, et que la seule solution possible qui se présentait était l’existence d’une personnalité que le Prophète avait désignée lui-même pour remplir ce vide, et c’est ce qui s’était passé effectivement à différentes occasionsdont l’événement d’al-Ghadîr. Le texte vise à signaler que la rêne que le Prophète (P) confié à l’Imam Ali (p), si elle n’avait pas été usurpée, ce dernier se serait acquitté parfaitement de sa mission, car il:

-les (les Musulmans) aurait conduits avec aisance et flexibilité “sâra bihim sayran sujuhan”

-ne leur aurait pas causé de dégâts «lâ yukallimu khachâchatan»

-n’aurait pas éreinté les uns «lâ yakillu sâ’iruhu»

-ni ennuyé les autres«wa lâ yamillu râkibuhu»

Cette étape aurait d’ailleurs conduit à la fin (nouvelle section) à une situation prometteuse:

-il les aurait conduits vers un point d’eau douce, limpide, désaltérante, et abondante, et dont les deux rives sont débordées, et les deux bords ne laissent pas stagner l’eau.

À Suivre …

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