Oumma: Musulmans du Japon font face à un manque de lieux d’inhumation

SHAFAQNA- Depuis 2010, la population musulmane au Japon a triplé pour atteindre environ 350.000 personnes, ce qui pose un défi culturel majeur en termes d’accès à des espaces funéraires conformes aux rites islamiques.

La communauté musulmane japonaise est principalement composée d’immigrés d’Asie du Sud-Est (Indonésie, Malaisie), d’Asie du Sud (Pakistan, Bangladesh) et du Moyen-Orient. L’arrivée de travailleurs indonésiens, originaires du plus grand pays musulman au monde, a été fortement favorisée ces dernières années par l’assouplissement des politiques migratoires pour pallier le manque de main-d’œuvre.

Dans un pays où la crémation est pratiquée par plus de 99% de la population, la communauté musulmane rencontre d’importants obstacles pour pratiquer l’inhumation, qui est strictement prescrite par le Coran. Yoshihiro Murai, gouverneur de Miyagi, a récemment abordé la question de la création d’un nouveau cimetière dans sa préfecture, située dans la région de Tohoku, à environ 300 kilomètres au nord de Tokyo. Cette initiative fait suite aux accords de 2023 avec l’Indonésie pour accueillir des travailleurs.

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La transformation rapide du paysage religieux japonais est également visible. Alors qu’en 1980, le pays ne comptait que quatre mosquées, on en dénombre maintenant environ 150. Parmi les musulmans vivant au Japon, 54.000 sont des Japonais convertis, ce qui démontre une diversification progressive de la société nippone. Néanmoins, les projets rencontrent fréquemment des résistances locales. À Hiji, dans la préfecture d’Oita, un projet soutenu par l’Association musulmane de Beppu a été interrompu indéfiniment en raison des préoccupations environnementales et sanitaires exprimées par les résidents.

Tahir Khan, un professeur d’université japonais naturalisé, affirme que nous ne pouvons pas abandonner la question des sépultures pour les générations futures.La politique d’ouverture aux travailleurs étrangers et la réalité des infrastructures nécessaires à l’accueil d’une société véritablement multiculturelle sont mises en évidence par cette situation.

Source: Oumma

www.shafaqna.com

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