Les Enseignements de Ceux qui Inspirent la Résistance (Partie 3)

SHAFAQNA- L’attente de l’Imam al-Mahdi : Résistance, et non pas Soumission – Un essai du regretté Allamah Muhammad-Reza Hakimi.

L’espérance du retour de l’Imam al-Mahdi, le sauveur promis, est un élément central de l’Islam chiite.  Bien que le concept d’une figure messianique résonne à travers les religions abrahamiques, et trouve des fondements traditionnels et rationnels au sein du patrimoine commun à toutes les écoles musulmanes, la compréhension chiite de cette attente est unique. Qu’est-ce qui distingue la perspective chiite ? Comment l’identité chiite façonne-t-elle la manière dont les croyants attendent le retour de l’Imam ? Dans son ouvrage Le Soleil de l’Occident, l’éminent érudit Muhammad-Reza Hakimi soutient que cette attente n’est pas une résignation passive, mais plutôt un appel à la résisztance active. L’extrait suivant, traduit par Shafaqna, éclaire la vision d’Hakimi sur le lien intrinsèque entre l’attente du Mahdī et l’impératif de résister à l’injustice.

Les Enseignements de Ceux qui Inspirent la Résistance

Cette opposition constante et cette défiance épique face à la tyrannie, cette incarnation intrinsèque de la résistance contre les despotes et les oppresseurs, ne constituent pas simplement une composante, mais bien un élément essentiel de notre foi, inextricablement lié au principe de tawḥīd (l’unicité divine). L’autorité sur l’humanité est une confiance divine, une alliance accordée par Dieu, qui exclut par nature les injustes. Par conséquent, au sein de notre école de pensée, accepter le règne d’un oppresseur constitue une violation du tawḥīd. De ce fait, le règne tyrannique est catégoriquement inacceptable, même pour un instant. Afin d’éclairer les esprits et d’aiguiser l’attention, particulièrement ceux des fidèles qui pourraient ignorer les complexités de la gouvernance religieuse et de la politique divine, nous présentons une déclaration profonde et une leçon cruciale du huitième Imam, Abū ’l-Ḥasan ‘Alī b. Mūsā ar-Riḍhā (que la paix soit sur elle), un maître de la résistance inébranlable. Les implications décisives et profondes de cette déclaration concernant l’engagement social et l’impératif de résistance sont propres à la tradition des prophètes et des Imams. L’Imam déclare :

ان الامامه خص الله – عزّ وجلّ – بها ابراهیم الخلیل، بعد النبوه والخله، مرتبه ثالثه، وفضیله شرفه بها، واشاد بها ذکره، فقال: انی جاعلک للناس اماما. فقال الخلیل – (علیه السلام) – سرورا بها: ومن ذریتی؟ قال الله تبارک وتعالی: لاینال عهدی الظالمین. فابطلت هذه الایه امامه کل ظالم، الی یوم القیامه.[1]

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« En vérité, Dieu, Tout-Puissant et Glorieux, a conféré à Abraham, l’Ami, le statut d’Imam – après la prophétie et l’amitié divine – comme une troisième distinction, un honneur l’élevant et commémorant son nom. Dieu a déclaré : « Je te ferai Imam pour les gens. » Abraham (que la paix soit sur lui), rempli de joie, demanda : « Et parmi mes descendants ? » Dieu, béni et exalté, répondit : « Mon alliance ne s’étend pas aux injustes. » Ainsi, ce verset exclut définitivement l’Imamat de tout oppresseur jusqu’au Jour de la Résurrection. »

Ce verset révèle le fondement profond de la croyance largement répandue et transformatrice du rejet de toute forme de gouvernance injuste et de l’opposition à toute coercition et oppression. Du point de vue d’un musulman chiite, le règne de quiconque est dépourvu d’autorité divine – quiconque n’est pas porteur de l’alliance de Dieu – est illégitime. Un tel individu est inapte à diriger, à servir comme Imam ou à gouverner. Par conséquent, les chiites ne se soumettent qu’au gouvernement de l’Imam infaillible. Durant la période d’Occultation de l’Imam, cette allégeance s’étend au représentant divinement désigné de l’Imam infaillible. En conséquence, même en l’absence de l’Imam, un croyant ne doit pas compromettre ses principes en se soumettant à un dirigeant ou un gouvernement arbitraire. La véritable allégeance n’appartient qu’à un gouvernement lié à l’Imam infaillible, reflétant la gouvernance divine de Dieu.

Ce principe fondamental de la foi représente la philosophie politique la plus progressiste, humaine et sublime de l’histoire de l’humanité. Il déclare que l’humanité possède une valeur, une dignité et une importance telles qu’elle ne peut et ne doit tolérer aucun gouvernement ou autorité, excepté la gouvernance divinement ordonnée par Dieu.

 

Note:

1- Uṣūl al-Kāfī, Kitāb al-Ḥujja, Bāb Nādir Jāmi‘ fī Faḍl al-Imām…

 

Partie de l’essai de Feu Allamah Muhammad-Reza Hakimi, L’attente de l’Imam al-Mahdi : Résistance, et non pas Soumission

Version Anglaise

www.shafaqna.com

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