Le Fondement Doctrinal de la Résistance (Partie 1)

SHAFAQNA– L’attente de l’Imam al-Mahdi : Résistance, et non pas Soumission – Un essai du regretté Allamah Muhammad-Reza Hakimi.

L’espérance du retour de l’Imam al-Mahdi, le sauveur promis, est un élément central de l’Islam chiite.  Bien que le concept d’une figure messianique résonne à travers les religions abrahamiques, et trouve des fondements traditionnels et rationnels au sein du patrimoine commun à toutes les écoles musulmanes, la compréhension chiite de cette attente est unique. Qu’est-ce qui distingue la perspective chiite ? Comment l’identité chiite façonne-t-elle la manière dont les croyants attendent le retour de l’Imam ? Dans son ouvrage Le Soleil de l’Occident, l’éminent érudit Muhammad-Reza Hakimi soutient que cette attente n’est pas une résignation passive, mais plutôt un appel à la résistance active. L’extrait suivant, traduit par Shafaqna, éclaire la vision d’Hakimi sur le lien intrinsèque entre l’attente du Mahdī et l’impératif de résister à l’injustice.

Le Fondement Doctrinal de la Résistance

L’objectif ultime de l’envoi des prophètes et de la révélation des Écritures divines est l’établissement de la justice (qist) parmi l’humanité.  Instaurer la justice au sein de la société humaine est la source de tout bien et de toute vertu. Sans justice, aucun bien ni aucune vertu ne peuvent exister, et même s’ils sont présents, ils ne peuvent perdurer.

La véritable justice dicte que la gouvernance appartient à Dieu seul, et non à l’humanité. Les êtres humains ne sont ni capables ni autorisés à régner sur leurs semblables, et ils ne devraient pas se soumettre à une domination humaine. Ali (que la paix soit sur lui) n’a-t-il pas déclaré :

ولا تكن عبد غيرك وقد جعلك الله حرا[1].

« Ne soyez esclave de personne, car Dieu t’a créé libre. »

L’Imam al-Ḥussein (que la paix soit sur lui) n’a-t-il pas proclamé :

هيهات منا الذله.

« L’humiliation est loin de nous ! »

L’Imam as-Sâdiq (que la paix soit sur lui) a enseigné :

خمس خصال، من لم تکن فیه، لم یکن فیه کثیر مستمتع: الدین، والعقل، والادب، والحریه، وحسن الخلق. [2]

« Cinq qualités sont essentielles ; quiconque en est dépourvu offre peu de valeur à la société : la foi, l’intellect, le savoir-vivre, la liberté et la noblesse de caractère. »

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Dans cet enseignement profond, l’Imam as-Sâdiq (que la paix soit sur lui) lie fondamentalement la valeur d’un individu et sa contribution sociale à sa liberté. Ceci éclaire la vision élevée de l’humanité au sein de la sublime philosophie du chiisme.

En effet, la gouvernance appartient à Dieu.  De même qu’Il est le véritable propriétaire de toute chose :

ولله ما فی السماوات وما فی الارض[3]

« À Dieu appartient tout ce qui est dans les cieux et tout ce qui est sur la terre ».

Il est aussi le souverain suprême :

ان الحکم الا لله.[4]

« Le jugement n’appartient qu’à Dieu ».

Parce que Dieu, l’Exalté, transcende le monde physique, est au-delà de toute ressemblance avec la création et demeure inaccessible à une interaction directe, tout en étant suprêmement élevé, éternel, subtil et glorieux, Il envoie aux hommes un être humain parfait et digne en tant que prophète. Ce prophète est chargé de diffuser Sa religion et d’établir Sa gouvernance sur terre. Dieu révèle Ses décrets au prophète par révélation divine, lui donnant le pouvoir d’établir une société divinement ordonnée et d’appliquer le règne de Dieu conformément à ces décrets.  Ainsi, en tant que représentant et successeur (khalīfa) désigné par Dieu, le prophète gouverne la communauté musulmane. Après le prophète, c’est l’Imam qui assume ce rôle de gouvernance.

Par conséquent, les prophètes purs et les Imams infaillibles gouvernent la société humaine en tant que représentants de Dieu, appliquant Ses décrets.  Cela signifie que la gouvernance du prophète et de l’Imam est, par essence, la gouvernance de Dieu.

Tout au long de l’histoire, nous avons été témoins de l’apparition récurrente de tyrans et d’oppresseurs qui infligent le fléau de l’injustice à l’humanité, dégradant la dignité humaine et réprimant la religion de Dieu – la seule véritable barrière à leurs transgressions. Ils martyrisent les prophètes et réduisent au silence les Imams. En raison de cette lutte perpétuelle, la résistance contre une telle tyrannie demeure un devoir primordial, une entreprise sacrée, une obligation religieuse fondamentale et un impératif divin.

 

Notes:

1- Nahj al-balāgha, lettre 31 (Le testament de l’Imam Ali à l’Imam al-Hassan, que la paix soit sur lui).

2- Al-Khiṣāl de Cheikh al-Saduq, p. 142 (ancienne édition).

3- sourate Al Imran (3), verset 109, etc.

4- sourate Al-An’am (6), verset 57, etc.

 

Partie de l’essai de Feu Allamah Muhammad-Reza Hakimi, L’attente de l’Imam al-Mahdi : Résistance, et non pas Soumission

Version Anglaise

www.shafaqna.com

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