Le droit de l’esclave: Commentaire sur «L’Épître sur Les Droits» de l’Imam Sajjad (AS) (Partie 20)

 SHAFAQNA- Le droit de l’esclave : commentaire sur «L’Épître sur Les Droits» de l’Imam Sajjad (AS) par Mohammad Sobhâni.  

بِسْمِ اللَّهِ الرَّحْمنِ الرَّحِيمِ
وَأمَّا حَقُّ رَعِيَّتِكَ بمِلْكِ اليَمِينِ فَأَنْ تَعْلَمَ أنَهُ خَلْقُ رَبكَ، وَلَحْمُــــكَ وَدَمُــــكَ وَأَنَّـــــــــــكَ تَمْلِكُهُ لا أنْتَ صَنَعْتَهُ دُونَ اللَّهِ وَلا خَلَقْتَ لَهُ سَمْعًـــــا وَلا بَصَرًا وَلا أَجْرَيتَ لَهُ رِزْقًا وَلَكِنَّ اللَّهَ كَفَاكَ ذَلِكَ، ثُمَّ سَخَّرَهُ لَكَ وَائْتَمَنَكَ عَلَيْهِ وَاسْتَوْدَعَكَ إيَّـــــاهُ لِتَحْفَظَهُ فِيهِ وتَسِيرَ فِيهِ بسِيرَتِهِ فَتُطْعِمَهُ مِمَّا تَأْكُلُ وَتُلْبسَهُ مِمَّا تَلْبَسُ وَلا تُكَلِّفَهُ مَـــــــــا لا يُطِيقُ، فَإنْ كَرِهْتَ[هُ] خَرَجْتَ إلَى اللَّهِ مِنْهُ وَاسْتَبْدَلْتَ بهِ وَلَـمْ تُعَذِّبْ خَلْقَ اللَّهِ وَلا قُوَّةَ إلا باللهِ

Le droit de l’esclave sur son maître

Le droit de ton esclave sur toi est de savoir qu’il est une créature de ton Seigneur, qu’il est créé de la même chair et du même sang que toi et qu’il est en ta possession, non pas que c’est toi qui l’as créé. Tu ne lui as pas donné la capacité de voir ou d’entendre, et tu ne lui as pas donné sa subsistance ; Dieu s’occupe de tout cela.

Dieu t’a placé comme administrateur et puis Il te l’a soumis et te l’a confié, et tu es responsable de sa sécurité et de son bien-être. Alors, traite-le comme Dieu te traite ; nourris-le de ce que tu te nourris, habille-le comme tu t’habilles et ne le charge pas de ce qu’il ne peut supporter. S’il t’advient de ne plus l’aimer, tu t’en délaisseras auprès de Dieu et tu le changeras sans porter atteinte à une créature de Dieu et il n’y a de puissance qu’en Dieu.

Nous avons déjà évoqué les droits qu’un maître détient sur son esclave. Ces droits ne sont pas unilatéraux. Un esclave possède également certains droits sur son maître. L’Imam Seyyed As-Sâjidine (AS) a élucidé ces droits mutuels, qui reposent sur cinq principes fondamentaux :

– (أنَّهُ خَلْقُ رَبكَ)

L’esclave et le maître ont le même Seigneur.

– (وَلَحْمُــــكَ وَدَمُــــكَ) Ils sont égaux dans la création ; ils ont le même type de chair et de sang.

– (وَأَنَّـــــــــــكَ تَمْلِكُهُ لا أنْتَ صَنَعْتَهُ) La relation entre un maître et un esclave repose sur un contrat qui peut être modifié à tout moment. Par exemple, un maître ne peut revendiquer la propriété de son esclave s’il le libère ou l’échange par un autre esclave. Au contraire, la propriété de Dieu repose sur le fait qu’Il a créé toutes choses, et cette propriété reste inchangée.

– (وَلا خَلَقْتَ لَهُ سَمْعًـــــا وَلا بَصَرًا وَلا أَجْرَيتَ لَهُ رِزْقًا) Le maître ne fournit pas à l’esclave la force physique, la puissance intellectuelle ou la subsistance.

– (وَلَكِنَّ اللَّهَ كَفَاكَ ذَلِكَ) Allah – Gloire à Lui – pourvoit à tous les besoins de l’esclave ; ainsi, les individus asservis ne doivent aucun besoin à leurs maîtres.

À lire aussi: Le droit du maître : Commentaire sur «L’Épître sur Les Droits» de l’Imam Sajjad (AS) (Partie 19)

Cependant, Dieu a désigné le maître comme administrateur et lui a confié la responsabilité de prendre soin de ses esclaves. Il est donc du devoir du maître d’assurer la sécurité et le bien-être de ses esclaves. Pour remplir cette responsabilité, le maître doit effectuer les actions suivantes à l’égard de ses esclaves :

–       (وتَسِيرَ فِيهِ بسِيرَتِهِ) Traiter-les avec le même respect et la même gentillesse qu’il voudrait recevoir de Dieu.

–       (فَتُطْعِمَهُ مِمَّا تَأْكُلُ) Donner-lui la même nourriture que sa nourriture.

–       (وَتُلْبسَهُ مِمَّا تَلْبَسُ) Habiller-le avec des vêtements de la même qualité que ceux qu’il porte.

–       (وَلا تُكَلِّفَهُ مَـــــــــا لا يُطِيقُ) Ne pas le charger de tâches qu’il ne peut pas supporter.

–       (فَإنْ كَرِهْتَ[هُ] خَرَجْتَ إلَى اللَّهِ مِنْهُ وَاسْتَبْدَلْتَ بهِ وَلَـمْ تُعَذِّبْ خَلْقَ اللَّهِ) Si le maître n’aime plus son esclave, alors il vaut mieux le laisser partir et trouver un remplaçant et ne pas tourmenter la créature de Dieu.

Le traitement des esclaves, conformément à ces clauses, a conduit certains à rester chez leurs maîtres malgré leur liberté. Ceci est illustré dans l’histoire suivante :

Zayd ibn Hârithah a été fait prisonnier lors d’une guerre qui a eu lieu avant l’émergence de l’Islam. Hakim ibn Hizâm l’a acheté puis l’a donné à sa tante, Khadijah (SA). Cette noble dame a également donné Zayd au Prophète (P). Finalement, le père de Zayd a découvert où il se trouvait. Il a demandé au Prophète (P) de libérer Zayd, et le Prophète (P) a permis à Zayd de choisir s’il voulait rester chez lui ou retourner auprès de son père. Zayd a décidé de rester auprès du Prophète (P) plutôt que d’opter pour la liberté.

Nous terminons cette section par un hadith du Prophète (P) qui a dit :

إخوانُكم جَعَلَهُمُ الله فتنةً تحتَ أيديكُم، فَمَن كانَ أخوه تحتَ يَديهِ، فَليُطعِمهُ مِن طَعامِهِ، وَليكسه مِن لِباسِهِ

Ils (vos serviteurs) sont vos frères dans la foi. Celui qui a son frère sous son autorité, doit le nourrir de sa propre nourriture et le vêtir de ses propres vêtements.

 

Cet atricle est écrit par Dr. Mohammad Sobhani pour Shafaqna Anglais et traduit par Shafaqna Français.

Version Anglaise

www.shafaqna.com

 

 

 

 

 

 

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