Le verset de Wilâya

SHAFAQNA – Le verset de Wilâya est un verset du Coran dont la majorité des interprètes s’accordent à dire qu’il a été révélé à propos de l’Imam Ali (AS) : « Vous n’avez d’autres alliés qu’Allah, Son messager, et les croyants (les fidèles) qui accomplissent la Salât, s’acquittent de la Zakât, et s’inclinent (devant Allah). Et quiconque prend pour alliés Allah, Son messager et les croyants, [réussira] car c’est le parti d’Allah qui sera victorieux. » (Al- Maidah : 55- 56)

L’Imam Ali (AS), Ibn Abbas, Ammar, Jabir, Abu Rafi’, Anas ibn Malik et Abdullah ibn Salam racontent la même histoire à propos du contexte du verset 55 de la sourate Al- Maidah (Hindi, Hadith N° 6137 ; Al-Fakhr al- Razi 12/26 et Nishapuri, Tafsir, 6/154) : À savoir qu’une fois, un mendiant vint à la mosquée et demanda de l’aide aux gens, mais personne ne lui rien donna. C’est à ce moment que l’Imam Ali (AS), qui s’inclinait en prière, fit signe au mendiant d’enlever l’anneau de son doigt. L’homme prit l’anneau et est parti. Lorsque le Prophète (P) en entendit parler, il demanda à Dieu : « Nomme pour moi un assistant, de ma famille, tout comme tu l’as fait pour Moïse ! » Gabriel est venu révéler le verset ci-dessus (Al- Maidah : 55) au Prophète (P) en réponse à sa demande. Le célèbre poète de l’époque du Prophète (P), Hassan ibn Thabit, a composé les lignes suivantes à la louange de l’Imam Ali (AS) : « Qui a donné son anneau en charité en s’inclinant / et dont l’âme est pleine de secrets ? Qui a dormi dans le lit de Muhammad (P) alors qu’il voyageait de nuit le “Jour de la grotte” ? Qui a été nommé fidèle dans neuf versets fréquemment récités ? » (Ibn al-Jawzi, 18)

Le mot “Wali” dans le verset, désigne “gardien” ou “quelqu’un avec autorité” plutôt que “ami” parce que décrire l’Imam Ali (AS) comme un ami des musulmans ne le singulariserait pas pour une mention. Le Coran appelle tous les musulmans amis les uns des autres : « Les croyants et les croyantes sont alliés (Amis, Awliya’) les uns des autres. (At- Tawbah : 71)

Ainsi, la seule signification raisonnable de “Wali” dans ce contexte, serait “gardien”, “chef ” ou “autorité”. Le terme “Wali” en arabe désigne le “tuteur” comme indiqué dans le hadith du Prophète (P) : « Si une femme se marie sans le consentement de son tuteur (Wali), son mariage serait invalide. » (Ibn Hanbal, 6/66)

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C’est aussi le sens voulu par le verset, qui mentionne trois gardiens pour les musulmans : Allah (SWT), le Messager de Dieu (P) et “les fidèles”. Ce dernier terme a été précisé comme “qui accomplit la prière et donne la Zakât en s’inclinant (devant Allah). (Al- Maidah : 55)

Comme nous pouvons le voir, le troisième gardien n’est autre que l’Imam Ali (AS), qui a donné la Zakât en s’inclinant dans la prière. De plus, si le mot “Wali” signifiait “ami” ou un autre mot similaire, il serait inutile de restreindre son sens à parler d’accomplir des prières et de payer la Zakât parce que les musulmans sont tous amis les uns des autres. Comme nous pouvons le voir, le verset ci-dessus ajoute la condition de payer la Zakât en s’inclinant dans la prière à la condition de croire en Dieu et d’accomplir les prières. Ce faisant, il restreint les référents possibles du verset au point que, pour autant que l’histoire puisse le montrer, il n’y aura qu’un seul gardien qui pourrait être considéré comme le référent du verset ; L’Imam Ali (AS).

Une question répondue

On pourrait se demander pourquoi le verset dit : « “Les fidèles” (pluriel) et non “l’homme fidèle” (singulier) s’il ne fait référence qu’à Ali (AS). La réponse simple est qu’en arabe, le pluriel est parfois utilisé à la place du singulier pour rendre un hommage particulier à quelqu’un ou à quelque chose, comme lorsque Dieu dit : « Nous l’avons certes fait descendre (le Coran) dans La nuit d’al-Qadr. » (Al- Qadr : 1)

Zamakhshari soutient dans son Kashshaf qu’ici le pluriel est utilisé afin d’encourager les gens à agir de la même manière, c’est-à-dire à connaître la valeur de telles bonnes actions et être assez généreux pour payer la Zakât aux pauvres avant même que leurs prières ne soient terminées. (1/468)

Ce texte est traduit par shafaqna Français

Source : Sobhani Ayatollah Ja’far, Islam chiite : Histoire et doctrines, Chapitre 4

Version Anglaise

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