Le Chiisme répond: Quel est le sens de la pratique d’al-Tawassol auprès d’Ahl al-Bayt (AS) et pourquoi les chiites y croient-ils ?

 SHAFAQNA – Avoir recours à l’intercession de quelqu’un auprès de Dieu (Tawassol) signifie l’appel à la médiation des Prophètes, des Imams et des Justes devant Dieu, afin de s’approcher du Créateur (Taqarrub) et de d’avoir la réponse de ses supplications. Dans sa façon correcte et légitime, Tawassol n’implique pas de polythéisme et s’inscrit complètement dans le cadre de la reconnaissance de l’unicité de Dieu. Loin d’être uniquement une croyance chiite, cette pratique fait partie intégrante des enseignements islamiques, mais puisque les chiites croient que les Prophètes, les Imams et les Saints ne périssent pas avec la mort, et qu’ils nous entendent toujours et qu’ils ont la permission et le pouvoir d’intervenir, ils ont recours à eux même après leur mort. Par conséquent, cet exercice est plus courant chez les chiites ; mais il existe aussi chez tous les groupes islamiques.

Tawassol ,chiites, Islam

 

L’un des éléments essentiels de l’Islam et l’un des piliers du monothéisme et de l’uncité de Dieu, sur lequel chiites et sunnites s’accordent, est cette réalité que la gestion du monde entier est uniquement entre les mains de Dieu et des questions telles que créer, fournir de la nourriture, faire vivre, mourir, placer la nuit et le jour, les ténèbres et la lumière, faire tomber la pluie, etc. sont sous le contrôle de Dieu, et ce dernier n’a aucun partenaire dans la création et le contrôle du monde. Néanmoins, quand bien même Dieu n’aurait pas besoin de moyens et des intermédiaires, Il a décrété que les affaires se règlent par des moyens: “Dieu évite de faire quoi que ce soit sans ses moyens”1. Sur cette base, notre Créateur fait certaines choses telles que la prise de l’âme (la mort), la révélation, la tombée de la pluie, etc. par des moyens. Ces moyens sont dans le cadre de la providence et de la volonté de Dieu et ne doivent pas être considérés comme du shirk (polythéisme).

L’un de ces moyens est la pratique de Tawassol auprès des Saints et de saisir leur pouvoir d’intervenir. Elle se présente sous plusieurs formes, certaines monothéistes (légitimes) et d’autres polythéistes (illégitimes). Le Tawassol monothéiste consiste soit à faire appel à l’intercession des Saints s pour que Dieu exauce nos prières, soit à avoir recours à eux-mêmes afin qu’avec la permission de Dieu, ils utilisent leur pouvoir et répondent à nos supplications.

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Chercher de l’aide auprès d’un autre que Dieu Tout-Puissant et demander la médiation des Prophètes, des Imams et des Saints d’une manière correcte et légitime, n’implique pas le polythéisme, parce que dans un Tawassol légitime, nous ne voyons pas le pouvoir de ces intermédiaires, pour répondre à nos prières, indépendant de la permission et de la volonté divines, tout comme la tombée de la pluie qui n’est pas indépendante de la volonté et de la permission de Dieu. En effet, les Saints, de par leur piété et leur sainteté, ont atteint le statut de médiateurs entre notre Créateur et nous et sont les intermédiaires de la Grâce divine sur la Terre et Dieu gère le monde à travers eux. La croyance en Tawassol monothéiste est acceptée par les chiites et les sunnites et elle est soulignée dans les textes religieux. Voyons ces exemples:

  1. On peut lire dans le Saint Coran: “Ô les croyants! Craignez Dieu, cherchez le moyen de vous rapprocher de Lui et luttez pour Sa cause. Peut-être serez-vous de ceux qui réussissent!”2 L’être précieux auquel nous faisons appel pour le Tawassol est parfois nos actions justes qui nous rapprochent du Seigneur du monde, et parfois, c’est une personne digne qui jouit d’une position et d’un respect particuliers auprès de Dieu. À noter également que la pratique de Tawassol peut se faire en faisant appel aux personnes vivantes au même titre qu’à ceux qui sont partis au l’au-delà.
  2. Les frères de Youssouf (AS) ont fait appel à leur père Ya’qub (AS) : “Ils dirent: Ô notre père, implore pour nous la rémission de nos péchés. Nous étions vraiment fautifs” et leur père dit en réponse: “[…] J’imprimerai pour vous le pardon de mon Seigneur. Car c’est Lui le Pardonneur, le Très Miséricordieux”3. Comme nous pouvons le constater, Ya’qub (AS) n’a pas rejeté la demande de ses enfants et ne leur a pas reproché de ne pas aller directement vers Dieu pour lui demander pardon, en revanche, il a approuvé leur Tawassol et leur a promis qu’il invoquerait la Grâce divine pour eux.
  3. Nous pouvons lire dans un hadith qu’un aveugle est venu voir le Prophète (P) et lui a supplié de demander à Dieu sa guérison. Le Prophète (P) lui a enseigné une prière pour faire le Tawassol auprès de lui et demander à Dieu de le guérir, et Dieu lui a accordé la guérison4. Il existe également des récits selon lesquels les gens invoqueaient le Prophète pour prier auprès Dieu pour la pluie, et que le Prophète acceptait leurs demandes.5
  4. Il existe également de nombreux hadiths affirmant que les Imams (AS) faisaient le Tawassol auprès du Prophète (P), de Hazrat Ali (AS) et de Hazrat Zahra (SA)6. Il existe de nombreux hadiths de ce type dans les sources chiites et sunnites, et il n’est pas possible de les mentionner tous ici.

Avoir recours à l’intercession de quelqu’un auprès de Dieu (Tawassol) signifie l’appel à la médiation des Prophètes, des Imams et des Justes devant Dieu, afin de s’approcher du Créateur (Taqarrub) et de d’avoir la réponse de ses supplications. Dans sa façon correcte et légitime, Tawassol n’implique pas de polythéisme et s’inscrit complètement dans le cadre de la reconnaissance de l’unicité de Dieu. Loin d’être uniquement une croyance chiite, cette pratique fait partie intégrante des enseignements islamiques, mais puisque les chiites croient que les Prophètes, les Imams et les Saints ne périssent pas avec la mort, et qu’ils nous entendent toujours et qu’ils ont la permission et le pouvoir d’intervenir, ils ont recours à eux même après leur mort. Par conséquent, cet exercice est plus courant chez les chiites ; mais il existe aussi chez tous les groupes islamiques.

 

Notes:

  1. Mohammad ibn Ya’qub Kolayni, Al-Kafi, Téhéran, Dar al-Ketab al-Islamia, 1986, v.1, p.183.
  2. 5:35.
  3. 12:97-98.
  4. Al-Tirmidhi, Muhammad ibn Issa, al-Jāmi, Le Caire, Dar al-Hadith, 1999, v.5, p.388.
  5. Al-Boukhari, Muhammad, Al-Jâmi’us-Sahih, Beyrouth, Dar ibn Kathir, 2003, v.1, pp.344-346.
  6. Imam Sajjad, Sahîfa Sajjâdiya, Qom, Institut Imam Mahdi, 1991, p.168.

 

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