SHAFAQNA – Le président américain a écrit sur Twitter que Nigel Farage, chantre du Brexit et président démissionnaire de l’UKIP, ferait un excellent ambassadeur aux Etats-Unis. Le gouvernement de Theresa May n’a pas apprécié.
Il va falloir s’y habituer : Donald Trump tweete plus vite que son ombre. Et souvent sans prendre de pincettes, au risque de provoquer des polémiques.
Depuis sa victoire surprise, l’homme d’affaires n’a pas rompu avec ses habitudes de campagne. Ainsi, il a envoyé plus d’une quarantaine de messages à ses 15,7 millions de followers sur le réseau social à l’oiseau bleu. L’objectif : court-circuiter les médias, qu’il accuse régulièrement de déformer la réalité.
Mais cette façon de communiquer n’est pas sans risque. Le milliardaire l’a appris à ses dépens en provoquant la colère de son allié britannique. La raison ? Dans un message publié cette nuit, le nouveau président américain a écrit que “beaucoup de personnes aimeraient voir Nigel Farage – leader charismatique et démissionnaire de l’UKIP, le parti britannique europhobe et anti-immigration – “représenter la Grande-Bretagne comme ambassadeur aux Etats-Unis. Il ferait un excellent travail !”.
“A Downing Street et dans les cercles diplomatiques, c’est la consternation”, analyse Jon Sopel , rédacteur en chef de la BBC aux Etats-Unis. Selon lui, cette intervention de Trump “affaiblit” Kim Darroch alors que ce dernier tente de nouer des contacts étroits avec la nouvelle administration américaine.
Farage, soutien de Trump
La déclaration de Donald Trump est inhabituelle. L’usage diplomatique veut en effet que le locataire de la Maison Blanche ne se mêle pas du choix des ambassadeurs nommés à Washington par les puissances étrangères. Mais le magnat de l’immobilier a prouvé depuis son élection qu’il n’a pas l’intention de se plier au protocole….
Nigel Farage a apporté son soutien à Donald Trump pendant la campagne présidentielle. Il a même participé à un meeting du candidat républicain en août. “Il y a des millions d’Américains ordinaires, qui se sont sentis abandonnés, qui ont traversé des épreuves difficiles. Qui ont l’impression que la classe politique à Washington est déconnectée”, affirmait l’ancien trader de 52 ans devant 10 000 personnes. “Donc vous avez une formidable occasion avec cette campagne. Vous pouvez y aller et battre les sondeurs, vous pouvez battre les commentateurs, et vous pouvez battre Washington”. Quelques mois plus tard, son voeu était exaucé.
Récompense de sa fidélité ? Il fut l’une des premières personnalités étrangères reçues par Donald Trump après son élection. La photo des deux hommes, hilares, dans un ascenseur en or de la Trump Tower, a fait immédiatement le tour du monde.
