SHAFAQNA- Le 28 juillet, a eu lieu la cérémonie officielle d’ouverture du « Coran Zafarani », le Coran traduit en persan, présenté comme étant le plus ancien exemplaire complet daté du Coran.
Cet événement scientifique a rassemblé des spécialistes éminents de la langue, de l’histoire et des études coraniques, soulignant l’importance de ce manuscrit pour la compréhension des premières traductions du Coran, de l’évolution de la langue persane et de la connexion profonde entre la culture iranienne et le Livre sacré de l’Islam depuis plus de mille ans. Les échanges ont aussi contribué à rectifier plusieurs idées fausses sur l’histoire des traductions persanes, ainsi que sur le rôle des copistes et des exégètes dans la transmission du texte coranique.
Témoin des premières traductions persanes
Le spécialiste en sciences religieuses, Seyed Mohammad Emadi Haeri, a souligné que la première traduction complète du Coran en persan a eu lieu à la seconde moitié du IVème siècle de l’Hégire, dans le cadre de la traduction du célèbre Tafsîr al-Tabari. Il affirme que cette traduction, effectuée avec l’accord des savants de Transoxiane et le soutien des souverains Samanides, est devenue la première traduction de référence pour les locuteurs persanophones.
Il a précisé lors de cette occasion que le Coran Zafarani n’est pas une nouvelle traduction indépendante. En réalité, il est extrait du commentaire coranique d’Abou Bakr Atiq Neyshabouri, plus connu sous le nom de Sourabadi. Zafarani aurait donc assumé le rôle d’un copiste reproduisant ce texte sous la forme d’un Coran complet, plutôt que celui d’un traducteur.
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Patrimoine linguistique d’une valeur inestimable
Selon le linguiste Ali Ashraf Sadeghi, membre de l’Académie de la langue et de la littérature persanes, le manuscrit renferme un témoignage exceptionnel de la richesse linguistique des dialectes persans aujourd’hui disparus. En analysant le lexique du Coran Zafarani, les spécialistes ont remarqué que le texte présente de nombreuses caractéristiques propres au Khorassan et à Neyshabour, ce qui laisse penser que le copiste était en relation étroite avec cette région, même s’il a aussi exercé son activité à Rey.
Les variations observées entre les différentes traductions anciennes ne sont pas le fruit d’erreurs, mais d’une volonté d’adapter le texte au langage des populations locales. Parfois, les copistes modifiaient certains mots pour que les lecteurs de chaque région puissent mieux saisir le message coranique.
Coran et la langue persane
Ahmad Masjedjamei, l’ancien ministre iranien de la Culture a examiné le Coran Zafarani d’un point de vue plus large. Il soutient que l’émergence des grandes traductions persanes du Coran au IVème siècle de l’Hégire n’est pas un phénomène isolé. Il a souligné que, pendant plusieurs siècles, la transmission du Coran se faisait principalement en arabe, avant l’avènement d’une véritable dynamique de traduction. Cette évolution a permis à la population de mieux comprendre le texte sacré, tout en contribuant à l’enrichissement de la langue persane.
Les spécialistes présents ont enfin rappelé que le persan est actuellement l’une des langues où le Coran a été le plus largement traduit. Le patrimoine exceptionnel des traductions anciennes et contemporaines continue de nourrir les recherches historiques, linguistiques et théologiques.

Source: Iqna
