SHAFAQNA- Les destructions visibles causées par la guerre comprennent des maisons en ruine, des écoles fermées et des infrastructures anéanties.
D’après Palestine Online, cependant, certaines pertes sont moins évidentes mais tout aussi significatives, en particulier celles qui touchent le patrimoine culturel et spirituel. Pendant les combats à Gaza, un homme de 71 ans, Jamil Meqdad, a décidé de résister à sa manière. Ancien relieur et imprimeur, il se consacre maintenant à restaurer des exemplaires endommagés du Coran.
Vie consacrée à la préservation des livres sacrés
Jamil Meqdad est né et a grandi dans le camp de réfugiés d’Al-Shati, à l’ouest de la ville de Gaza. Il exerce depuis plus de quarante-cinq ans le métier de relieur de livres avant le conflit, en assurant les revenus de sa famille. Néanmoins, la guerre a complètement ruiné son entreprise, réduisant à néant le travail de toute une vie. Après son retour d’un déplacement forcé, il a réalisé que son imprimerie avait été entièrement détruite.
Pour faire face à cette situation, il a acheté une machine d’occasion pour que ses fils puissent reprendre progressivement leur activité. De plus, étant donné son âge et sa santé, il ne pouvait plus travailler de longues heures dans une imprimerie. Il a donc opté pour retourner à son ancien métier de relieur, mais avec une mission spéciale, réparer les exemplaires du Coran endommagés par les bombardements ou l’usure du temps.
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Son travail est devenu indispensable en raison des frontières fermées qui empêchent l’arrivée de nouveaux exemplaires du Coran dans la bande de Gaza. Il est devenu indispensable de préserver les livres existants.
Acte de foi et un symbole de résistance
Jamil Meqdad affirme que cette activité ne lui rapporte rien. Il affirme avoir commencé cette mission uniquement pour satisfaire Dieu, sans demander de rémunération. Au fil du temps, les habitants de son quartier, ainsi que les mosquées de Gaza, lui ont confié leurs Corans endommagés. Son atelier modeste s’est transformé en un véritable lieu de restauration où des centaines d’ouvrages attendent d’être réparés.
Même avec un handicap de naissance à la jambe droite, qui le contraint à porter une prothèse, il continue à travailler avec patience et détermination. Cependant, son état physique restreint ses journées à environ cinq heures de travail, alors que près de deux cents exemplaires attendent encore leur restauration.
Jamil Meqdad illustre que la résistance ne se manifeste pas uniquement sur les champs de bataille. Elle peut également se manifester par un geste patient, silencieux et minutieux. En racontant des histoires sacrées chaque page, il redonne non seulement une nouvelle vie aux exemplaires du Coran, mais aussi de l’espoir à une population confrontée aux épreuves de la guerre.
Source: Iqna
