SHAFAQNA- Lorsque l’enfant développe un sentiment de dignité et de confiance en lui, il apprend à faire confiance à son environnement. Et dès lors que cette confiance s’installe, la nature originelle (fitra) prend le dessus, reléguant les instincts primaires au second plan. Si, durant les sept premières années, cette nature originelle bénéficie d’un cadre propice pour s’épanouir, l’enfant, au cours des sept années suivantes, agira avec prudence et curiosité, posant des questions avant d’entreprendre quoi que ce soit, en raison de la confiance qu’il accorde à son entourage.
Feu l’Ayatollah Haeri Shirazi a répondu dans un échange de questions-réponses sur le thème « la place de l’enfant au sein de la famille durant ses sept premières années », que nous présentons à vous, érudits.
Question :
Que signifient les traditions selon lesquelles l’enfant est « maître et souverain » jusqu’à l’âge de sept ans ?
Réponse :
À sa naissance, l’enfant découvre un monde entièrement nouveau. Il ne distingue ni l’ami de l’ennemi et perçoit autour de lui des personnes qui semblent tout posséder, alors que lui-même ne détient rien. Dans cet état de vulnérabilité, il peut facilement devenir méfiant, apeuré ou angoissé face aux situations les plus simples.
L’enfant peut même imaginer que les autres cherchent à exercer une forme de domination sur lui. Il appartient donc aux adultes de lui faire comprendre qu’ils sont ses alliés et ses bienfaiteurs. Les ordres et interdictions que l’on adresse à des enfants plus âgés ne doivent pas être appliqués de la même manière à un enfant en bas âge ; et même lorsqu’ils sont nécessaires, ils doivent être formulés avec délicatesse pour ne pas heurter sa sensibilité.
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L’attention portée à la nature originelle et à la nature instinctive
À cet âge, l’enfant est traversé par deux dimensions :
sa nature originelle (fitra),
sa nature instinctive.
La nature instinctive fonctionne sur le mode de la réaction et de l’intérêt. Dès que l’enfant perçoit une menace ou un climat d’insécurité, cette dimension prend le dessus pour se défendre, reléguant la nature originelle à l’arrière-plan.
Lorsque cette dimension instinctive domine, elle peut conduire à des comportements d’opposition, voire d’injustice. Elle correspond à ce que les traditions désignent comme l’ignorance humaine, ouvrant la voie à de multiples traits négatifs.
Dans une telle situation, l’enfant peut adopter des comportements excessifs ou se replier sur lui-même. Sa nature originelle, quant à elle, n’est pas portée vers l’exigence ou le caprice ; elle est empreinte de noblesse. Mais si l’enfant se sent ignoré ou incompris, il peut se fermer et se détourner.
Si les parents sont invités à considérer leur enfant comme un « souverain » durant ses sept premières années — selon la tradition « l’enfant est un maître pendant sept ans » — c’est précisément pour préserver l’équilibre de sa nature originelle.
En effet, si l’enfant se replie ou se braque, la nature instinctive prend le dessus. En revanche, lorsqu’il est traité avec respect, valorisé et entouré d’affection, sa confiance se renforce.
Conclusion
Lorsque l’enfant ressent dignité et considération, il développe une véritable confiance. Et cette confiance permet à sa nature originelle de s’exprimer pleinement, tandis que les instincts s’effacent.
Si, durant les sept premières années, cette nature profonde trouve un cadre favorable pour s’épanouir, alors, au cours des sept années suivantes, l’enfant — fort de la confiance qu’il accorde à son environnement — n’agira pas de manière impulsive, mais adoptera une attitude réfléchie, guidée par le questionnement et la recherche de compréhension.
Source: Hawzah
