SHAFAQNA- Hong Kong, un point de rencontre historique entre l’Orient et l’Occident, mêle héritage chinois et preuves concrètes de la présence coloniale britannique.
La communauté musulmane occupe une place ancienne mais longtemps marginalisée dans cette région densément peuplée, où les cultures se mêlent. Elle est issue de migrations successives en provenance d’Asie du Sud, du Sud-Est et de Chine continentale, mais elle continue de faire face à un environnement urbain saturé, à une offre religieuse insuffisante et aux défis persistants liés à l’éducation et à l’intégration sociale. Malgré ces difficultés, la communauté musulmane se renforce, grâce à la construction de lieux de culte, l’ouverture de restaurants halal et des initiatives pédagogiques visant à améliorer la compréhension de l’Islam au sein de la société hongkongaise.
Histoire ancienne et présence musulmane
Au premier siècle de l’hégire, l’arrivée de l’Islam à Hong Kong a commencé avec l’arrivée de commerçants arabes sur les côtes de la Chine méridionale. Comme dans d’autres ports d’Asie orientale, ces premiers contacts ont entraîné une installation progressive de musulmans originaires d’Inde orientale et de la région malaise. Néanmoins, cette présence demeure limitée jusqu’à l’époque moderne, lorsque Hong Kong, un modeste village de pêcheurs, devient un enjeu géopolitique crucial. Après la première guerre de l’opium (1839-1842), la Grande-Bretagne s’empare de Hong Kong pour la transformer en une colonie stratégique, malgré les restrictions chinoises sur la culture et le commerce de l’opium.
L’arrivée de la Compagnie des Indes orientales provoque ensuite le déplacement de travailleurs et de soldats musulmans, ce qui témoigne d’un renouveau de la présence islamique sur l’île. En 1871, lors du premier recensement officiel, 151 musulmans ont été enregistrés, et en 1911, ils étaient déjà 1 779. C’est un chiffre modeste mais qui témoigne d’une implantation durable.
Le XXème siècle connaît une croissance notable. Après la Seconde Guerre mondiale, des musulmans venus d’Inde, du Pakistan, d’Indonésie et de Chine méridionale s’installent dans la colonie britannique en pleine expansion économique. À partir de 1946, de nombreux musulmans chinois ont également fui les troubles politiques du continent et ont trouvé refuge à Hong Kong avant la fermeture des frontières en 1950.
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Infrastructures religieuses, pratiques quotidiennes et obstacles à l’intégration
Le nombre restreint de mosquées est un problème majeur pour les musulmans de Hong Kong. La région ne compte que cinq lieux de culte officiels, ce qui est insuffisant pour répondre aux besoins d’une communauté croissante. La mosquée de Kowloon, la plus grande d’entre elles, peut accueillir environ 3500 fidèles. Elle est située au cœur d’un quartier très fréquenté et possède également un centre islamique, trois salles de prière, un établissement scolaire et une salle polyvalente pour les activités communautaires. Sous la direction du grand mufti Sheikh Muhammad Arshad, elle reste un symbole de la vitalité religieuse locale.
La mosquée Jamia, la plus ancienne, est à côté de cette mosquée moderne pour témoigner de l’histoire longue de l’Islam à Hong Kong. Elle a été construite dans les années 1840 et a été rénovée en 1915 pour rappeler le rôle des premiers groupes musulmans arrivés sous l’administration britannique. Les infrastructures restent insuffisantes malgré cette présence historique, de nombreux musulmans doivent encore prier dans des espaces temporaires, surtout lors des prières du vendredi ou des fêtes religieuses.
La méconnaissance persistante de l’Islam au sein de la société hongkongaise constitue un frein à l’intégration sociale. Néanmoins, la situation évolue. L’augmentation des reportages sur l’Islam aide à mieux comprendre le mode de vie musulman, réduisant progressivement les stéréotypes. De plus, dans le cadre de la réforme des programmes d’histoire pour le secondaire, un module sur les grandes civilisations mondiales, incluant la civilisation islamique, a été instauré. L’objectif de cette initiative est d’élargir les perspectives culturelles des élèves et de favoriser une cohabitation plus harmonieuse entre les différentes communautés.
La communauté musulmane de Hong Kong continue de progresser et s’enracine davantage malgré le manque de lieux de culte et les défis persistants dans l’éducation et l’intégration. Les institutions islamiques, les écoles et les autorités locales font de leur mieux pour rendre les musulmans de plus en plus visibles et reconnus dans la société hongkongaise grâce à leurs efforts conjoints. En raison de l’évolution des mentalités et des réformes en cours, leur intégration semble s’orienter vers un avenir plus ouvert et plus équilibré.
Source: Iqna





