Nouveau projet de loi sur la laïcité au Québec

SHAFAQNA- De nombreux professionnels de la petite enfance sont profondément préoccupés par le nouveau projet de loi 9 du gouvernement du Québec, qui renforce les règles de laïcité en interdisant les symboles religieux et les pratiques de prière dans les espaces publics.

Selon montreal.citynews, Mehwaish Raja et Gaby Kazzaz, qui dirigent le centre préscolaire et garderie Montessori Kiddy Kat à Montréal, dans l’Ouest de l’Île, critiquent une mesure qu’elles estiment inappropriée et injuste. Raja trouve la situation irréelle: « Cela ne semble pas réel, c’est comme un rêve étrange dont on ne parvient pas à se défaire ». Kazzaz partage cette opinion et pense que cette nouvelle législation porte atteinte à leur identité: « Il est injuste de nous forcer à choisir entre notre identité et notre carrière. Ce n’est pas le Québec que nous connaissons. Nos arrière-grands-parents n’ont pas immigré ici pour que l’on nous retire des droits fondamentaux ».

Depuis 11 ans, Montessori Kiddy Kat compte dix enseignantes provenant de divers milieux et religions, et accueille une trentaine d’enfants. Raja est préoccupée par les répercussions négatives de la loi sur l’éducation: « Il est important pour les enfants de se reconnaître dans leurs enseignantes. Si on leur ôte leur foi ou leur personnalité, à qui les enfants vont-ils s’identifier? Cela risque d’être très dommageable pour eux et pour leurs familles ».

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Elle maintient sa solidarité envers son équipe: « Que la loi soit approuvée ou non, nous continuerons à soutenir toutes nos enseignantes et toutes nos familles, peu importe leur foi ou leur origine ». Kazzaz met également en évidence l’importance de la diversité: « En retirant ces symboles, on limite l’exposition des enfants aux différences et, à terme, à la tolérance, car le Québec est un monde pluriel ». Elle souligne également que le hijab est pour elle une identité et un ensemble de valeurs : loyauté, compassion, attention envers autrui.

Anita Bartha, directrice d’une garderie à Outremont, met l’accent sur l’importance d’inculquer aux enfants la diversité culturelle sur le campus du Collège Dawson: « Nous exposons diverses fêtes, sans connotation religieuse, pour mettre en évidence la diversité des traditions familiales ».

Enfin, Anne-Marie Bellerose, présidente de la FIPEQ, demande un moratoire. Elle se demande pourquoi il n’y a pas d’études prouvant l’impact des symboles religieux sur les enfants, et met en garde contre les risques pour un secteur déjà confronté à une pénurie importante de personnel.

Source: Iqna

www.shafaqna.com

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