Manuscrits dissimulés dans les trésors historiques de la Tunisie

SHAFAQNA- Un patrimoine manuscrit d’une richesse exceptionnelle est préservé par les bibliothèques tunisiennes, héritées d’une longue tradition intellectuelle et religieuse.

Les universités al-Zitouna et de Kairouan, ainsi que les bibliothèques privées de Djerba et d’autres régions, abritent des milliers de manuscrits rares qui explorent les domaines du droit, de la poésie, de l’histoire et de la théologie. Néanmoins, même avec cette abondance, la recherche scientifique sur ces trésors reste limitée en raison du manque de ressources, de la dispersion des collections et du désintérêt croissant des institutions éditoriales.

Trésors préservés

La Tunisie a grandement contribué à la préservation de son héritage manuscrit grâce aux efforts pionniers de chercheurs tels que Mohamed Mahfoudh et Hassan Hosni Abdelwahab, dont les travaux ont été à l’origine de la création de la Bibliothèque nationale en 1885. Cette institution et l’ouverture du Laboratoire national de restauration des manuscrits à Raqqada ont permis la réalisation de plusieurs projets de conservation et de catalogage. Malgré ces initiatives, le rythme des recherches a diminué depuis les années 1980.

Pendant les décennies précédentes, notamment entre 1960 et 1970, la Tunisie a connu un essor scientifique majeur, des ouvrages majeurs de fiqh, d’histoire et de poésie ont été examinés et publiés, y compris I‘lam al-A‘yan d’Ahmad Barnaz, le Diwan al-Warghi ou encore Itḥaf Ahl al-Zaman d’Ibn Abi al-Dhiaf. Ces études faisaient partie de programmes étatiques organisés, comme la Collection des manuscrits précieux éditée par la maison d’édition tunisienne officielle.

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Recherches dispersées et initiatives individuelles

La dispersion des manuscrits entre différentes institutions demeure un obstacle majeur. L’université al-Zitouna, qui se spécialise dans les textes religieux, conserve de nombreuses copies qui n’ont pas encore été cataloguées. Cette fragmentation, selon Abdelwahab Dakhli, entrave une exploitation scientifique cohérente et rend difficile la mise à disposition des chercheurs. Des découvertes récentes mettent en lumière le potentiel de ce domaine. Par exemple, la découverte d’un manuscrit inédit intitulé Ma‘alim al-Iman fi Ma‘rifat Ahl al-Qayrawan du savant al-Dabbagh al-Qayrawani a conduit à reconsidérer plusieurs conclusions historiques sur la ville de Kairouan. En même temps, de jeunes chercheurs entreprennent souvent, souvent à leurs frais, des études individuelles.

La recherche privée est entravée par un manque d’incitations et de financement, ce qui freine l’investissement des éditeurs dans ce domaine et contribue à la stagnation du secteur. Cependant, les manuscrits tunisiens témoignent de la vitalité intellectuelle du Maghreb arabe. En renforçant la collaboration entre les institutions publiques et les chercheurs indépendants, on pourrait raviver un pan essentiel de la mémoire historique et culturelle du pays.

Source: Iqna

www.shafaqna.com

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