SHAFAQNA- La décision du gouvernement portugais d’interdire le port de la burka et du voile intégral dans les lieux publics a été vivement critiquée par les organisations de défense des droits humains, car ils estiment qu’elle constitue une violation des libertés fondamentales.
D’après Macaonews, le gouvernement d’extrême droite du Portugal a adopté une loi qui interdit le port de couvre-chefs pour des motifs religieux ou de genre dans les lieux publics. La burka et le voile intégral sont directement visés par cette mesure proposée par le parti Chega, qui est arrivé au pouvoir au début de l’année dans un contexte de sentiment anti-immigration. Dorénavant, la dissimulation du visage ne sera permise que dans les avions, les lieux diplomatiques et religieux.
Les femmes qui enfreignent cette règle risquent une amende de 200 à 4000 euros, tandis que toute personne obligeant quelqu’un à porter un tel vêtement risque jusqu’à trois ans de prison. Le parti Chega affirme que le voile intégral mettrait les femmes dans des situations d’exclusion et d’humiliation, et serait en contradiction avec les valeurs de liberté, d’égalité et de dignité humaine. Toutefois, de nombreux députés de gauche ont rejeté cette argumentation. Pedro Delgado Alves, du Parti socialiste, a affirmé à l’Associated Press que cette mesure vise principalement les étrangers et les personnes de religion différente, le jugeant comme une démarche discriminatoire.
À lire aussi: Préoccupations des organisations islamiques de Finlande concernant le projet d’interdiction du hijab
Amnesty International a fait part d’une grave atteinte aux droits fondamentaux. Dans un communiqué, l’organisation a souligné que la restriction générale du port de la burka ne protège pas les femmes, mais restreint la liberté de celles qui le choisissent. La loi doit encore être promulguée par le président Marcelo Rebelo de Sousa, mais il a le pouvoir de la rejeter ou de la soumettre à la Cour constitutionnelle. Si elle est mise en place, le Portugal fera partie des vingt pays européens qui ont déjà interdit la burka au nom de la laïcité ou de la cohésion sociale.
Amnesty International souligne cependant que ces lois accentuent la stigmatisation et l’exclusion des femmes musulmanes. Des groupes religieux et féminins portugais condamnent une mesure discriminatoire qui renforce les préjugés et marginalise encore plus une minorité déjà vulnérable.
Source: Iqna
