SHAFAQNA- Le Centre de la Civilisation Islamique, un projet culturel et scientifique d’envergure en Asie centrale, s’élève au cœur de Tachkent, la capitale de l’Ouzbékistan.
Ce centre a pour but de rétablir le lien entre le glorieux héritage de la civilisation islamique et son avenir dans le monde contemporain, en symbolisant le renouveau spirituel, intellectuel et artistique de l’Islam. Fondé en 2017 par le président Chavkat Mirzioïev, il incarne la volonté de montrer un aspect authentique de l’Islam, en mettant en avant la science, la tolérance et le progrès, tout en rendant hommage aux grands savants ouzbeks comme Imam al-Boukhari, al-Tirmidhi, Avicenne (Ibn Sina) ou encore al-Biruni. Ce complexe monumental, presque achevé aujourd’hui, est devenu un centre international de recherche, d’éducation et de dialogue entre les cultures.
Ambition nationale au service du patrimoine islamique
La mise en place du Centre de la Civilisation Islamique est en accord avec la stratégie culturelle et identitaire de l’Ouzbékistan moderne. Le projet a été officiellement approuvé le 23 juin 2017 et a été lancé lors de la fête de l’Aïd al-Fitr 2018, symbolisant ainsi la renaissance d’un patrimoine spirituel ancien. Son but principal est de revivifier l’héritage intellectuel et scientifique du monde musulman et de le connecter à la société moderne.
Ce centre vise à rappeler la contribution majeure de ces érudits à la philosophie, à la médecine, à l’astronomie et aux sciences religieuses de l’Ouzbékistan, qui a joué un rôle central dans la formation de la pensée islamique. L’UNESCO, l’Organisation de la Coopération Islamique et plusieurs institutions scientifiques internationales ont participé à la mise en œuvre du projet. Ce complexe de 7,5 hectares est bien plus qu’un simple monument, c’est un lieu vivant qui se consacre à la recherche, à la préservation et à la transmission du savoir islamique. Il exprime l’idée que la foi et la raison peuvent coexister et s’enrichir l’une l’autre, dans le prolongement de la tradition intellectuelle de Samarcande et de Boukhara.
Architecture symbolique entre tradition et modernité
La fusion de l’art islamique classique et des technologies architecturales modernes est parfaitement représentée par le bâtiment du centre, conçu par l’architecte Abdukahhor Turdiyev. Elle est inspirée par les styles khorezmien, timouride et qarakhanide, avec une structure monumentale qui couvre 42000 m2 et un dôme central de 65 mètres de haut, visible à des kilomètres. Ses quatre portails monumentaux évoquent la symétrie des médersas et caravansérails d’autrefois.
La façade extérieure, avec des faïences turquoise et des motifs géométriques islamiques, illustre l’élégance esthétique de l’art ouzbek. À l’intérieur, la lumière naturelle, les jardins traditionnels et les bassins reflètent la tranquillité des anciennes cités musulmanes. Les technologies modernes, comme les systèmes acoustiques avancés, les dispositifs de régulation thermique et l’éclairage intelligent, garantissent un confort contemporain tout en respectant l’esprit du lieu.
Le centre est un symbole architectural du dialogue entre passé et futur grâce à cette alliance entre histoire et innovation. Le dôme, tout comme la mosquée Bibi-Khanym à Samarcande, est devenu un symbole visuel et spirituel pour la ville de Tachkent, reflétant la renaissance culturelle du monde islamique en Asie centrale.
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Pôle scientifique et culturel de dimension internationale
Le Centre de la Civilisation Islamique se démarque par sa structure interne en trois niveaux, chacun dédié à une mission spécifique, la sauvegarde, l’acquisition de connaissances et la recherche. Le niveau inférieur est réservé aux ateliers de restauration et de numérisation des manuscrits, ainsi qu’aux salles de conservation des œuvres rares. Les conditions d’humidité et de température sont rigoureusement contrôlées pour préserver les documents historiques. Le musée de la civilisation islamique d’Ouzbékistan occupe le premier étage et occupe plus de 15000 m2. Il propose des expositions qui retracent les grandes périodes de l’histoire islamique, de la naissance de l’Islam jusqu’à l’époque timouride. La salle du Coran, au centre, abrite le célèbre Mushaf Uthman, l’un des six exemplaires originaux du Coran attribués au califat d’Othman ibn Affan. Cette pièce d’une valeur inestimable est préservée en toute sécurité.
Le deuxième étage est l’élément central du complexe académique. Il possède une bibliothèque de plus de 100000 manuscrits et ouvrages rares en arabe, persan, turc et russe, une institution pour étudier la philosophie islamique, un établissement d’enseignement supérieur destiné aux chercheurs, et une base numérique internationale des manuscrits islamiques. Il y a actuellement deux projets en cours, le catalogue électronique des manuscrits islamiques eurasiens et le programme « Rare Manuscripts Related to Uzbekistan in Global Collections ». Ce programme permet d’identifier et de numériser des textes liés à la culture ouzbèke conservés à Londres, Paris, Istanbul ou Le Caire.
Ce centre ne se contente pas de préserver le passé. Il veut être un acteur du savoir contemporain. Plus de 4000 chercheurs et experts ouzbeks et étrangers collaborent à ses 823 projets scientifiques et culturels. La diffusion de leurs travaux par 270 médias internationaux entraînera la publication de centaines d’ouvrages, d’expositions, de films documentaires et d’objets d’art. Cette effervescence intellectuelle fait du centre un véritable laboratoire de la modernité islamique.
Le Centre de la Civilisation Islamique de Tachkent ne se limite pas à être un monument spectaculaire, il est également une déclaration de vision. En unissant mémoire et innovation, il redonnent vie à l’héritage scientifique et spirituel des grandes figures de l’Islam et le met au service des générations à venir. En raison de la richesse de ses manuscrits, de la beauté de son architecture et de la vitalité de ses recherches, il rappelle que la civilisation islamique a été et demeure un lieu où se mêlent foi, science et art. Ce centre, avec son dôme majestueux dominant la capitale, représente la promesse d’un nouvel âge de lumière intellectuelle pour le monde musulman.
Source: Iqna
