SHAFAQNA- La Thaïlande, un pays d’Asie du Sud-Est principalement bouddhiste, compte environ six millions de musulmans, ce qui équivaut à près de 10% de sa population.
D’après Al Jazeera, ils résident principalement dans les provinces méridionales frontalières de la Malaisie, ce qui en fait une minorité active qui joue un rôle majeur dans la vie religieuse, sociale, économique et politique du pays. Depuis plus de sept siècles, l’Islam a prospéré à travers divers canaux, commerçants arabes et persans, marchands indiens musulmans et contacts avec la péninsule malaise. Malgré les difficultés liées à l’éducation religieuse, au manque de ressources et à l’isolement de certaines régions, les musulmans thaïlandais ont toujours une liberté religieuse reconnue et maintiennent leurs institutions solides.
Héritage religieux ancien et des défis éducatifs persistants
L’Islam a été introduit en Thaïlande vers le XIIIème ou XIVème siècle, et différentes théories sont avancées, l’historien John Crawford attribue cette introduction aux marchands arabes et iraniens venus de l’Hadramaout, tout en mettant l’accent sur le rôle des commerçants indiens musulmans. Certains témoignages suggèrent que l’Islam a été diffusé par le sultanat de Malacca au XVème siècle. Peu importe l’origine, il a été profondément enraciné dans le sud du pays, notamment dans les provinces de Narathiwat, Yala, Pattani et Satun, où les musulmans constituent près de 85% de la population locale.
La vie religieuse est gérée par les conseils islamiques provinciaux, qui s’occupent des questions relatives aux mosquées, au droit de la famille et à l’enseignement religieux. Cependant, le manque de ressources demeure un défi important.
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Liberté religieuse, institutions islamiques et intégration nationale
Même avec ces problèmes éducatifs, les musulmans de Thaïlande ont une grande liberté religieuse. Ils célèbrent leurs fêtes, y compris le Mawlid, dans des endroits publics, souvent en présence du roi et de la reine. Les lois thaïlandaises reconnaissent les dispositions du droit islamique concernant le mariage, le divorce et l’héritage. Les abattages rituels sont également exemptés de taxes pour les musulmans, tout comme leurs congés officiels pour les fêtes de l’Aïd al-Fitr et de l’Aïd al-Adha.
Les fonctionnaires musulmans ont la possibilité de faire le pèlerinage à La Mecque tout en percevant leur salaire, et chaque année, de nombreux pèlerins thaïlandais participent au Hajj. Le Sheikh al-Islam, représentant officiel des musulmans auprès de l’État, est nommé à vie par le roi sur recommandation des oulémas et des communautés locales, et assure la supervision d’un comité central musulman qui coordonne 24 comités régionaux liés aux mosquées.
Les musulmans de Thaïlande, une minorité religieuse importante, ont su préserver leur identité au sein d’un pays officiellement bouddhiste, en s’appuyant sur un héritage vieux de plusieurs siècles. Ils font face à des défis éducatifs et institutionnels tout en jouissant d’une liberté religieuse reconnue.
Leur implication dans la vie sociale, politique et économique du pays confirme leur intégration et leur vitalité. Les musulmans thaïlandais maintiennent une coexistence au cœur d’un royaume où la diversité religieuse cohabite avec le respect des traditions nationales grâce à leurs structures religieuses, à leurs initiatives éducatives et à leurs relations internationales.
Source: Iqna


